25.09.2009

Eclairs au...

       Il faut vraiment se méfier des petits biquets ou des petites biquettes bien mignons ou bien mignonnes. Ils ou elles sont parfois bien malins et n'en eclairs.gifratent pas une pour faire une blague. C'est tellement bien les blagues et surtout quand on en rit à plusieurs. Il arrive même parfois qu'ils arrivent à tromper une très grande et très jolie chèvre boulangère dessinée par Christine Davenier. Elle est bien gentille mais s'attendrit bien trop avec les mignons petits biquets et mignonnes petites biquettes. Pas étonnant alors qu'elle se fasse avoir quand ils demandent chacun leur tour, et les un après les autres bien poliment, et jour après jour : "Avez-vous des éclairs au camembert, madame, s'il vous plaît ?" Une blague d'Alice Bassié mise en image par Christine Davenier chez Kaleidoscope : "Eclairs au camembert". Délicieux !

22.09.2009

Fantastique !

               Ces derniers temps, au Seuil particulièrement, Anne Brouillard nous avez préparé à de nouvelles formes narratives pour l'album. Elle dressait les plans d'une maison qui devait abriter plusieurs histoires, comme la revue de l'Atelier du poisson soluble / hors cadres nous l'avait révélé. Forte sans doute de ces nouvelles formes d'expérimentation, elle propose dans cette rentrée, un magnifique album aux éditions Sarbacane : Le rêve de poisson. Album dont l'étrangeté donne un album fantastique qui devrait ravir les cycle 3 mais peut-être aussi poisson.jpgcertains élèves de collège quand on sait que la demande de texte illustré est de plus en plus forte pour ces tranches d'âges. A la fermeture de l'album, le mystère reste entier, rêve éveillé ou impressions qui donnent lieu à un songe étrange ? L'implusion pourrait en effet être la vision d'une maison d'enfance abandonnée : "J'aperçus la maison. Je m'arrêtais un moment. Quel silence... Malgré un certain délabrement, la maison semblait toujors habitée.. Je crus voir bouger au fond d'un pièce... / Quelle étrange impression... On aurait dit que la maison me regardait avec de grands yeux vides, qu'elle avait perdu son âme... / ça sentait l'eau croupie. des nuages cachèrent le soleil. J'eus tout à coup très froid."¨Premier déclic créateur ? Une impression, une peur qui contient en elle-même si on approche d'un peu plus près le texte, les éléments d'un  récit. Laissons approcher les nuages, et laissons aussi l'orage et l'humidité s'installer... Si un monde habité lui aussi pourrait nous être étranger et par là même étrange, voire inquiétant, c'est bien celui de l'eau où seuls vivent les poissons, animaux tout aussi étranges à bien y regarder, froid, mystérieux. L'imaginaire peut ainsi prendre le dessus et l'on peut comme cet ancien livre, aborder un autre poisson.jpgmonde inhospitalier certes, mais si proche du rêve avec toutes ses particularités : "Un autre livre parlait de la mer. Il était illustré avec des gravures de poisson et de fonds océaniques / Autrefois, il y a très longtemps, la mer recouvrait une grande partie des terres. Là où maintenant nous cultivons blé et maïs, il n'y avait que de l'eau. Là où nous faisons paître nos vaches et nos chevaux, c'était le fond de la mer, où évoluaient des poissons par milliers... En ce temps-là, les poissons rêvaient." Comment naissent les histoires ? Du bord de la rivière, d'une ruine que l'humidité habite, d'une pierre à la forme particulière, de l'orage qui s'avance, d'une peur, de monde inversé comme si le notre, les fenêtres noyées d'eau devenaient aquatique et comme si le nôtre fut un jour un monde silencieux où les poissons rêvaient... Pourtant dans la maison tout est toujours à sa place. Qu'est-ce qui change notre regard, notre ordinaire ? Une odeur inhabituelle ? Le regard des poissons ? Le bruit de la pluie ? Un placard qui abrite un accès secret ? Un grenier ? Monde parallèle et voisin et si différent, étrange étrangeté, un petit décalage, une imagination à peine stimulée peut nous emmener beaucoup plus loin, dans un autre monde ou le notre dans lequel les choses auraient changé petit à petit. Le soleil qui disparaît. Un simple cailloux, toujours pour l'adulte la clé d'un mystère ou d'un monde antédiluvien. Imaginer des poissons évoluant dans une maison. Fantastique, la chose est dite. Un grand Anne Brouillard parce que si particulier et étrangement universel... A partir de 7/8 ans et jusqu' 113 ans.

21.09.2009

Eau glacée

                      Pas une rentrée sans au moins un enchantement, le temps, la précipitation qui s'arrêtent, le parler pour rien dire, les voix d'emprunt d'une critique pas toujours très honnête... Le coup au coeur qui deviendra "coup de coeur" sans non plus l'imposer à tous sinon arrêter la librairie et laisser ce commerce à moitié fait de prophètes et de charlatans. Mais la confiance aux créateurs (auteurs) n'est pas tarrie. Qui nous amènera l'objet qui  arretera nos yeux, ravira notre esprit, arrêtera le temps, l'agitation stérile, le vent triomphant ? Je l'ai glacee.jpgdans les mains. Je connais déjà l'étui parce que dans cette collection, on glisse le livre hors d'une couverture cartonnée. C'est une collection originale où j'ai été souvent ravi et surpris. J'en connais aussi l'auteur pour lequel j'ai toujours consacré une place de choix, des paroles de libraire, des échanges de professionnels ou de néophytes. Bientôt de nombreuses écoles ou pédagogues vont s'en emparer et je les comprends. Il est parfait pour travailler le thème du réchauffement de la planète et de l'écologie avec les petits. Oh il n'est pourtant pas bavard, c'est une histoire sans parole alors on en fait ce qu'on en veut, on le comprend comme on peut comme on veut. C'est pourquoi je le garde encore pour moi avant que la démonstration, la présentation, la vente n'étiollent l'émerveillement qui fut le mien et le rêve singulier qui naquit à sa lecture. Arthur Geisert met en scène des cochons ingénieux. Mais qu'est-ce que l'ingéniosité ou le thème qu'on peut en tirer si ce n'est avant tout nous faire rêver et après inventer, voyager. Arthur Geisert est de plusieurs mondes sans doute comme moi, moderne et ancien, rêveur et inquiet. Il fait de la gravure et des livres pour enfants. Cette fois, ses cochons ingénieux sont sur une île où il fait très chaud. Moderne et ancien, il sait graver un moyen de locomotion et un monde singulier. Mais avec lui les bateaux volent et les iceberg voguent. Un bateau mongolfière, une climatisation amusante, une piscine parce qu'il faut toujours de l'eau pour autre chose que la soif quand même, des petits cochons ingénieux toujours très actifs et créatifs... C'est l'univers de Giesert, un propos mais surtout un univers, un imaginaire unique et en même temps presque familier. L'heure de la démission n'a donc pas encore sonné, aucune giesert2.jpgraison d'être blasé. Embarquez , le blog n'est qu'un echo, une réplique à l'intensité éprouvée, restent la lecture, l'ouverture d'une couverture cartonnée, format à l'italienne... Peut-être que l'aventure ne fait que commencer avec sans doute déjà l'un des meilleurs livres du rayon que je tiendrai proche de moi sur la table toute l'année pour le partager avant de le vendre et j'espère plus car parfois d'aussi petites choses sont tellement belles qu'elles touchent à l'éternité (oui je sais j'exagère mais il y en a marre de la soupe et de la répétition et d'une armée d'ignorants pour nous la faire bouffer faisant des libraires leurs complices avisés...) mais non je n'exagère pas, ouvrez "Eau glacée" d'Arthur Geisert chez Autrement et surtout attendez un peu avant de le livrer à la foule impatiente, préssée et mal élevée qui occupe vos journées de rentrée... Ou ouvrez le, le soir à la lumière d'une lampe quand tout est redevenu plus calme et qu'il va falloir faire place au rêve, il pourrait agir comme une lanterne magique. Il en a presque la texture mais surtout l'esprit... Et puis si vous n'arrivez pas à vous endormir, c'est que vous n'avez pas encore éprouvé du même auteur l'ingéniosité créative du petit cochon qui n'arrivait pas à s'endormir dans le noir, chez le même éditeur...