06.06.2008

Histoire d'indiens

"ses yeux... blancs comme s'ils avaient été envahis par les nuages ou la neige."

"les indiens, les pierres abritaient des pouvoirs et des esprits mystérieux". 

    Une belle, très belle histoire d'indiens crows, d'une neige à l'autre, d'une lune à l'autre, naissance et mort, jeunesse et vieillesse suivent leurs cours amenant à cette tribu de nouveaux noms, de nouvelles craintes... "- Il y a longtemps, quand seul l'Aigle régnait, plantes et animaux étaient gomez.giftous bons à manger. Mais quand le serpent combattit l'Aigle et gouverna la moitié de la terre, il créa des animaux et des plantes au goût amer, et un peu de son venin s'infiltra en eux. Mefie-toi donc de tout ce qui a un goût amer." Un jour nait "Oeil de nuage", un enfant aveugle. Au début on ne donne pas cher de sa vie, on croit même que son âme n'aura pas le temps d'intégrer son corps dans les semaines qui suivent sa naissance. Mais le petit tient, et c'est bien son histoire et celle de son peuple, que nous donne à lire dans la plus grande simplicité et avec force de détails sur la vie crow Ricardo Gomez dans la collection chapitre au Seuil. Sa gomez.gifmère sapin-fleuri n'est pas superstitieuse et décide d'être les yeux de son fils, ce qu'elle sera pendant de longues années. Elle dessine aussi sur sa poitrine les paysages, les mouvements du soleil et de la lune... Il grandit et de plus en plus au sein de sa tribu, on le respecte et admire sa capacité à percevoir des choses qu'eux mêmes avec leurs yeux grands ouverts, ne parviennent pas à voir. Il gagnera ses plumes d'aigle quand l'homme-animal armé de lance-tonerre fera une arrivée fracassante dans les plaines. Une histoire sensible qui permet à Ricardo Gomez de nous donner rites, croyances et pratiques au fil des chapitres du peuple crow. Sensible, documenté et très accessible dès 10 ans, une vraie histoire d'indiens, ugh !

 

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25.03.2008

Little Kamo

    A Del. et aux correspondant(e)s anglais(es),

    Daniel Pennac passe par Lyon cette semaine. Ses aventures de Kamo parues au début des années 90 n'ont pas pris une ride. Kamo a eu un 3 en anglais, pas terrible. Mais avec sa mère, on se dispute et on rit aussi. De toute façon, avec le caractère de Kamo, impossible de ne pas se 2012334566.gifréconcilier un jour. Et puis, avec sa mère, il connaît la recette. "Une seule recette, la faire rigoler, elle adore". Les rapports de garçon avec sa mère sont souvent ainsi et sauvent parfois le reste en grandissant... Sur très peu de pages, il y a beaucoup: humour, profondeur, multiplicité des styles et cette petite gouaille parisienne qui n'a pas perdu de son charme et fait remonter le souvenir de  ces mots petits et gros, qu'on aime à dire à l'âge de Kamo. Mais revenons au 3 de Kamo en anglais. Il lui faut un ou une correspondant(e) anglais(e), et l'agence Babel est là pour ça. Kamo ne se laisse pas impressionner et lance une guerre ouverte à l'hypothétique correspondant(e). Mais à la bêtise amusante de sa premiere lettre, elle va répondre par le sensible, et toucher Kamo. Pourtant comme lui sa réponse n'attend rien de lui. "there were his lost words". Comme lui, elle a un jour fait cette promesse à la vie, quand son père a disparu : "Je ne mettrai jamais de blanc aux murs de ma maison !". Pourquoi pratiquer ou parler une langue étrangère ? Il se pourrait bien que Kamo se lance dans une véritable correspondance, et fasse le nécessaire pour être2012334566.gif à la hauteur du dialogue qui s'est engagé sur le ton de la plus grande franchise. Sa profe d'anglais ne croyait pas si bien dire en répétant : "on apprend bien une langue étrangère que si on a quelque chose à y dire". Kamo se passera vite d'ailleurs de l'aide de son meilleur ami, un peu plus fort en apparence dans la discipline. Laissé sur la touche, celui-ci flairera dans cette correspondance quelque chose de suspect, faisant basculer le récit dans le polar fantastique mais ouvrant aussi la langue de chez nous à ces différents modes et niveaux car on est toujours un peu romantique, même si la grenouille est parisienne et préfère la gouaille ! A lire ou à relire en folio junior, "Kamo et l'agence babel" de Daniel Pennac. Au sommet de la tour des langues quand les sentiments s'en mêlent, les langues et même la notre révèlent toutes leurs richesses...

24.03.2008

Cool !

A Bellesahi,

En jeunesse, on a tous un souvenir mitigé du dernier Anthony Browne, "mon frère", paru l'an dernier. Il abusait en effet, du mot "cool", mais l'effet tombait un peu à plat. Un album raté d'Anthony Browne, c'est plutôt rare. Il est vrai aussi que le mot "cool", ce n'est pas non plus de la grande littérature. Mais on pourrait en vouloir de la même manière à l'adulte, qui abuse du mot "yes !", ou du manager qui abuse du mot "slide"... Robbie 29134123.gifAinsley par exemple, en abuse et sa mère ne voit pas ça d'un très bon oeil : "Ce serait cool. Je ne sais pas pourquoi Mam déteste autant que je dise ce mot. "Cool", c'est pourtant cool !". Mais sa mère n'en est plus là. Elle a plutôt envie de dire : "Dis "cool" si tu veux. Crie-le un millier de fois et je ne te reprendrai plus jamais, je te le promets." Parce que ce que vit Robbie n'est pas très cool ! Il est en effet dans le coma, et s'il donne l'impression la plus sereine d'un dormeur, à l'intérieur ça boue et ça cherche à revenir. Il entend tout, son père, sa mère, sa petite soeur et même une infirmière qu'il devine télépathique avec lui. "- Eh, Robbie, tu as l'air cool, vraiment cool. Et tu sembles heureux, aussi." Elle lui parle sans arrêt, elle lui dit tout ; du coup, il s'accroche. D'autres personnes passent, celui qui l'a renversé, et très cool, son footballeur préféré qui sur le conseil des médecins, décide de participer à créer un choc émotionnel pour le ramener à la vie. Personnellement, lui, il aimerait bien, même si cette position assez inédite, permet de relativiser les bises baveuses de la petite soeur, et risque même de réconcilier Pap et Mam. Michael Morpurgo, l'auteur, lui réussit son emploi du mot "cool", et réussit brillamment une nouvelle fois cette histoire courte, touchante, bien foutue... Il touche la corde sensible comme d'habitude, et nous amène dans ce combat autour du lit d'hopital de Robbie. Un livre "cool" et pas trop long, en folio junior à partir de 9/10 ans, cool, très cool...

18.03.2008

La fille du voleur

Aux deux Seb,

"Mon père, il a un proverbe qui dit : que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite. ça ne suffit pas de faire des choses bien. Il ne faut pas s'en vanter, ni aux autres, ni à soi-même."

    Oui elle EST la fille du voleur et ne s'en cache pas, car ce n'est pas vraiment un voleur, son père. C'est la fille du voleur en effet. "Et alors ?" Vous voulez ajouter un commentaire malveillant comme tant d'autres, jouer un rôle dans le commerage qui a cours dans ce genre d'affaire. Aucun doute, 1590189723.gifelle est belle et bien la fille de son père. Sans doute un original, qui a pour arme le rire, mais pas un voleur. Un insolent peut-être, mais un insolent gentil. Et c'est elle qui sans doute le connait le mieux malgrè ses onze ans. Son journal hélas orné d'un affreux Daffy Duck nous en donne chaque jour la preuve, et même un peu plus quand elle n'arrive pas à s'arrêter. Et puis un journal ça sert aussi à crier sur le papier alors pourquoi ne pas se lâcher : "AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !" Vous avez vu, ça marche ! A cette petite rien n'échappe, même pas les différences qu'il peut y avoir entre un frère et une soeur, quand c'est la soeur qui la prend chez elle parce que son frère, le mauvais frère est en prison. Elle grandit et regarde beaucoup autour d'elle et ce qu'elle sait de son père, elle est la mieux placée pour le savoir : "Quand on vit toute seule avec une personne qu'on aime que cette personne est visiblement différente de la plupart des gens normaux (bon... c'est eux qui disent qu'ils sont normaux, hein) on essaie de trouver ces différences. Précisément !" Et ce qu'elle constate, elle parle comme une adulte, c'est "impressionnant"(même si elle lit "Moumine la trolle"), c'est que l'argent bouleverse ce monde, et a particulièrement 1590189723.gifabimé les relations dans cette vallée de montagne même entre frère et soeur. Mais ce qu'on a, ne doit pas masquer ce qu'on est. Oui, elle est la fille du voleur et peu importe ce que les autres pensent de son père car il ne "faut jamais se crisper quand on grimpe". Parce que cette expérience, Jean-François Chabas, au travers d'un journal intime a su lui donner un rythme, des sens multiples et généreux, comme elle et au travers d'elle, en parlant de montagne et d'amour fillial, il ne met pas certain point sur les "i" mais quelques majuscules là où il faut, et donne un joli combat, simple et plein de coeur, inspiré par un père, le même et un autre.

"Je suis la fille du voleur" de Jean-François Chabas dans la collection neuf de l'Ecole des loisrs. 

22.02.2008

Il va venir

    "Il va venir, elle a dit. Il va venir..." Elle le répète sans cesse. Quand ? Qui ? Sans doute bien des années ont passé. Alors on attend dans une maison isolée, un récit fait par un enfant, celui d'un jour où il est arrivé quelque chose. Il est venu. Il 7a5f0facb8bfe43480f3e2d271e6d53c.gifest là. Mais est-ce bien lui ? Un récit dans la neige, un huis clos étonnant presque un conte entre un jeune garçon, une vieille dame et lui ou un autre. Une petite merveille qu'on ne lache pas, un récit à la première personne. D'abord la description d'un quotidien, d'une attente, un jeune garçon qui décrit sa vie avec une personne âgée qui commence à perdre la tête ou l'a peut-être déjà perdue le jour du départ de celui qui va venir. Tout autour la forêt et la neige quelque bruit qu'on écoute dans l'isolement, aux aguets. Et puis l'arrivée d'un inconnu en sang qui pourrait bien avoir interêt à jouer celui qui doit venir. Et puis l'action qui s'accèlère et disparaît dans la neige, le silence. A partir de onze ans, "Il va venir" de Marcus Malte dans la collection souris noire chez Syros. Et aussi aux amoureux du noir, une belle mécanique bien huilée sans gras...

08.01.2008

Observateur observé

    Quand j'étais beaucoup plus jeune, je pouvais voir une émission dans dimanche Martin qui a du inspirer l'esthétique architecturale raélienne pour leurs ambassades pour extra-terrestres. C'était la machine à remonter le temps, je crois. Ce ne devait pas être terrible mais gamin, cette émission avait sur moi un grand effet. Le soir qui suivait je remontais 0ec21230ee366621ccb4a41653c0693a.gifdans le temps aidé pour les détails par ma collection préférée "la vie privée des hommes" (couverture rouge et cartonnée). J'aurais aimé avoir d'autres références à proposer mais que voulez vous. Des études d'histoire de l'art n'ont d'ailleurs pas fait cesser ce vieux rêve si ce n'est qu'aujourd'hui, je choisirais très précisement sur les manettes dans quel moment de l'Histoire précis j'aurais aimé vivre, sauf si bien sur la machine ne se dérègle pas en cours de route.... Je sais aussi à quel point l'histoire peut être aussi un récit imaginaire sans qu'on cherche à l'adapter à l'homme d'aujourd'hui. Respecter au plus près son déroulement offre de merveilleuses fictions pour l'esprit. S'il y a une période parmi toutes, je choisirais le cinquento, âge d'or de la renaissance italienne (et cela bien avant la grossière utilisation qu'en a fait la politique ce matin). Et si comme les gamins aujourd'hui choississent leur héros, je pouvais choisir le mien, j'aurais choisi Léonard de Vinci comme le maître du jeune Mattéo. Mattéo devient son apprenti après qu'il soit sauvé de la noyade par ses hommes. Pourquoi faire le choix de ce maître et pas d'un autre ? On peut s'interroger sur son enseignement. Observer, développer un don de l'observation, étudier le monde visible, le comprendre et surtout ne se limiter en rien dans cette étude... Mattéo n'est pas un enfant comme les autres (et il y aurait bien à dire sur l'éveil à la curiosité tel qu'il fut formulé ce matin). Car si l'école peut y contribuer, je crois qu'elle n'est pas la seule à pouvoir la développer. Mattéo 8dd4cd99e2a8c9786b4d7cd00c0784e5.gifest en fait un jeune gitan en fuite qui dissimule sa véritable identité et ce statut dans le récit va créer une double curiosité, celle du maître pour la nature et pour ce jeune garçon mais aussi celle du jeune Mattéo pour son maître dont l'approche psychologique de l'auteur est très juste pour ce que l'on en sait historiquement. Une certaine générosité et une  originalité poussent aussi notre curiosité comme celle du jeune garçon. Un observateur observé, voilà dans quelle position nous met ce récit avec comme intermédiaire Mattéo. Les rapports qui s'établissent et se développent pas à pas entre le maître et l'élève donnent lieu à un jeu élaboré, un dialogue sans que la personnalité du jeune garçon en soi complétement effacée mais entraîne des correspondances ou des différences avec le caractère si particulier du maître, ce jeune garçon étant plus superstitieux, rétif, fier... Ce roman réalise aussi le plus simplement du monde dans son programme ce qui est sans doute l'un des arts du roman mais aussi l'un des buts artistiques de la renaissance comme si par le sujet ces deux visées coincidées : donner l'illusion de la vie réelle par le détail. Suivre Léonard de Vinci c'est aussi suivre un récit dans tous les domaines où il a pu exercer ses dons, art des fortifications, observation des plantes, anatomie, peinture... Le texte ne prive aussi en rien le jeune lecteur du contexte qui fut celui de ce développement artistique jouant avec les peurs ou les événements qui animèrent l'ère des Borgia dont on notera l'adage "soit empereur soit rien" (etait la vraie référence voulue ce matin ?...). La trame d'un orphelin lancé dans une autre vie par un larcin et une fuite est assez commune mais pas le voyage que nous propose Theresa Breslin en compagnie du maître, nourrissant sans doute par ce voyage dans le temps, une insatiable curiosité... A partir de onze, douze ans.

"L'apprenti de Leonard de Vinci" de Theresa Breslin, chez Milan poche histoire, tome 1 du sceau des medicis

05.12.2007

Une amitié impossible

A Véronique,

ATTENTION CECI N'EST PAS UNE NOUVEAUTE

 

"Un froissement infini d'analogies, d'affinités et de secrètes attractions constitue la trame cachée de l'esprit humain, de ce qu'on appelle la psyché, amante d'Eros aux ailes de papillon (sous les épaisseurs vitreuses de la conscience posée devant le monde comme un verre de loupe." Hubert Haddad, "nouveau magazin d'écriture", Zulma. 

    J'aime à suivre les conseils de lecteurs amateurs ou éclairés. Et j'avoue cette fois avoir été fasciné parce que Gallimard dans sa collection folio junior a rangé sous le nom de fable, une fiction imbriquant avec une grande maîtrise un drame familial et le drame de toute un peuple, le peuple juif. J'ai lu ce week-end "Le garçon en pyjama rayé" de f857ba42097e131f906bd4dfffd5eddb.gifJohn Boyne, un roman pour ado mais aussi pour adultes. J'avoue aussi avoir été surpris en bien par un quatrième de couverture un peu avare de mot : "Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre, car il est important de le découvrir sans savoir de quoi il parle. On dira simplement qu'il s'agit de l'histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l'autre côté d'une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister."  Sobriété même si ils n'ont pu s'empêcher de rajouter une lecture d'une force inoubliable. C'est les caractères gras qui me dérangent comme on en trouve de plus en plus dans bien des lettres de voeux politiques aujourd'hui pour nous dire ce qu'il faut retenir même si bien sur cette histoire si vous la lisez pourrait vous marquer à vie. Moi je vais choisir un extrait pour en dire deux mots. "L'intérieur ne présentait aucun intérêt d'un point de vue exploratoire. Hoche-Vite n'avait rien à voir avec la maison de Berlin qui, s'il s'en souvenait correctement était pleine de coins et de recoins, et de drôles de petites pièces, sans 467775f576ff89b8d83047d45b31612c.gifoublier ses cinq étages, si on comptait le sous-sol et la petite mansarde avec la fenêtre devant laquelle il devait se mettre sur la pointe des pieds pour voir dehors. Non, la maison de Hoche-Vite était décidément impropre à l'exploration. Et si matière à explorer il y avait, c'était forcément dehors. Cela faisait maintenant plusieurs mois que Bruno regardait par sa fenêtre du jardin, le banc avec sa plaque, la haute barrière et les poteaux télégraphiques, et toutes les choses dont il avait parlé à Grand-mère dans sa dernière lettre. Ce n'était pourtant pas faute de les observer, tous ces gens différents en pyjama rayé, mais il ne lui était jamais venu à l'idée de s'interroger sur la raison de la présence". La vie de Bruno a changé, plus d'amis, plus de terrains de jeux, de vies berlinoises avec une grand-mère hors norme pas très admirative du "fourreur". Bruno est à un âge où son regard change sur les adultes où il essaie de comprendre qui ils sont. A 9 ans, il n'est pourtant pas à un âge où l'on peut tout comprendre : "Où était la différence exactement ? se demandait Bruno. Et qui avait décrété que les uns porteraient un pyjama rayé et les autres un uniforme ?". Pendant ce temps, les adultes qu'on aime le plus, ses parents, dans un bel uniforme, corrige l'Histoire, commandent. Une chose va l'amener pas à comprendre mais à s'inclure malgrè lui dans le sens de l'Histoire, un jeu, celui de l'explorateur et en chemin il va rencontrer quelqu'un : "Quand Bruno fut assez près, il constata que le garçon était assis en tailleur et fixait la poussière du sol. A l'arrivée de Bruno, il leva la tête et Bruno découvrit son visage. Un drôle de visage. Il avait la peau presque grise, mais d'un gris que Bruno ne connaissait pas. Et des grands yeux couleur caramel., dont le blanc était très blanc. Deux immenses yeux désolés qui mangeaient son visage et fixaient Bruno."

Un grand bouquin, inoubliable sans doute. 

20.11.2007

Les grandes personnes....

    Pourquoi ne pas se pencher cette semaine sur les romans 'Alice dont on parle finalement assez peu... J'ai débuté  par la lecture de "Les grandes personnes le monde et moi" de Judith Lazar et Roger Paré. Je trouve le principe toujours un peu casse gueule : le monde vu par un enfant,  mais celui-i je le trouve assez réussi même si parfois le ton me semble un peu démago. Mais l'ensemble est très drôle, très bien vu. Ce garçon de dix ans entre les petits et les grands est très ae46be9c29d0cf0eac124f477b765f27.gifobservateur et plein d'un bon sens qui parfois nous entraîne dans l'absurde avec drôlerie. Car en effet si le monde nous semble si évident à nous grande personne et nous laisse souvent muet, il n'en va pas de même pour lui. Ses remarques, commentaires ou réfléxions prennent la forme d'une page, pas plus, illustrée à chaque fois par les dessins de Roger Paré qui ne manque pas non plus d'humour ou rappelle parfois ces dessins drôles et symboliques qu'on trouvait avant plus dans la presse. Parce que notre héros n'est pas avarre, du pire, de petit conseil et même de reflexions sur le sens de l'histoire ou la compréhension qu'il a de la démocratie, de notre sourdité exemple à la pluie. Avec les grands, il s'agit de se poser les bonnes questions, de vivre la vie au jour le jour, après il ne faudra pas s'étonner si il n'ont pas envie de grandir ou de rester enfant finalement. Et puis il y a la petite enfance qui persiste, plus tendre, plus joueuse, les dialogues et l'amitié qui a n'en pas douté fait grandir. Un livre de judith Lazar chez 'Alice edtion, des belges et des citoyens du monde ! Un livre pour rire et pour grandir et sans doute pour ouvrir des dialogues savoureux grand, petit, amis sur le monde, car vraiment heureusement qu'il ne nous prennent pas toujours pour exemple, notre logique est parfois un peu douteuse !

20.08.2007

Le prince des illusions

A Jean-Luc Luciani,

    Mesdames et messieurs approchez, l'histoire que je vais vous raconter n'est pas sans interêts et sans mystères touchant au plus grand secret de la manipulation. D'abord l'époque où elle se déroula. Une première guerre mondiale vient de s'achever. On voyage sur des transatlantiques, un train légendaire rejoint les capitales d'Europe. Les strass et 14fd1a4ca2c499e796a16e5733a2feef.gifles paillettes sont les parures d'énormes fortunes. On commerce, on achète le Times et on va au Cirque. Les numéros sont fameux, on en parle dans le monde entier et on joue encore devant des cours parfois ou des gouvernements. Les journalistes sont des stars et leurs bureaux ressemblent à des décors de mille et une nuits, coffre-fort mondain clé enmain. Citroën invente la publicité lumineuse (200 000 ampoules pour l'occasion). A chaque époque ses gangsters et ses secret service. Vous est-il déjà arrivé de rapprocher deux noms très différents, évoquant deux univers si opposés en apparence comme Houdini et Hitler !? Vous est-il déjà arrivé d'imaginer une histoire qui pourrait mêlé ces deux noms !? L'un est magicien et l'autre, celui que l'on connaît aujourd'hui... difficile aussi de rapprocher le mot escroc de IIIème Reich... et pourtant ! On dit bien la mage de Hitler... Les cirques n'ont-ils pas vécu aussi les soubressauts de l'Histoire, pliant à ses lois dévoratrices ? Le cirque n'a-t-il pas changé au lendemain d'une grande guerre qui changea le monde ? Les tours où l'artiste risquent le plus sa vie ne sont-ils pas devenus les plus grands spectacles ceux qui impressionent le plus les foules, le nouveau spectacle, l'art total de l'illusion ? Allez concentrez vous sur ce blog, mêlez mage et Hitler, ombre et lumière...

    Qui est Célestin Radkler ? Un gamin du grand siècle. Un maitre aussi des tours de passe-passe, un magicien, orphelin à une époque où l'on trouve refuge parmi les monstres de foire, les artistes de cirque et les saltimbanques. Sa21175e948781a0ab2b028bb6ea3753dc.gif famille de fortune, un géant musclé et tatoué, Barnabé, le plus petit clown du monde, la jeune Valda, lanceuse de couteau, un vieux chinois... Célestin Radkler est le prince des cachotiers, des manipulés, mais le vrai prince des illusions. Il y une règle qu' il ne doit jamais oublié : - et n'oubliez pas, jeune Radkler, ne divulgez jamais vos secrets ! Vous détruirez le rêve. Restez toujours le gardien de l'imaginaire." Et comme ses talents n'intéressent pas que le bedeau, il y a une chose qu'il doit comprendre : que le meilleur appat lorsque l'on doit ferrer un gros poisson demeure l'argent par les temps qui court. Et une vérité au front de ce qui l'ont compris : l'amour est plus fort que la mort. Allez y rentrez chez vous medames et messieurs, lisez "Celestin Radkler / Prince des illusions" de Jean-Luc Luciani chez Gallimard, collection hors-piste. Et fixez bien ce miroir reflet fidèle d'un siècle passé, etrange miroir déformé du nôtre. Pour rien au monde, ne ratez ce numéro, vous en aurez les yeux en forme de boules de Bingo ! (Et je n'ai pas dit "magique !" comme il est si facile de vendre aujourd'hui, je dis tout simplement :"Plus l'astuce est simple, plus le tour paraît magique." En deux tomes si ça peut en rassurer certains !)

et puis

Abracadabra !

27.07.2007

Ted et Bill

    Il y a un âge ou vous commencez à comprendre que les parents font des choses surtout pour vous. Mais vous, cette année là, vous voyez les choses tout autrement : "cette année je hais le soleil et la plage." Parce que pour vous ce n'est pas drôle non plus, une petite soeur, les coups de traitre des plus grands et les habitudes des parents quoique ces derniers se 1ad0b4a00126b88ebe2c28ba06b12937.gifdiputent plus mollement en vacances. Vous avez, c'est vrai, bien peu de droit : "Moi, parce que j'ai douze ans, j'ai le droit de suivre mes parents et ma soeur, et sans faire "ma mauvaise tête", c'est tout." Vous demandez pourtant des choses simples, le minimum : "je demande que chacun dans cette famille considère un tant soit peu mon besoin d'indépendance et je ne serais pas capable d'être  sans ma famille lus de trois heures de suite." Cette fois, vous vous êtes décidées : "j'ai quitté l'appartement sans palmes, sans masque  et sans tuba." Et vous savez quoi, enfin seul, non pas tout à fait, je me suis fait un ami même si c'est pas toujours très évident ça aussi, "un être humain de la même hauteur". Maintenant, en rentrant de vacances : "J'ai la sensation d'être grand, beaucoup plus grand qu'eux."

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