25.09.2009
Eclairs au...
Il faut vraiment se méfier des petits biquets ou des petites biquettes bien mignons ou bien mignonnes. Ils ou elles sont parfois bien malins et n'en
ratent pas une pour faire une blague. C'est tellement bien les blagues et surtout quand on en rit à plusieurs. Il arrive même parfois qu'ils arrivent à tromper une très grande et très jolie chèvre boulangère dessinée par Christine Davenier. Elle est bien gentille mais s'attendrit bien trop avec les mignons petits biquets et mignonnes petites biquettes. Pas étonnant alors qu'elle se fasse avoir quand ils demandent chacun leur tour, et les un après les autres bien poliment, et jour après jour : "Avez-vous des éclairs au camembert, madame, s'il vous plaît ?" Une blague d'Alice Bassié mise en image par Christine Davenier chez Kaleidoscope : "Eclairs au camembert". Délicieux !
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21.09.2009
Eau glacée
Pas une rentrée sans au moins un enchantement, le temps, la précipitation qui s'arrêtent, le parler pour rien dire, les voix d'emprunt d'une critique pas toujours très honnête... Le coup au coeur qui deviendra "coup de coeur" sans non plus l'imposer à tous sinon arrêter la librairie et laisser ce commerce à moitié fait de prophètes et de charlatans. Mais la confiance aux créateurs (auteurs) n'est pas tarrie. Qui nous amènera l'objet qui arretera nos yeux, ravira notre esprit, arrêtera le temps, l'agitation stérile, le vent triomphant ? Je l'ai
dans les mains. Je connais déjà l'étui parce que dans cette collection, on glisse le livre hors d'une couverture cartonnée. C'est une collection originale où j'ai été souvent ravi et surpris. J'en connais aussi l'auteur pour lequel j'ai toujours consacré une place de choix, des paroles de libraire, des échanges de professionnels ou de néophytes. Bientôt de nombreuses écoles ou pédagogues vont s'en emparer et je les comprends. Il est parfait pour travailler le thème du réchauffement de la planète et de l'écologie avec les petits. Oh il n'est pourtant pas bavard, c'est une histoire sans parole alors on en fait ce qu'on en veut, on le comprend comme on peut comme on veut. C'est pourquoi je le garde encore pour moi avant que la démonstration, la présentation, la vente n'étiollent l'émerveillement qui fut le mien et le rêve singulier qui naquit à sa lecture. Arthur Geisert met en scène des cochons ingénieux. Mais qu'est-ce que l'ingéniosité ou le thème qu'on peut en tirer si ce n'est avant tout nous faire rêver et après inventer, voyager. Arthur Geisert est de plusieurs mondes sans doute comme moi, moderne et ancien, rêveur et inquiet. Il fait de la gravure et des livres pour enfants. Cette fois, ses cochons ingénieux sont sur une île où il fait très chaud. Moderne et ancien, il sait graver un moyen de locomotion et un monde singulier. Mais avec lui les bateaux volent et les iceberg voguent. Un bateau mongolfière, une climatisation amusante, une piscine parce qu'il faut toujours de l'eau pour autre chose que la soif quand même, des petits cochons ingénieux toujours très actifs et créatifs... C'est l'univers de Giesert, un propos mais surtout un univers, un imaginaire unique et en même temps presque familier. L'heure de la démission n'a donc pas encore sonné, aucune
raison d'être blasé. Embarquez , le blog n'est qu'un echo, une réplique à l'intensité éprouvée, restent la lecture, l'ouverture d'une couverture cartonnée, format à l'italienne... Peut-être que l'aventure ne fait que commencer avec sans doute déjà l'un des meilleurs livres du rayon que je tiendrai proche de moi sur la table toute l'année pour le partager avant de le vendre et j'espère plus car parfois d'aussi petites choses sont tellement belles qu'elles touchent à l'éternité (oui je sais j'exagère mais il y en a marre de la soupe et de la répétition et d'une armée d'ignorants pour nous la faire bouffer faisant des libraires leurs complices avisés...) mais non je n'exagère pas, ouvrez "Eau glacée" d'Arthur Geisert chez Autrement et surtout attendez un peu avant de le livrer à la foule impatiente, préssée et mal élevée qui occupe vos journées de rentrée... Ou ouvrez le, le soir à la lumière d'une lampe quand tout est redevenu plus calme et qu'il va falloir faire place au rêve, il pourrait agir comme une lanterne magique. Il en a presque la texture mais surtout l'esprit... Et puis si vous n'arrivez pas à vous endormir, c'est que vous n'avez pas encore éprouvé du même auteur l'ingéniosité créative du petit cochon qui n'arrivait pas à s'endormir dans le noir, chez le même éditeur...
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02.09.2009
On aime tous la maternelle !
Une semaine de rentrée des classes...
Que ce soit Alphonse, 42 ans jardinier, ou Belinda 5 ans (mardi prochain) ou Paulo deux ans et demi ; on le dit et on l'écrit sur le grand tableau noir : "petits et grands, ensemble nous déclarons : on aime tous la maternelle !". "C'est la fin de l'été, cité Prévert." Lola et Paulo commencent le dernier jour des vacances. Ils construisent une super fusée pour poupées, quand surgit une toute petite maitresse. Elle ne veut plus retourner à l'école, mais personne ne sait pourquoi. Alors dans le jardin public chacun y va d'une anecdote, vante les choses qu'on peut y
faire, les choses qu'on y apprend. Etrange, cette fois (alors que la plupart des albums sur le sujet, parlent surtout d'enfants qui ne veulent pas y aller), c'est la maitresse qui ne veut plus y aller. Paulo lui, a toujours un truc à ajouter dans cette discussion très animée. Beaucoup de choses se passent ou se font à l'école. Pas d'histoires de couches... A quelques minutes de la rentrée, la toute petite maitresse n'a pas encore dit pourquoi elle ne veut plus y aller. Peut-être a-t-elle peur de quelque chose comme quand on est petit ? Et peut-être cela nous fait-il grandir ? On a tous besoin de grandir, les maîtresses aussi comme les adultes, peuvent avoir des peurs ou des appréhensions... "On aime tous la maternelle" d'Alain Serres et Bruno Heitz, un duo qui sait de quoi il parle, un beau format carré aux couleurs vives. Un livre à offrir au petit et à sa maîtresse !
00:26 Publié dans 4/6 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : on aime tous la maternelle, alain serres, bruno heitz, rue du monde, institutrice, grandir, peur, rentree scolaire, album jeunesse
09.07.2009
Le géant des mers
Sur ce blog une semaine à la mer...
"C'était une belle journée d'été. Guri et Gura s'amusaient sur la plage". Petits rats des champs à chapeaux, deux bestioles bien sympathiques en maillot à rayures rouges et bleues. Faire des patés c'est bien, sauf quand flotte au large quelque chose de plus intéressant. Et quand la dite
chose s'avère être une bouteille jetée à la mer, le mystère s'épaissit. Un message mystérieux, un rendez-vous, le géant des mers... Ni une ni deux, as de la bouée, ils partent au rendez-vous. Aussi petit qu'on soit on peut rendre de grands services et cela même au géant des mers. En échange, le géant des mers n'est pas avare de cours de natation. Il connaît toutes les nages. La nage du petit chien, de la baleine, du papillon. Pour savoir, on peut faire comme lui. "Le saut du dauphin" est bien un exercice "périlleux", plus difficile comme la roue sur la terre ferme. A la mer, les journées sont bien remplies et quand vient le soir, on peut observer le phare dont on connaît maintenant le secret de sa source lumineuse grâce à Guri et Gura... "Le géant des mers" de Rieko Nakagawa et Yukiko Yumawaki chez Autrement, une nouvelle aventure de Guri et Gura à ne pas rater...
00:24 Publié dans 4/6 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le géant des mers, autrement, ricko nakagawa, yuriko yamawaki, rats des champs, plage, apprendre à nager, album jeunesse, livre jeunesse, guri, gura, secret, phare
19.05.2009
Sourire à l'envers
Certains chiens sourient à l'envers, et c'est un bon prétexte à "il était une fois". Car ce chien il peut bien toujours être de bonne humeur, il sourit à l'envers. Il fait donc peur. On l'évite. Vous savez, les gens... On en a là une belle brochette à la mine moqueuse ou déconfite. Il fait
faire la grimace ou sourire à l'envers, les grands comme les p'tits. "Il n'a pas l'air commode". "Il finira par mordre" dit quelqu'un, même une vieille dame amie des chats, habillée de rose et ornée de sa ménagerie. Mais lui, même avec un tee-shirt orné d'un joli "happy", on se méfie de lui. Remarquez lui, il s'en foue, il rêve de devenir champion de roller. Son rêve bien évidement c'est de devenir champion du monde. Sa carrière pourrait être compromise avec une telle disgrâce. Arrive le championnat du monde, mais il a peut-être une idée pour inverser le cours inéluctable des choses et sortir victorieux. C'est drôle, c'est fait par l'illustrateur de "La boulette" chez le même éditeur dont nous avions parlé, Arnaud Boutin qui sort dans le même temps chez Milan un "cahier de monstre". C'est peuplé de doudous acrobates et d'escargots à roulette... Encore une fois, un album très ludique sur un sujet sérieux, un texte de Mathis, encore une réussite du p'tit Glénat, "Le chien qui souriait à l'envers" !

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30.04.2009
Et si j'étais...
Un petit livre carré sur une structure archi rebattue mais.... "Et si j'étais..."de Delphine Chedru chez Naïve, illustratrice qui depuis deux ans a réinventé d'abord chez Naïve, puis aujourd'hui chez Helium (dont on va bientôt parler), le motif, l'magerie pour le plaisir des yeux. "Et si
j'étais Robin des bois / je volerais du sucre pour les petites gens ( moi, mon chien et... moi) !" Les détails dans le background valent aussi le coup. Toujours le même petit garçon, qui n'a aujourd'hui que l'embarras de super héros pour se travestir et imaginer quelque chose. Et qu'est-ce qu'il ferait lui hein s'il avait leur pouvoir et le costume bien sur. Etre l'un d'entre eux de temps en temps, arrangerait sans doute bien des choses ou quelques petits problèmes ou bricoles du quotidien à régler à
hauteur d'enfant... Prenez par exemple, l'homme invisble dilué dans un fond rouge (sans doute la honte ou la pudeur) dont il ne reste que les yeux : "Je raccompagnerais Margot chez elle tous les jours." Voilà plus la peine de se faire tout petit dans ses baskets ou de risquer les rougeurs ou la honte, pratique non !? A hauteur de petit; ça pourrait résoudre quelques petits trucs et assouvir quelques fantasmes comme aller à l'école en batmobile, par exemple.... Et vous, qu'est-ce que vous feriez si d'un seul coup comme ça , vous deveniez le Père Noël hein !?
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21.04.2009
Dans la tête à Topor !
Pour les adultes, il y a dans la peau de John... Et pour les enfants et les adultes, il y a "Dans la tête à Topor" dans la collection oh les comptines ! chez l'éditeur Rue du monde. Ca bouge dans la tête à Topor, qu'on ne présente plus... Un vieil oreiller qui s'écrie pitié ! Il voudrait
des pieds, et non plus des têtes. En mouvement et sans fin, sans queue ni tête dans la tête à Topor. Le relais est tout de suite pris par un clown rigolo, puis un petit monsieur, une petite fille, un tigre vorace... Le monde est sans dessus dessous. En mangeant des patates, on trouve des patates ! Un vilain boiteux qui s'en va quand il pleut... Bien sur avec Topor, on parle toujours un peu de la guerre : "Tu vas te taire, je vais à la guerre. Quand il y a des morts, il en reste encore." Ca fourmille sur la page, on rit, on apprécie : "J'aime mieux les gâteaux que la soupe aux poireaux". Quand un sale gosse rencontre d'autres sales gosses, on en redemande encore ! Réveil en fanfare, Topor n'est pas mort ! Vive Topor ! Les chats pelés équilibristes et jongleurs de la page, font valser l'esprit de Topor, ça tourne ! Et ce n'est pas que du turlututu chapeau pointu ! Autre actualité Le Néouanic, co-fondateur des chats pelés monte une exposition à Villeurbanne, le cadeau...
01:06 Publié dans 4/6 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dans la tête à topor, comtines, chats peles, rue du monde, oh les comptines !, album jeunesse, topor, le neouanic
20.04.2009
Eloge de la fuite !
"Le goeland prend son élan", au bout d'une grille en fer forgée d'inspiration florale, coiffé d'un bonnet de bain. Il a bien choisi sa bouée à tête d'élan. On a pas toujours l'air malin dans la fuite quand la dernière échappée belle remonte à belle lurette. "La grenouille démarre". Elle
entraîne avec elle la mare comme un tapis de jeu sur le dos... Images et mots se télescopent et se font echo. "L'escargot déménage". Sa maison est sans doute trop petite. Il a attaché bien du bardas sur sa coquille. "Le guépard déguerpit" et en perd ses tâches. L'action, le verbe, le jeu : "L'arraignée file en douce"... J'adore quand "le dromadaire déserte", dans l'eau jusqu' à la bosse et une palme à chaque patte. L'image, le verbe, l'imagination... Il y a bien des manières de décamper, de prendre le large, la grille du début était peut-être la grille du zoo. Il ne manquerait plus que la lune s'éclipse et que le gardien du zoo s'endorme. On souhaite à la future enfant à laquelle l'auteur dédicace son livre autant de fuites dans le rêve ou d'échappée belle dans l'imaginaire. Si ce n'est pas encore fait depuis le temps adulte, lisez ou re-lisez ce qu'Henri Laborit a dit "Eloge de la fuite", disponible en poche. Tout l'art de bien ou mieux vivre réside dans l'art de la fuite dans l'art. Un petit album sobre et précieux de Bernadette Pourquié et Valérie Dumlas chez Thierry Magnier, "Animal en cavale"...
01:25 Publié dans 4/6 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bernadette pourquie, valerie dumas, animal en cavale, thierry magnier, fuite, henri laborit, eloge de la fuite, folio, art, album jeunesse
09.04.2009
Le printemps !
En France, dans les ouvrages jeunesse, on exploite les bêtes, les prêtant aux pires turpitudes et grimaces humaines, pour élever nos petits. Le bestiaire est rudimentaire pour des raisons le plus souvent, culturelles. Il semble qu'on ait un peu honte par contre, de leur donner la première place de l'histoire pour ce qu'ils sont et que l'art serve leur beauté. On laisse donc aux éditeurs de "seconde zone" ou association de protection de la nature, le
soin de s'intéresser à ces choses là. Cela vient sans doute d'un manque d'emerveillement face à la nature, et de la peur d'être rétro comme le Père Castor, et pourtant... Le printemps a commencé et je n'ai rarement vu quelque chose d'aussi beau que "Bonne nuit les ratons laveurs !" de Jeong-Saeng Kwon et Jin-heon Song, deux grandes figures de la littérature jeunesse coréenne édités au Sorbier. Pas très gros éditeur d'ailleurs dont on peut dire qu'il aura fait avec peu de moyens, le plus beau travail cette année, osant et donnant toute la mesure aux oeuvres jeunesse qu'il a commercialisées. Tout au crayon et à la mine de plomb, quelle douceur quelle subtilité ! Ne vous arrétez surtout pas aux premières pages, les plus sombres parce qu'illustrant l'hiver. Avancez doucement, le travail est remarquable même si "réaliste". "Il y avait une fois un tout petit village au pied d'une grande montagne". Un point de vue, la parole du conte pour servir la nature. Peu de végétation, on voit sous la terre comme un rond lumineux épargné sur la page blanche le terrier et des petites boules de poils. Un jour l'un deux se réveille en
plein hiver. Il a peur : "dors encore un peu et le printemps arrivera." Le texte prend la place du terrier, l'action part sur la page de droite vers la lumière. Le petit raton laveur désobéit et découvre la neige. Peupliers, aubépines, chênes, sapins, des mots sans doute trop compliqués qu'on ne lit plus en France, parce qu'on ne connaît plus notre environnement. Trop tôt pour sortir, il faudra attendre encore un peu. Et puis le printemps arrive, d'abord par son odeur. Dehors la lumière, azalées, forsythias en fleurs. Le même paysage d'abord juste au crayon se teinte doucement de nouvelles couleurs comme ces feuilles ou fleurs encore fragiles autour de nous en ce moment. Le printemps, n'est-ce pas (sans vouloir trop en faire) cette promesse de bonheur sortant d'un long tunnel, l'hiver. Remarquable !
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29.09.2008
Vieux papiers
"Je m'appelle Célestin et j'ai creusé ma maison au fond d'un magasin". Alors le soir, quand le magasin ferme, on pourrait s'attendre à une consommation abusive au rayon des fromages et à une belle pagaille liée à la réputation des souris... Rien de tout cela ! Petit chapeau bleu et neuf,
élégant foulard rouge autour du cou, notre mulot range, dépoussière et nettoie... Dans cette caverne d'Ali Baba, devenue son royaume nocturne, notre mulot a beaucoup d'amis, des peluches qui souvent ne sont là que pour un temps. Celle à laquelle il est le plus attaché, sans le savoir vraiment est un chien en peluche que personne n'achète. Il prend donc soin de chaque jour le mettre en valeur, de lui mettre un petit chapeau comme le sien, etc... Un jour il disparait mais pas bien loin heureusement. "Le magasin de Celestin" de Junzo Terada, chez Didier Jeunesse, une petite merveille. Une très grande simplicité, des pages qu'on dirait composées de vieux papiers comme s'ils nous avaient toujours habités, souvenirs d'enfance, images d'enfance. Il ne s'agit pas de marques, mais l'atmosphère est impregnée de ce que l'illustration a sans doute pu donner de meilleur au monde, des jouets et de la réclame. Mais ici rien n'est à vendre, juste une histoire d'amitié !
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