03.07.2008
Munari encore
le bestiare domestique. C'est un vendeur élégant et filiforme, qui occupe la page de gauche, page de garde et page fixe. Mais rien ne va. Trop grognon ou trop ceci ou trop cela, cet enfant invente même de drôles de moeurs à ces pauvres bêtes pour justifier son refus... Porc-épic, tatou aucun ne lui convient... "- Mais alors que veux-tu ?" C'est la question posée sur un autre rabat, rouge celui-ci et plus petit en bout de course. Réponse !? "- Je veux une dinde rôtie et des patates sautées". Ces gosses... "Le vendeur d'animaux" au seuil jeunesse. A noter que la revue Le mook Autrement publie un numéro intitulé : "Quand les artistes créent pour les enfants"(le mook : le livre-magazine de ceux qui désirent le monde autrement). Une mine et une belle approche du travail du maître et des artistes qui ont poursuivi ou enrichi sa démarche. A noter encore que l'éditeur historique et italien de Bruno Munari sera l'invité de l'édition 2008 du Salon de Saint Priest...18:46 Publié dans 5/8 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le vendeur d'animaux, bruno munari, seuil jeunesse, quand les artistes créent pour les enfants, le mook autrement, revue, album jeunesse
27.05.2008
Un grand joueur
soliloques d'un futur champion de foot assurément, comme l'est n'importe quel joueur en herbe. Sort chez Autrement jeunesse, "Grand joueur" de Stéphane Kiehl. On y apprend encore d'autres choses sur ce singulier phénomène mêlant identification et méditation. Un grand joueur par exemple, soigne ses chaussures. Même sous la douche collective, il ne quitte jamais son ballon. Il fait ses lacets tout seul, normal. Il est très attendu à la sortie du stade... Mais en fait , "C'est quoi un grand joueur ?" Il n'a pas peur de la pluie. "Tout le monde en parle". Il est encore inconnu, mais ne passe pas inaperçu. Il a des supporters... Sur le chemin qui revient du stade, il prend son temps alors il a les temps de penser à ce qu'est un grand
joueur. Un petit garçon comme les autres, et pas comme tout le monde, concentré, qu'une petite solitude rend imaginatif. "A quoi pense un grand joueur quand il ne joue pas ?" "A quoi rêve un grand joueur ?" Un nouvel opus singulier sur la génèse d'un footballeur, un vrai... Une palette singulière avec autant de vide et d'espace, pour laisser imaginer au lecteur une future vie de champion, et constater la réalité enchantée d'une vie de petit garçon. Il arrête le temps dans ce chemin de retour du stade d'entraînement. Peu de réponse en fait ou celle que les enfants se font peut-être. Un auteur - un format - une ambiance.06:17 Publié dans 5/8 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand joueur, stephane kiehl, autrement jeunesse, philip waechter, c'est moi, le champion, milan
12.05.2008
Nez en moins
même chose. Chien, cochon ou lion, on se trompe, groin, muffle mais point de nez... Il en vient alors à soupçonner tout le monde, et même son meilleur copain. Mais rien, chacun le sien! Dans ce genre d'histoire, on bascule de la panique au soupçon, et du soupçon au fou rire sans difficulté. Imaginez vous avec le nez d'un autre ! Avant sans doute de le retrouver là où on le laisse souvent en certaine saison. C'est inattendu, loufoque et néanmoins non denué de sens. "Nez en moins", un texte de mathis qu'on avait plus l'habitude de lire chez les grands, l'illustration de patrick Bonjour, au p'tit Glénat qui depuis deux ans nous amène de bonne surprise en bonne surprise à chaque projet. A suivre...06:10 Publié dans 5/8 ans | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nez en moins, patick bonjour, mathis, p'tit glenat, nez, loufoque, album jeunesse
09.05.2008
Le retour d'Arno
"Je me retrouvai dans l'air frais du matin et je me sentis si heureux d'être vivant que j'aurais aimé le crier à tue-tête."
Paul Auster, Brooklyn follies
Un jardin - un arbre - un homme. L'homme est en retrait. La nature, elle, est luxuriante. Bien vivante, elle croît. Arno, illustrateur atypique revient et mixe ce qu'il avait expérimenté auparavant dans "le souhait d'Idriss" et "je t'appellerai Baïna". Il réserve ses inclusions de tissus pour
enrichir d'oiseaux multicolores, un arbre plein de volutes envahissantes. Sa technique se rapproche plus des techniques mixtes, une certaine simplicité ou plutôt sobriété lui sert de réserve pour exprimer quelque chose de plus intime qu'il met en retrait. Son style d'auparavant est plutôt du côté de l'abondance de vie. L'arbre, lui, continue de grandir. L'homme vieillit. Une très grande sobriété du ton du côté de l'homme, des collages très sobres, réhaussés de quelques traits. L'arbre grouille de vie. L'homme est seul. Ils ne lisent pas au ciel les mêmes augures, n'interprètent pas de la même manières le sens des nuages. L'homme sort. Il se rapproche. Les saison passent. L'homme les ignore. A chaque printemps, une renaissance. Le
dialogue distendu continue. L'arbre à chaque fois l'invite. Un jour, "l'homme est prêt. Il est là." Arno revient et se renouvelle, laissant peut-être un peu de côté les voyages qu'il affectionne et nourrissent la matière même de son travail. Il nous donne un album plus intime, sobre, juste. "Je te protégerai" d'Arno chez Sarbacane, pour adulte aussi, bien entendu !
11:18 Publié dans 5/8 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : je te protégrai, arno, sarbacane, solitude, paul auster, arbre, vivant
08.05.2008
Une tragédie
jeunesse. Récit douloureux donc, mais auquel Natali Fortier va donner plus d'une dimension, de la profondeur et une simplicité désarmante. Illustrant d'abord un récit factuel très concis. Elle va laisser croquis, épur, détails prendre un peu de place à chaque fois avec le texte pour installer un moment de rupture, une chute vertigineuse. Suivre le récit de près, très minimaliste puis ponctuée l'illustration d'images plus abstraites plus symboliques -presques des références à d'autres styles graphiques-. Le drame, c'est le feu, l'incendie de sa maison, de sa famille. Son crayonné toujours présent, un peu brouillon, jamais gommé va soutenir une langue plus complexe, plus incompréhensible pour cette jeune fille après la chute. Le récit d'une autre vie qui commence avec d'autres codes, d'autres parfums et ce qu'on ne lui dit pas. Une autre vie avec un couple de "Maquart"
grotesque, grossier. Juste des sourires qui parlent tant : "Toujours le même. Elle n'en n'avait qu'un. Elle le mettait le matin. elle l'enlevait le soir. C'était un pauvre sourire. un sourire pareil à l'endroit, à l'envers. Une grimace." Maintenir un équilibre dans ce théatre d'ombres énquietant ou Natali Fortier défait proportions et perspectives. L'apprendre de leur bouche ne ferait qu'allonger la chute, leur laisser prendre la place. Images et textes se télescopent sans cesse maintenant une intensité incroyable, un déséquilibre permanent nous entaînent dans le récit de cette tragédie, l'un en rajoute ou l'autre se fait la belle. C'est beau ! C'est fort ! Sans doute l'un des albums les plus forts de cette année avec quelques autres ! "Sur la pointe des pieds" de Natali Fortier à l'atelier du poisson soluble...12:00 Publié dans 5/8 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sur la pointe des pieds, natali fortier, l'atelier du poisson soluble, drame familial, incendie, album jeunesse, enfant placé
06.05.2008
La tête ailleurs
savez, un papa sans tête, c'est très pratique : discret, obéissant, serviable. Ca ne ronfle même plus... Avec sa nouvelle tête, hormis le regard fixe, il a l'air plutôt sympathique. Cette solution présente de multiples avantages. Et puis un jour, la "VRAIE" est revenue avec lui. "En fait, il l'avait laissée à son bureau parce qu'il avait eu justement besoin de toute sa tête pour travailler sur un projet "ultrasupertimportant"". Un livre utile, très utile, indispensable mais le mariage franco-anglais de deux titans de la jeunesse, me laisse penser que la rencontre aurait du accoucher d'un truc plus fou, plus profond, mais bon. Ce livre ne doit pas non plus disculper pas mal de pères que je rencontre en rayon ne sachant même pas en quelle classe sont leurs enfants quand même, et ils sont nombreux ! "La tête ailleurs" de André Bouchard et Quentin Blake chez Circonflexe encore...12:39 Publié dans 5/8 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : andré bouchard, quentin blake, la tête ailleurs, circonflexe, album jeunesse, travail, père absent
05.05.2008
François Galuchon
slip regagnant son tiroir de rangement par un simple coup de baguette magique. Un soir d'orage, frappé par un éclair, il n'en meurt pas comme un simple mortel, mais devient "sourd comme un pot et idiot comme un sot." Mais surtout il devint TRES bizarre... Vint aussi le jour suivant où le roi lui demanda un service royal au sujet de la princesse de Pétaouchnokie. Et plutôt que de ravir son coeur comme demandé, il va la métamorphoser en une "colossale limace bleue". Les noms d'oiseaux qui en suivirent furent lourds pour un seul roi. Et la peine qui lui en couta, ne fût pas toute épongée par ses valets en bottes de caoutchouc, serviables et fidèles en tout. Redemander un service à Galuchon allait l'amener au cauchemar. Alors que son royaume se transforma en une Venise de larmes, la vengeance du père de la princesse ne se fit pas attendre longtemps non plus. Il ne finit pourtant pas en steak haché royal malgrè la très grande zizanie qui s'installa dans son royaume. On se méfia du magicien, ne lui demandant plus rien de rien, que dalle, que pouic. Pour se débarasser de lui, le roi eut même recours à la sorcière et à ses idées cadeaux... Il disparut. "Depuis plus de mille ans la mystérieuse disparition de François passionne les
esprits." A moins que tu n'aies entre les mains un livre qui permette son retour. Il réserve un sort particulier à son sauveur. Juste une formule ALEA JACTA EST... A toi de voir ! Il me semble avoir déjà parlé d'André Bouchard, talentueux, fantasque, drôle, délirant. Il nous livre ici aux éditions Circonflexe, un très grand livre d'heure... Chaque scène (page de droite) est encadrée des plus beaux gardes à plumes qu'on ai jamais vus, des musiciens royaux à la mode François, un grand chambellan petit mais pas n'importe qui, des scènes de la vie au moyen âge inédites, un grand moment d'amour courtois quasi documentaire, un grand délire, du grand Bouchard ! "Les loufoqueries de François Galuchon -magicien attitré de sa majesté Clédeu XII-"...23:00 Publié dans 5/8 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : andre bouchard, les loufoqueries de françois galuchon, circonflexe, album jeunesse, roi, magicien, loufoque
15.04.2008
Leopold !?
et par conséquent, Léopold, son chien, est un chien de divan. Il n'y a que le jeudi où il va chez sa mère, et lui achète un magnet pour son frigo. Le rêve, les vendeuses le connaissent bien lui le chien. C'est la fête le jeudi mais un peu azimuté par tant d'aventures, il ne faudrait tout de même pas le perdre de vue l'autre, parce qu'il ne ressemble qu'à lui et l'adoption après la s.P.a. s'il ne le retrouve pas. Il pourrait bien finir "chien policier, ou pire chien de motard !" Mais ça, en a-t-il au moins conscience !? Où a-t-il donc la tête ? Un chien d'auteur de B.D. passé au divan en vignettes toutes très amusantes, encore un livre réussi pour Davide Cali, un auteur maison chez Sarbacane, et une oeuvre pour la première fois plus grand public, pour mettre en avant le dessin de Camille Jourdy toujours entre B.D. et illustration : "Léopold chien de divan" !17:55 Publié dans 5/8 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : leopold chien de divan, davide cali, camille jourdy, sarbacane, chien, bd, maitre
10.04.2008
Le tricot
A Del.,
Un beau tandem, Agnes de Lestrade et Marie Caudry ; une histoire, "La petite tricoteuse d'histoire" ; une belle dédicace "à 30 ans d'amitié tricotée" ; chez Nathan. Une histoire en fait ça se tricote comme une veste, un bonnet. Le fil qu'il faut !? Miée le cultive dans son potager. "Les mots poussent comme des navets". Au printemps, ils s'enroulent autour des piquets. Ils nécessitent parfois des encouragements. "Le mot
"nous" est plus difficile à cultiver." Un potager qui fourmille de détails comme ces plus petits dans l'arrière plan, pas très en rapport au début avec l'histoire : une catapulte, des tanks, un fort... L'été comme le lierre, ils envahissent la maison mais ce n'est pas grave. C'est plutôt amusant. "Parmi eux, il y a le "je"" A l'automne, plus de réserve, on se réchauffe... "Parmi eux..." C'est toujours beaux ces arbres onctueux, souples comme faits de lamelles qu'on superpose qu'il me semble n'avoir vues que chez Marie Caudry. En hiver, on les récolte et on s'en habille. Ces habits changent la vie. Sauf que cette année, Miée ne peut plus s'arrêter. Elle tricote une couverture qui s'étend de plus en plus jusqu'à en recouvrir tout le village. Etrange phénomène mais tout autour la guerre est déclarée et cachés par cette couverture, personne ne vient les chercher. Comme
quoi, les mots, ça sert bien sur à quelque chose. Un jour, la guerre est finie et personne ne semble l'avoir gagné en plus. Le printemps revient. Les mots de la couverture s'éfilochent et forment de beaux nuages... La vie reprend. La fête aussi. On tricote à nouveau les mots. "De jolis mots secrets qu'on ne trouve plus que chez ceux qui s'aime." Intelligente et sensible, une très belle réalisation aussi pour le deuxième album de Marie Caudry. Un habile jeu sur le sens des mots et leur usage pour son auteur aussi... Unique !
23:06 Publié dans 5/8 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la petite tricoteuse d'histoire, agnes de lestrade, marie caudry, nathan, mot, guerre, amour
09.04.2008
L'enfant et l'oiseau
rapproche de la bd. Son chemin le conduit à un arbre remplit de cages à oiseaux. L'un de ces oiseaux, d'une couleur proche de celle de son blouson, retient d'avantage son attention. Il l'emporte, et lui fait découvrir sa chambre, son univers. Une amitié naît. L'oiseau (toujours sans parole, sans récit) lui raconte son histoire. L'enfant ému décide de lui rendre la liberté. Jusqu'ici rien d'inédit et pourtant...On reste sur le ciel, une fenêtre ouverte. Sur son rebord, le lendemain ou un autre jour : une grande plume de la même couleur avec une tache supplémentaire. Elle est grande, très belle. Il l'observe avant de s'endormir, et rêve. Un album très simple et presque "hypnotique" avec cette multiplicité de points de vue, de focales dans un décor à la fois riche et pauvre à la palette assez élaborée. Quelque chose d'onirique, une chose qui nous viendrait à l'esprit donnée par un rythme au plus près de celui d'un garçon solitaire et rêveur. Une oeuvre très singulière. "Tom et l'oiseau" de Patrick Lenz chez Sarbacane...22:45 Publié dans 5/8 ans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tom et l'oiseau, patrick lenz, sarbacane, shui hue, album jeunesse, reve, liberte