08.09.2009

Iggy Peck

      Iggy Peck a une très belle houpette sur sa tête (signe d'un certain génie, peut-être...!?) Il a même un talent prononcé et semble très précoce. Avec des couches (usagées) et de la colle, il fabrique une tour immense. "Iggy, tu es un génie ! s'exclama sa mère". Avant de peck.jpgbien sur le traiter de "vilain" constatant que c'est une tour odorante (puante) qu'il a édifiée... "Vilain" garnement alors, ou simple génie !? Ses oeuvres ne font pas l'unanimité. C'est les voisins par exemple, qui l'ont mauvaise quand il érige avec de la boue un sphinx géant dans le jardin mitoyen... Seul son chat lui est un fidèle compagnon et peut-être aussi modèle, pourquoi pas !? On est à New York, les chats aussi peuvent avoir du génie, mimer un sphinx millénaire... Avec Iggy tout est matière à devenir matériaux de construction : crèpe, fruits... On s'émerveille et on crie au génie. Jusqu'au fameux jour de la rentrée... (le même qu'on a évoqué la semaine dernière!). La maîtresse, madame Lila Garatoi prévient toute la classe : "Je ne veux pas entendre parler de construction dans cette classe : gothiques ou romantiques, modernes ou antiques..." C'est mal parti. Iggy n'entend pas tout de suite, il est au fond, en train d'édifier un magnifique château de craies. Mais c'est peck2.jpgaujourd'hui terminé, Iggy ne pourra plus exercer son talent. Peut-être un pique-nique "vintage" viendra-t-il à son secour... "Iggy Peck l'architecte" chez Sarbacne de Andrea Beaty et David Roberts. Une traduction, un album très chic, très new-yorkais mais une bonne occasion pour tous nos constructeurs en herbe de kabla ou autres légo, de trouver un alter ego, un génie en devenir et de se sensibiliser à l'architecture de tous les pays et de toutes les tailles... A partir de 4 ans...

31.08.2009

Dans la cour...

         Une semaine de rentrée des classes...

 On doit à Sylvain Victor, "Michel le mouton...", mais on lui doit surtout "Ado-ka-fre", l'histoire d'un tee-shirt dans la mondialisation ; et de bien moins connu mais extraordinaire, "Sac en papier, sac en plastique" aux éditions Drozophile qu'à Lyon on peut seulement trouver ici. cour.jpgOn rentre "Dans la cour de mon école" édité cette rentrée chez Thierry Magnier de deux manières. Sur sa couverture et sur son dos, il y a une entrée fille et une entrée garçon, même si nous sommes dans une école mixte. Il s'agit seulement de deux points de vue, celui d'un garçon et celui d'une fille qui même s'ils s'aiment, ne voient pas tout à fait la même chose dans la cour de l'école. "Dans la cour de mon école, il y a..." Pierre, "le plus grand fournisseur de crottes de nez de l'école", Dylan le bébé, Gunmel, Noémie... Des enfants bien d'aujourd'hui, l'inventaire est non exhaustif et en fonction des affinités ou de quelques figures ou légendes de la cour. A chaque personnage et chacun son tour, une petite histoire et à chaque fois derrière de cour.jpgl'animation, celle de la cour. On y aperçoit ceux dont on a déjà parlé et ceux qui vont peut-être à la page suivante se retrouver au premier plan. Il y a ceux qui viennent d'ailleurs au sens propre comme au sens figuré. Il y a ceux qui on déjà eu leurs heures de gloire, les bizarres, des amoureuses. Si l'on entre dans la ronde, on peut adopter l'autre point de vue celui de l'amoureuse ou de l'amoureux selon que l'on ait commencé par l'un ou l'autre point de vue. Des personnages d'arrière plan ou de premier plan nous apparaissent sous un autre jour. Ces deux regards ne sont pas tout à fait identiques sur les mêmes personnes. On sait bien le nombre de choses importantes qui se jouent dans la cour de l'école, amour, amitié, haine, légendes, préjugés, garçons, filles, le lieu de la rentrée où se jouent bien des choses...

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24.08.2009

L'amanite...

         L'amanite avant de "tuer les mouches" comme on dit, est très mal connue. D'abord, elle vit de "on-dit". On ne peut la toucher, mais on peut quand même l'approcher tant elle est belle, et mérite d'être mieux connue (une dernière chose qu'on dit d'elle en Angleterre : on l'appelle crausaz.jpg"tabouret de crapaud"...) Malgré cette mauvaise réputation, beaucoup d'insectes l'apprécient: le gendarme, la fourmi, la coccinelle, et même Raymond, vous savez l'escargot - prix sorcière 2009 - il sait l'apprécier à sa juste valeur. Elle offre un très bon parapluie à la musaraigne. Comme Raymond l'amanite rêve, elle voudrait tant de chose. Elle n'est pas vénéneuse pour la limace par exemple. Originale, différente mais pas méchante, même si elle n'est pas comestible. Il ne faudrait surtout pas la réduire à un ornement de décor de conte. Car mieux la connaître, c'est peut-être aussi la protéger, un peu comme les requins... Un album qui nous la rend plus sympathique, mais pas plus comestible. Une nouvelle création de Anne Crausaz aux éditions Mémo "Maintenant que tu sais". A partir de 4/5 ans

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10.07.2009

Chichi et churros

Inédit...

      Sacré Rico, toujours là pour vous servir. "Des chichis on en fait des tonnes" mais lui son truc, c'est le churros ! Il est "le boss du churros". Son antre, une camionnette, Le Rico est toujours au même endroit sur la même plage. Il connaît depuis le temps tous les fanatiques du grand bleu. Cette plage est d'ailleurs pleine de personnages extraordinaires, un brin excentriques... Rico est là pour répondre à tous vos besoins de churros, mais aussi à bien d'autres choses, il sait toujours ce qu'il vous faut. Il a beaucoup voyagé. Il vous procure une photo de Paul Encas, "le crooneur grignoteur", des grigris d'amour... Il vous ferait presque penser à un présentateur vedette, dans sa manière d'amener la foule bigarrée qui compose sa clientèle. Demandez lui aussi des grigris d'amour du Burkina Fasso, il aura ça pour vous car jamais il ne peut vous decevoir, on est pas roi du churros pour rien hein ! Je suis sur que vous ne connaissez pas monsieur Hervé et monsieur et madame Bibi. C'est aussi sa clientèle qui fait un lieu. Quelques boules magiques et des adieux parce que l'amour attend ailleurs Rico et s'est sans doute son dernier été avec nous... Un univers inédit et original : "Finis les chichis !" de Virginie Will chez Gallimard. "Allez zou ! Un chichi et au lit"...

07.07.2009

Bonne pêche

Sur ce blog, une semaine à la mer...

       Un livre à la couverture entièrement bleue. Joseph est pêcheur professionnel et chaque jour il part à la pêche. A chaque page un rabat qui permet chaque jour de voir ce qui le ramène et avant de le voir partir en mer. Il en revient toujours chargé dans un gros filet qui pourrait ressembler à un gros baluchon. Suite d'aller et retour rapide et amusant. Lundi, mardi..., tous les jours il part en mer et l'on peut compter ses dedieu.jpgprises. Mais étrangement cette semaine, il ramène un peu moins de poissons et un peu plus de mobilier, même une moto dans ses filets. On peut donc compter jusqu'à dix et soustraire au nombre de poissons de nouveaux objets... Suivent des instruments, des chapeaux.... Joseph lui reste impassible et chaque jour reprend la mer même s'il attrape de moins en moins de poissons. Sur les collines vertes derrière le port, on construit de plus en plus. La semaine suivante, plus beaucoup de poissons mais un téléphone et même un Picasso.... A la fin des deux semaines, la bateau est à quai, il a changé de métier, plus de poisson, il devient brocanteur. Encore une fois Dedieu frappe très fort avec cet album aux couleurs rappelant d'autres époques de l'illustration, simple livre à rabat, simple livre à compter, une simple sensibilisation en jouant ironiquement avec le mot "bonne pioche", tout opinion est laissée à notre appréciation. Mais on ne se prive pas dans faire une lecture écologique au delà d'un livre aussi très ludique. "Bonne pêche" de Dedieu au Seuil....

18.06.2009

Appel du 18 juin

Indispensable...

      Cette histoire qui se greffe sur la grande Histoire, a elle aussi une histoire. Il vaut mieux que celui qui l'a faite vous la raconte, Vincent Cuvellier vous parle d'"Ici londres" :

Ici Londres, la génèse...

     Il faut ajouter que j'ai une immense frustration de ne pas pouvoir mettre en lien, un extrait du CD qui accompagne ce livre. Ecrit par Vincent Cuvellier donc, illustré par Anne Herbauts, accompagné d'un petit livret historique réalisé sur Aurélie Luneau sur le contexte et l'histoire de Radio Londres, cet album est aussi accompagné vous disais-je d'un CD réalisé par Olivier Melano absolument extraordinaire, mixage londres.jpgétonnant de messages codés, de lectures de ces messages et de musique...

Peut-être puis-je vous livrer le début de cet histoire de gosse dont l'imaginaire a télescopé la grande Histoire :

      "Je me planquais sous un tas de bois, le vieux tas de chutes que mon père mettait toujours de côté pour chauffer, l'hiver. De là, je voyais rien mais j'entendais tout. Le bruit monotone de la scie, le rabot qui radotait de vieilles rangaines de planches usées, et les sifflement mécaniques de mon père ponctués de "merde !" Quand une écharde pénétrait dans un de ses doigts. Et puis, un jour, en fait un soir, une voix est sortie du tas de bois, au-dessus de ma tête. Une voix inconnue qui semblait avoir fait mille efforts pour traverser le ciel, la mer, et arriver jusqu'à moi. Tout ce bazar juste pour dire : "Lisette va bien". Et au cas où j'en aurais douté, la voix a ajouté : "Je répète trois fois"....

     Il fallait que la jeunesse visite l'Histoire et s'empare de ces prhases pour en faire un livre surréaliste et documentaire, une pure merveille pour la mémoire et l'imaginaire : Je répète :

 Ici Londres...

Veuillez écoutez maintenant quelques messages personnels

Il n'y a plus de tabac dans la tabatière

Le manchot la serre dans ses bras

Le fantôme n'est pas bavard

L'étoile filante repassera

Les girafes ne portent pas de faux cols

Louis a deux cochons

J'aime les chats siamois

Grand-mère a cent ans

Gilberte a les yeux noirs

Tante Amélie fait du vélo en short...

 

 

22.05.2009

C'est quoi un enfant !?

A Del.,

Indispensable.

"C'est quoi un enfant ?" "Un enfant est une petite personne". Une petite personne qui se presse de devenir grand. Mais lui change tout doucement. Les grands pensent d'ailleurs parfois qu'il est dur d'être grand... Petits pieds et grandes idées, c'est un enfant. Petits et grands ont allemagna.jpgd'étranges besoins et d'étranges idées. Tous les deux n'aiment pas tout à fait les mêmes choses, ne pleurents pas de la même manière et non pas les même méthodes de consolation. A chaque page plein de portraits malicieux... "Les enfants ressemblent à des éponges"... "Les enfants possèdent des petites choses..." Ils sont de tous les genres, de toutes les couleurs, de toutes les formes, même s'ils ont bien tous des choses en commun, quelque chose d'universel et de si particulier. Ils peuvent être odieux, ce sont des petites personnes qui vont changer. Pourquoi chercher à savoir ce qu'ils deviendront, ce n'est pas non plus le moment. L'important c'est sans doute, qu'ils n'oublient jamais (j'extrapole à partir de la dédicace) "Chien jaune". Un livre fabuleux, pas un enième album chez Autrement de Béatrice Alemagna. Un livre qui questionne et qui rappelle aux adultes que nous sommes l'échange qui continue chaque jour doucement avec la petite personne qui en nous a grandi.

18.05.2009

Hideko Ise

         Ce n'est pas une collection, mais déjà deux livres dans un joli format à l'italienne qui approchent des métiers singuliers. Un regard singulier comme un carnet d'aquarelles qui rendrait compte d'un parcours, d'une promenade vers un métier. Hideko Ise nous avait déjà livré au hideko1.jpgSeuil "Kimiko et le relieur", il revient au seuil avec "Kimiko et le botaniste", une pure merveille. Kimiko en voyage à Paris se perd dans les jardins du musée d'histoire naturelle et s'amuse de ce lieu singulier. Elle s'amuse tellement qu'elle dérange un peu un rythme centenaire où chacun s'active à entretenir et soigner des merveilles de la nature. Il lui faudra peu de temps pour rencontrer le botaniste en charge de ce paradis terrestre et devenir une de ses visiteuses privilégiées qui ne pouvait que devenir l'ami des jardiniers. Elle ne savait avant l'essentiel mais le portait sans doute en elle. On découvre ainsi avec les choses les plus singulières peintes à l'aquarelle avec un trait subtil et léger. L'hêtre tortillard par exemple qui ressemble à un nid d'oiseau. La vie d'un jardin botanique surprend sans cesse, labyrinthe de nature où l'on trouve la connaissance mais aussi la force et la paix. Sans faire le tour du monde, le monde est aussi hideko2.jpgici... "Grand arbre - arbre qui endure et qui ... Ce que tu as vu mes oreilles l'entendent. Les paroles qui naissent de toi son devenue mon histoire." Plus qu'une découverte, c'est un petit livre initiatique. A la place d'une fleur qu'elle vole au début, elle aura une graine et encore quelques heures avant son départ pour vagabonder dans ce lieu magique. Qu'est-ce qu'un jardin sans cri d'enfants ? Hideko Ise ne raconte pas ce livre à distance, mais à travers Kimiko, c'est sa propre initiation, le voyage qu'il fit lui-même au jardin botanique qu'il nous raconte. Un voyage que lui a sans doute inspiré une lecture : "L'année du jardinier" de Karel Capek. Un jeu, un peu plus que cela, un livre précieux.

Capek

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15.05.2009

Parents marteaux !?

Lynda Corazza à qui l'on doit quelques 12*12, "Zéro", "Petit grand" ; quelques albums dont le classique "chaussettes" et récemment "La complainte du progrès" dans la collection la prochaine je vous le chanterais, a retenu toute mon attention pour un album "Mes parents sont marteaux" aux éditions du Rouergue; et deux planches de B.D. dans le n° 105 de 303, la revue culturelle des pays de Loire consacrée aux marteau.jpglivres pour enfant. Carte blanche lui a été donnée dans cette dernière pour parler de son expérience de mère-lectrice; "Maman tu me racontes une histoire avec la bouche ?!" (oui sans le livre...) S'en suivent quelques situations très cocasses qui retranscrivent à merveille notre expérience des histoires du soir... Dernier propos de la mère : "Tu veux pas que je t'apprenne à lire ?!". Il faut en effet chercher longtemps le livre idéal qui n'existe pas dans sa bibibliothèque et dans sa tête. Quand le désir de l'enfant s'affirme, il s'affirme aussi avec toutes ses contradictions.

"Mes parents sont marteaux" écrit par Philippe Dasnier et illustré par Lynda Corazza, n'en n'est pas moins drôle et déconcertant sur le lien que l'enfant entretient cette fois avec le langage. Les adultes racontent en effet des choses étonnantes maniant l'argot et les métaphores pour exprimer le quotidien. Exemple : "Ce midi, il a vu un gendarme arrêter une coccinelle qui appuyait trop sur le champignon". Le sens de la phrase du papa ne fait pour nous aucun doute, on parle évidement de problèmes de circulation. L'image est évidente. Mais l'enfant avec sa connaissance de la littérature et des animaux va faire une toute autre marteau.jpginterprétation de ce récit imagé. Avec son propre imaginaire et ses propres réprésentations, on va voir un gendarme (l'insecte) arrêter une coccinelle (l'insecte) appuyer sur un champignon (ceux que l'on trouve dans les bois). L'histoire devient cocasse quand les poulets s'en mêlent puis une pervenche, un panier à salade, qu'on colle une amende. De chaque côté de l'album, à gauche l'illustration des faits racontés par Papa à Maman, et à droite ce que le petit s'imagine dans le langage imagé de Papa. Fait divers automobile à gauche, et panique dans le pré à droite... Quand maman dans un autre registre d'un quotidien encore une fois plus sinistre, raconte quand elle est allée acheter un esquimau à la boulangerie... on s'amuse. Chacun son tour on raconte sa journée et on alterne deux versions des faits. La métaphore devient un récit tout à fait palpitant pour l'enfant. Mais quand le petit raconte à son tour sa journée : "J'ai dit que j'avais été puni parce que j'avais pris la chemise d'un camarade pour y mettre des feuilles." Les parents ne manquent pas non plus d'imagination ou comme d'habitude ne comprennent pas très bien ce qu'on leur dit. Le récit de leur quotidien les habitue sans doute aux ennuis et à la catastrophe. Mais eux, il ne faut surtout pas les prendre pour des "andouilles" !? Un album singulier, un bon moyen d'aborder la métaphore avec les enfants, qui permet des rapprochements inédits entre des éléments dissemblables...

Lynda Corazza

13.05.2009

Gabrielle Vincent

Encore un inédit inachevé de Gabrielle Vincent chez Casterman , "La petite marionnette". C'est encore une fois magnifique et vincent.jpgsurprenant, même si la mère d'Ernest Célestine n'a pu achever ce travail... Reste un chemin de fer rempli d'esquisses, et de crayonnés. On n'en demande presque pas plus. C'est un petit livre très sobre au format carré. Etonnant album muet qui lui survie encore une fois. L'histoire d'un petit garçon fasciné par une marionnette, pris par son spectcacle qui l'enlève plutôt qu'il ne la vole peut-être pour la sauver du loup ou pour l'accompagner, cette marionnette mimant la vie avec une telle force et seulement quelques coups de crayon. On pourrait sans doute aussi faire parler le marionnettiste , mais peu importe. A quel spectacle a voulu nous convier Gabrielle Vincent ? Sans doute le même et un autre, on ne va pas trop en rajouter, le livre se suffit à lui même.

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