21.08.2007

C'est Rimbaud qui l'a écrit

Pour Rosa, toujours aussi réactive et D. pour d'autres raisons

 

Les chercheuses de poux

 

Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes,

Implore l'essaim blanc des rêves indistincts,

Il vient près de son lit deux grandes soeurs charmantes,

Avec des frêles doigts aux ongles argentins. 

 

Elles assoient l'enfant devant une croisée

Grande ouverte où l'air bleu baigne un fouillis de fleurs,

5a57cf5be6e2d87d9e3d619b1d99f0a7.jpgEt dans ses lourds cheveux où tombe la rosée

Promènent leurs doigts fins, terribles et charmeurs.

Il écoute chanter leurs haleines craintives

Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés,

Et qu'interrompt parfois un sifflement, salives

Reprise sur la lèvre ou désirs de baisers. 

 

Il entend leurs cils noirs battant sous les silences

Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux

Font crépiter parmi ses grises indolences

Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.

 

Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,

Soupir d'harmonica qui pourrait délirer ;

L'enfant se sent, selon la lenteur des caresses,

Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.

 

Juin 1871, Arthur Rimbaud 

Commentaires

très beau texte.

Ecrit par : mocka | 21.08.2007

Cela fait bien longtemps que je ne suis pas venue ici. J'ai retrouvé votre adresse par l'intermediaire du Blog de la maison d'édition Où sont les enfants (où je publie en septembre-octobre).
Pour le poème de Rimbaud, celui-ci est interessant. Mon préféré restant :

Elle est retrouvée. Quoi ?
L'eternité.
C'est la mer allée avec le soleil.

Bonne continuation et dès à présent, je mets votre blog en lien sur le mien !

Ecrit par : magali Turquin | 22.08.2007

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