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19.03.2008

Reich kamikaze

"Tu n'es rien, ton peuple est tout". Mein Kampf

"La guerre est comme un train fou prisonnier de ses rails. Un conducteur suffit à entraîner avec lui, de gré ou de force, tous ses passagers."

" - Je vous l'avais pourtant assez répété, les gars : la guerre, c'est de la merde. Maintenant qu'elle s'est payé votre peau, regardez : on nous envoie des gamins pour vous remplacer. Après, ce sera quoi ? des filles, puis des bébés pour conduire les panzers ?" 

    S'il y a une chose que je n'aime pas, c'est quelqu'un qui vous passe un livre et vous en donne un jugement definitif. J'ai la même impression que pour quelqu'un. Je n'aime pas non plus, quand je trouve juste après le marque page de la personne, arrêté à la page 50. Bref, peu importe, mieux vaut se taire que de dire n'importe quoi. Moi ces 50 premières pages je les trouve à la hauteur d'un gamin de treize ans, qui à travers cette histoiire va grandir et aura un jour seize ans, et a vécu une époque bien particulière. Une époque que la plupart du temps les 666810953.gifauteurs jeunesse nous font connaître du bon côté de la barrière si je puis dire, victime de l'occupant. A l'époque en Allemagne, vivent aussi des enfants et des allemands dont on peut se demander s'ils n'ont pas été tous des "bochs" à en lire la presse sur les récentes révélations de la jeunesse de Günter Grass.. Certains allemands ont en effet résisté au nazisme, et certains allemands n'ont pas vu d'un très bon oeil leurs enfants partir à un moment contraints et forcés pour les jeunesses hitlériennes. Mais ce roman très documenté et mettant en place une graduation très précise qui nous montre un garçon qui grandit dans ce contexte si particulier, n'est pas là pour montrer quiconque du doigt. Mais dénoncer grâce à l'art du roman un mensonge, un mensonge qui coûta la vie à plus de 60 000 000 de personnes, et un jour à un groupe d'enfants qui voulurent devenir de grands aviateurs, des héros. Mais le régime appelant au sacrifice sans arrêt n'en a finalement fait que des kamikazes involontaires du reich. En avril 45, 120 garçons de seize et dix sept ans volèrent pour la première fois à la rencontre de 1400 bombardiers américains protégés par 500 chasseurs. Ils pensaient sauver une nation "humiliée" comme ils avaient pu le voir dans un film peu de temps avant, et comme ils avaient pu l'entendre de leur héros à tous Erich Hartmann, 300 victoires aux combats. Ils n'allaient pas à la mort, sans munitions, avec un parachute, lancés à 500 km/h sur des forteresses 666810953.gifvolantes. Ce n'est bien sur pas le premier mensonge car le héros Arthur, n'est pas à la base un petit nazillon en herbe et plutôt tout le contraire, c'est pourquoi les 50 premières pages nous permettent de partager sans doute ses derniers moments d'innocence. Il est même un peu réfractaire, sans grande connaissance du monde qui l'entoure, ses parents ayant tout fait pour l'éloigner de ça. Mais l'organisation dans laquelle il rentre n'a rien d'innocent, et excelle à manipuler un enfant. Il y a aussi la propagande, qui rend la mort joyeuse et sacrificielle, qui ressort des devises de gladiateurs "sang et honneurs", qui compartimente, complimente, fait marcher au mérite et à l'impatience. Mais ils savent aussi manipuler des sentiments profonds comme l'indignation, ou orienter des aspirations vers d'autres buts. Le plus grand rêve d'Arthur est de voler. Certains passages alors que ce livre est pour enfant, m'ont rappelé une vision de "bleu du ciel" d'un autre auteur, adulte celui là. Des enfants en marche, inclus dans la machine de guerre comme des automates, oubliant amis et famille. Jeunesse et propagande, un sujet tout de même un peu inédit en jeunesse, et au coeur de tout cela autre chose, la vie sans doute : "Il est bien certain que dans ce monde rien ne rend un homme nécessaire si ce n'est l'amour." (Goethe)

A partir de 13 ans, "Envol pour le paradis" de Jean-Marie Defossez chez Bayard 

l'auteur 

Commentaires

Bonjour,

Je suis l'auteur.

Merci de m'avoir lu jusqu'au bout.
Merci de m'avoir compris.

Dieu que cela est bon !

Bonne route à vous,

Sincèrement vôtre,

JMD

Ecrit par : Jean-Marie Defossez | 26.03.2008

de rien et très honoré. Je continue la lecture de votre travail sur d'autres titres après cette expérience forte et conséquente. Maintenant il faut aussi travailler "la chose" en librairie et en radio des qu'on le peut... Tenez nous au courant pour la suite...

Ecrit par : ashab | 27.03.2008

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