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07.04.2008
Trop c'est trop !
Hier, on faisait encore sa fête au livre, c'est la saison. Des visages sur des noms, des amis, des auteurs, des regards d'enfants sur des dessins en train de se faire. C'est chouette, j'aime les fêtes. Pourtant pas grand chose à boire, la librairie est un métier où l'on boit. "Le travail est le fléau des classes qui boivent."... (réédition chez Allia des aphorismes d'Oscar Wilde). Sur le cours Emile Zola, il y avait des jeux pour les enfants, et quelque chose de très parlant pour les grands. L'équivalent en surface d'une cellule de prison avec son mobilier. Cette vision m'évoquait étrangement deux souvenirs contradictoires. Le premier plutôt réjouissant étrangement quand étudiants nous avions balader dans le quartier
de la cité u, l'équivalent d'une chambre d'étudiant. Nous l'avions installé en bout de course sous un abri bus. Pour avoir une échelle c'est à peu près la surface d'une cellule contenant trois lits avec un chiotte et un lavabo. Alors vous allez me dire, bien sur, il y a toujours d'autres priorités et bien sur celle là, on a bien vite fait de l'oublier, pourtant à la une des priorités il y a quelques années. Ce ne sera bien sur pas l'une de celles de ce gouvernement. L'autre souvenir qui est remonté était plus désagréable, la journée que j'ai passée en prison pour raison professionnelle, un jour pour créer un lien entre la bibliothèque municipale, notre association et la prison. Ce souvenir est encore très vivace, car je n'avais jamais ressenti une telle chose. N'allez surtout pas croire qu'on y passe des vacances paisibles. Je suis complétement d'accord avec les premières impressions de René Frégni dans son dernier ouvrage, même si ce n'était pas la même maison d'arrêt. Mais en France la spécialité semble de plus en plus tendre vers Midnight Express, quand on ne va pas vers la centrale à l'américaine. Et là dedans le livre, les mots ont encore une place dont il faudrait sans doute plusieurs notes très longues pour tout dire. Cette démonstration très éloquente de l'appel trop c'est trop présent sur le salon m'avait laissé dans la soirée avec quelques pensées. Un peu fatigué, je me plongeais dans un récit. Celui d'un homme dont j'ai du lire tous les livres pour des raisons multiples, mais sans doute à la recherche d'une certaine humanité et d'un peu de sud. Je replongeais, car René comme on voudrait l'appeler sans le connaître (et les gens de là bas l'appelle) à animer pendant quinze ans des ateliers d'écritures dans des prisons, une expérience qui a enrichi la rédaction de ses romans, tous disponibles chez folio, en poche. Alors que le masque et la plume s'achevait sur les bons sentiments d'Anna Gavalda, je rentrais dans le récit d'un homme qui en a aussi pour les voyous
et bien sur ce ne sont pas les mêmes. "Tu tomberas avec la nuit" est le récit d'une injustice qui lui fut faite par un juge stupide et tout puissant. C'est un récit court et assez simple, un autre appel mais j'y retrouve ce que j'aime à chaque fois que je le lis, un peu d'humanité d'abord celle qu'il cite avec James Hadley Chase : "La plupart des hommes mènent une existence double : l'une publique, normale, et une autre qui reste habituellement secrète. Naturellement, la société ne peut juger un homme que d'après l'existence publique, mais qu'une imprudence vienne à révéler sa vie secrète, l'opinion se retourne aussitôt contre lui, et généralement il se voit mis à l'index. C'est pourtant bien toujours le même homme." L'autre citation qu'il emprunte à Honoré de Balzac, et met en préambule du livre donne le ton de ce récit : "Plus on juge, moins on aime." Le reste, c'est des histoires d'hommes, d'hommes bons et de loups, de figures populaires et entières et puis aussi ce qui me manque parfois ici, en ville plus au nord : "Du cap Canaille aux plateaux vibrants de lumière entre Valensole et Moustiers, sous des étés de feu et les plus beaux orages. J'ai vu des arc-en ciel se tordre entre deux clochers et des vols de corbeaux qui déplaçaient des ruines. Sur ces petites routes écartées je découvre les silhouettes qui peuplent mes romans. Chaque tronc d'arbre, vielle bâtisse, fontaine, m'apporte le mot suivant et je n'ai plus qu'à regagner ma chambre et m'asseoir face à un mur blanc." C'est chez Denoël.
de la cité u, l'équivalent d'une chambre d'étudiant. Nous l'avions installé en bout de course sous un abri bus. Pour avoir une échelle c'est à peu près la surface d'une cellule contenant trois lits avec un chiotte et un lavabo. Alors vous allez me dire, bien sur, il y a toujours d'autres priorités et bien sur celle là, on a bien vite fait de l'oublier, pourtant à la une des priorités il y a quelques années. Ce ne sera bien sur pas l'une de celles de ce gouvernement. L'autre souvenir qui est remonté était plus désagréable, la journée que j'ai passée en prison pour raison professionnelle, un jour pour créer un lien entre la bibliothèque municipale, notre association et la prison. Ce souvenir est encore très vivace, car je n'avais jamais ressenti une telle chose. N'allez surtout pas croire qu'on y passe des vacances paisibles. Je suis complétement d'accord avec les premières impressions de René Frégni dans son dernier ouvrage, même si ce n'était pas la même maison d'arrêt. Mais en France la spécialité semble de plus en plus tendre vers Midnight Express, quand on ne va pas vers la centrale à l'américaine. Et là dedans le livre, les mots ont encore une place dont il faudrait sans doute plusieurs notes très longues pour tout dire. Cette démonstration très éloquente de l'appel trop c'est trop présent sur le salon m'avait laissé dans la soirée avec quelques pensées. Un peu fatigué, je me plongeais dans un récit. Celui d'un homme dont j'ai du lire tous les livres pour des raisons multiples, mais sans doute à la recherche d'une certaine humanité et d'un peu de sud. Je replongeais, car René comme on voudrait l'appeler sans le connaître (et les gens de là bas l'appelle) à animer pendant quinze ans des ateliers d'écritures dans des prisons, une expérience qui a enrichi la rédaction de ses romans, tous disponibles chez folio, en poche. Alors que le masque et la plume s'achevait sur les bons sentiments d'Anna Gavalda, je rentrais dans le récit d'un homme qui en a aussi pour les voyous
et bien sur ce ne sont pas les mêmes. "Tu tomberas avec la nuit" est le récit d'une injustice qui lui fut faite par un juge stupide et tout puissant. C'est un récit court et assez simple, un autre appel mais j'y retrouve ce que j'aime à chaque fois que je le lis, un peu d'humanité d'abord celle qu'il cite avec James Hadley Chase : "La plupart des hommes mènent une existence double : l'une publique, normale, et une autre qui reste habituellement secrète. Naturellement, la société ne peut juger un homme que d'après l'existence publique, mais qu'une imprudence vienne à révéler sa vie secrète, l'opinion se retourne aussitôt contre lui, et généralement il se voit mis à l'index. C'est pourtant bien toujours le même homme." L'autre citation qu'il emprunte à Honoré de Balzac, et met en préambule du livre donne le ton de ce récit : "Plus on juge, moins on aime." Le reste, c'est des histoires d'hommes, d'hommes bons et de loups, de figures populaires et entières et puis aussi ce qui me manque parfois ici, en ville plus au nord : "Du cap Canaille aux plateaux vibrants de lumière entre Valensole et Moustiers, sous des étés de feu et les plus beaux orages. J'ai vu des arc-en ciel se tordre entre deux clochers et des vols de corbeaux qui déplaçaient des ruines. Sur ces petites routes écartées je découvre les silhouettes qui peuplent mes romans. Chaque tronc d'arbre, vielle bâtisse, fontaine, m'apporte le mot suivant et je n'ai plus qu'à regagner ma chambre et m'asseoir face à un mur blanc." C'est chez Denoël.20:25 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tu tomberas avec la nuit, rené frégni, denoël, récit, justice, prison, appel
Commentaires
Voilà pourquoi nous devons nous garder de donner des leçons de démocratie au monde.
Ecrit par : Rosa | 09.04.2008
Rosa les usines prison chinoise sont horribles et incomparable même si pour nous c'est la honte !
Ecrit par : ashab | 10.04.2008
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