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22.04.2008

La vie en Haïku

    Dominique Mainard offre à la jeunesse un beau titre, son premier en jeunesse : "ma vie en dix-sept pieds", dans la collection neuf de l'école des loisirs. Le titre ne vous paraîtra peut-être pas très intelligible. Dix-sept pieds = cinq / sept / cinq pieds. Le format d'un haïku. Mais ne vous inquiètez surtout pas, elle ne cherche pas du tout à vous entraîner dans les méandres de japonaiseries complexes. Elle vous en offre juste 515789866.gifune illustration très réussie en chapotant chaque chapitre de son roman par un haïku. Exemple : "Un tee-shirt orange / Un bras nu contre le mien / Et je me souviens." S'ils chapotent ainsi chaque chapitre, ils sont aussi l'expression ramassée d'une sensibilité, celle de Gaspard, qui de son père et de son petit frère a hérité de cette forme d'expression. Il concentre ainsi son sentiment, une sorte de résumé poétique, un condensé d'impression, de sensation. S'il tient particulièrement à cette forme, c'est aussi parce qu'elle lui reste d'une vie d'avant, celle où son petit frère était encore vivant et où ses parents vivaient encore ensemble. Il profitait donc de cet art ramené du Japon par son père, pour ramener à son frère hospitalisé l'essentiel du dehors. Mais la vie de Gaspard, un peu malgré lui est en train de changer, de se redéployer. Un nouvel appartement avec sa maman, et hélas ou heureusement, une experience complétement inédite : le centre aéré. Et dans ce centre aéré : "Un peu de violet / Au milieu de tous ces cris / Elle disparaît." Et une forte impression ou la naissance d'un sentiment : "Tu ne bouges pas / Pas un geste ni un mot mais / Je sais qui tu es." C'est fin, c'est beau, c'est sensible, c'est vraiment chez les ados en ce 515789866.2.gifmoment une belle surprise. Parce qu'en plus d'évoquer l'absence plus que la perte, c'est à une véritable renaissance toute en nuance que nous invite Dominique Mainard. Ou plus qu'une renaissance, la naissance aussi à un sentiment inédit qu'elle a su rendre avec des attitudes et des sentiments à eux : l'amour. Ce sentiment étrange qui naît quand on a mille pensées et le courage de très peu d'actes ou l'on s'empêtre dans la maladresse, où il s'agit de se dégonfler une nouvelle fois ou d'y aller. La timidité vous paralyse, toujours mal placée. Gaspard revient à la vie après une anesthésie, petit à petit, amitié, amour, déménagement, tout reprend forme et couleur. Il vit cet âge où l'on pense à quelqu'un tout le temps, mais où il vaut mieux faire semblant du contraire. Parce qu'il y a une certitude dans tout ça et ce n'est pas un haiku : "Je sais qui tu es, tu es toi, tu es toi qui t'ennuies comme un rat mort au centre aéré et qui arrives à te barrer de là rien qu'en regardant tes pieds !". Il y a une chose aussi dans ce roman qui vous fera franchement rire, je l'espère, c'est la description qu'elle fait d'un centre aéré, de ses monos et bien sur de ses ateliers...

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