30.06.2009
Lydie Salvayre
"Engagement : le mot, en France, est lourd. Il fait horreur, quand il ne fait pas honte. et l'on n'en use, généralement, qu'avec la plus extrême circonspection; Pourquoi ? parce que Sartre, au sortir d'une guerre effroyable, et rêvant d'une littérature de combat ( ce qui, dans le contexte historique de l'époque se pouvait concevoir), dressa un mur infranchissable entre romanciers et poètes. Aux uns le retrait aristocratique, les mains blanches, les nuées, l'indicible ; aux autres l'engagement dans la réalité rugueuse, les mains sales, les écrits pour se
battre et pour changer le monde. Aux uns la chair des mots et le plaisir qu'ils donnent ; aux autres leur âpre signification; aux uns l'usage désintéressé, délicieux, j'allais dire irresponsable du langage ; aux autres son usage utile, efficace, rentable, son usage instrumental." "Mutilant partage" ajoute-t-elle... Amenons alors la question autrement : "Qu'est-ce que je suis prête à mettre en gage de moi-même lorsque j'écris ? ," Elle répond : "tout" et ajoute le verbe est chair. Je ne connaissais pas ces réflexions de Lydie Salvayre qui était passée aux Assises à Lyon sans doute en train d'écrire "Portrait d'un écrivain en animal domestique" qui vient de sortir en poche. Lydie Salvayre a un "grand appétit pour lui", le monde... Elle se déclare donc pour "un engagement voluptueux." Et elle est prête à se lancer dans un travail de funambule entre sens et chair. Elle dit sans doute en pensant à ce livre : "Je porte un grand intérêt, ces temps-ci, à l'économie, comment elle nous domine, comment elle produit de la pensée." Comme Stendhal, elle pense que c'est au centre du fait humain. " Ces vilaines choses dont, le plus souvent, on ne veut rien savoir.""Parce qu'elles renvoient à trop d'impuissance, à trop d'entraves, à trop de lâchetés." Une parution en poche importante...

00:34 Publié dans Dans la poche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lydie salvayre, point poche, seuil, christian bourgois, collection titres, assises internationales du roman, engagement
Ecrire un commentaire