10.01.2008

Casablanca

    A D.,

"C'est à force d'amour que je m'arrache du vôtre  / Et je serais à vous si j'aimais comme une autre."

    Peut-être l'idée d'un montage de souvenirs ? Ensuite des "ouvreuses" aux portes de l'évasion. Des noms : l'Action Christine, le Danton, le Champo... Autant d'images sans doute, de traces qui se réfugient dans des noms. Et Casablanca, un film et cette réflexion : "Tout film qui nous a plu un jour prend place dans notre mémoire au côté d'autres souvenirs." Nos souvenirs et ceux la même qui forment la conscience d'une histoire, de l'Histoire. D'ailleurs quelle est la 1d84a366339340ee73d9804b256eed67.gifvraie nature de nos souvenirs, de notre mémoire ? Peut-on établir un lien avec le montage au cinéma et la place qu'il jouera ou non dans la réalisation finale d'un film ? Pour Marc Augé, il y a l'éxode et la mémoire d'un homme devenu le cadet de son père, la sienne. Quel fil relie les images disparates de notre mémoire ? Pourquoi certaines sont-elles plus vives ou plus éparses ? Pourquoi finissent-elles par former un récit fait d'une série d'événements importants et dérisoires parfois sans lien direct dans le temps ? Notre mémoire s'imprimerait-elle dans les moments d'attente, de suspense, de transition aux limites des temps présent, passé, futur ? Le cinéma ne travaille-t-il pas en effet qu'une seule chose le temps ? Quels miracles n'accomplit-il pas en effet sur la durée !? Pour Casablanca qu'est-ce qui nous acorde à son dénouement : "C'est parce que nous avons besoin de croire à l'amour, à l'héroisme que nous adhérons d'instinct à la version la plus romantique de l'histoire et, dans le secret de notre mémoire, laissons s'opérer le montage intime et personnel de notre film, ce film dont le titre, casablanca, chaque foisque nous le prononcerons, résonnera dorénavant en nous comme un souvenir venu de loin."  C'est à un voyage intérieur fabuleux que Marc Augé nous invite à travers ce petit livre concentré sur un cinéma interne, un jeu de piste incertain avec soi-même avec le souvenir, le cinéma étant certainement l'art qui travaille une chose, qui nous préoccupe ou nous rattrape sans cesse: le temps, et comme art figure la solitude...

"Casablanca" de marc Augé au Seuil, librairie du XXIè siècle.

    Extrait : "Une jeune fille est entrée. Chignon sage et tailleur strict, elle a fait de l'effet. Elle est restée immobile quelques secondes comme pour laisser au public masculin disséminé dans la salle le temps d'admirer sa silhouette. Puis elle a fait quelques pas, lentement inspecté du regard les différentes travées, avant de rebrousser chemin pour prendre place près de la porte d'entrée. Le jeune homme avachi dans un fauteuil proche du sien s'est redressé prestement et, comme si l'on attendait plus qu'elle, les lumières se sont éteintes. Nous allions tous revoir Casablanca." 

18.01.2007

Parenthèse

    Parenthèse oui parce que ce blog est avant tout dédié aux livres mais c'est aussi un journal. Parenthèse aussi parce quemedium_11647068121.jpg la suite de la page précédente arrive bientôt, demain. Et parenthèse enfin parce que je ne peux m'empêcher de dire quelque chose. Oui parce que la presse est unanime et là il y a vraiment des questions simples à se poser sur son rôle critique. Et peu importe que ce soit un remake ou non, on s'en fout. Lire que la presse spécialisée voit dans le dernier film de Scorcese l'un de ses meilleurs, non mais ça va pas. C'est faux ! Je ne dirais que quelques trucs : mise en scène "brillante" mon cul. C'est mal fichu, "telephoné", un mélange abracatabrantesque. De l'humour tellement  vu, revu et corrigé. Nicholson en mafieux sanguinaire et tapé, on n'y croit pas une seconde. Et heureusement qu'un quart d'heure avant la fin son personnage meurt, ça nous remet dans quelque chose de plus essentiel, de plus rythmé et de plus crédible. Voilà vous avez tous compris, je n'ai pas aimé mais une chose me chagrine, la place de la critique dans tout ça. Vous pourrez toujours vous le garder pour un plateau repas à la maison, quoique je suis sûr que vous avez quand même mieux à faire...