09.09.2009
L'Odéon, c'est fini !
Impossible d'oublier cette étrange journée de samedi, ou pour une fois je ne travaillais pas dans la matinée. Ce fut l'occasion de "profiter" une dernière fois de salle du cnp Odéon, et de montrer aux politiques que quelque chose d'important arrivait dans nos vies cinéphiles même s'ils ne semblent plus avoir ce genre de pratiques depuis lontemps. Ne défend-t-on pas aujourd'hui ce à quoi l'on tient ni plus ni moins, me faisait remarquer D. très justement. Ce samedi est pour moi un véritable événement car après, rien ne sera plus jamais comme avant. Dimanche, dans le Progrès (quotidien lyonnais), rien ! Enfin si, 5 cm2 pour un événement qui aura réuni des gens de tout âge et de toutes les origines sociales
venus à plusieurs centaines (et plus de 1500 signatures) car ils ne se remettaient toujours pas tous de ce qui c'était produit en août, choqués. Mais non, le journal donnait de la place à la fête aux vins et aux boudins et au maire. Ce fut une fête, ce fut un enterrement. Il y avait bien sur un versant social et politique à l'affaire. Tout le monde le sait mais les cnp font moins d'entrées - écrans plats et abonnements viendront sans doute à bout de ce genre de lieux- C'est un puits sans fond. Loin de nous présente ce jour-là l'idée que parfois des licenciements s'imposent comme une restructuration mais nous n'étions pas là pour ça. Nous étions là parce qu'un patron-voyou -on dirait que la chose choque plus dans l'industrie- a profité des vacances de ses employés pour vider les lieux. "C'est à lui", voilà la raison. Un gentil patron ne payant pas l'urssaf de ses employés leurs formations, n'ayant aucune médecine du travail.... Voilà un cas classique me direz-vous. Rien de très exceptionnel, un type qui n'a pas foutu les pieds depuis son rachat (c'est-à-dire, il y a presque dix ans) et a laissé ses employés faire les réparations, et le reste. C'est vrai que certains justifient leur sort sur le fait qu'on y était parfois mal assis. On ne peut pas grand chose en France contre un patron-voyou, alors que le sort d'un employé est très vite scéllé. Les politiques ne peuvent rien contre lui non plus. Donc, nous on était là avec les employés pour les soutenir, quoi de plus normal. Ils faisaient parti du lieu, on les saluait régulièrement, on était presque chez nous, tout seul à deux ou en groupe. On a vu là des choses fabuleuses qui comptent encore dans notre conscience. C'était même une manière "politique" d'être dans les années 80-90, aller au cnp... Samedi, on en a aussi appris un peu plus sur le grand homme de théâtre et "grand homme de gauche" Roger Planchon, le propriètaire précédent... Difficile de ne pas dire que tout cela est honteux. Sans être naïf, c'est dur d'être du peuple de gauche depuis quelques années. Heureusement la maire du 1er arrondissement était avec nous, comme toujours citoyenne avant de dire quelque chose comme élue, ne venant pas que pour le rendez-vous presse-bonnes intentions. Pour ceux que les détails peuvent peut-être émouvoir pour les soutenir sachez que le patron démonta les appliques années 30 pour les revendre comme le reste, et que voulant récupérer un projecteur, on déchira au couteau le rideau, vous savez le rideau du cnp odéon. On était donc devant l'Hotel de Ville pour montrer aux employés qu'on était avec eux et pour montrer que les cnp ne sont pas des salles en surnombre -argument institutionnel honteux- mais une proposition de cinéma essentielle, aux politiques de l'entendre, les seuls pouvant faire encore quelque chose. Ne pouvaient-ils pas dèjà il y a quelques temps délimités juridiquement cette parcelle lors de la vente du quartier à un fond de pension ? Bien des choses sont possibles quand il s'agit de "patrimoine". Mais dans le chaos ambiant il est bien sur toujours plus facile de montrer du doigt l'autre et de se renvoyer la balle, jouer au ping pong verbal devant un peuple impuissant. C'est comme la crise : c'est lui et son système. Non c'est aussi B. et F. en leur temps qui ont défait certaine chose permettant ça. Doit-on bientôt prendre notre carte au pathé, quelqu'un me disait que 50% de leur chiffre d'affaire est réalisé par la bouffe. On devrait à nouveau vendre des glaces au cnp. Ca aide à voir à réfléchir, c'est vrai j'oubliais et puis la seule chose géniale sortie ces derniers temps c'est le dernier Tarentino. Qu'est-ce que c'est que ce vieux cinéma qui ne vendait rien d'autre ? J'étais bien au milieu de tous ces gens. On avait tous un peu vieilli avec des films dans ces salles. C'était triste de se revoir dans ces conditions. On s'étaient nourris "d'arts
et d'essais", les gros mots. "On a jamais bien vu le monde si l'on a pas rêvé ce que l'on voyait" Gaston Bachelard. Heureusement les employés, pas revanchard, ni aigri nous offraient cette journée avec l'association les inattendus pour une dernière. Des réalisateurs avaient envoyé des copies. Il y en avait pour jusqu'à minuit au moins sans sièges (enlevés au mois d'août). Je garde la vision d'un générique et des portes battantes. Le cnp Odéon est mort. Vive le cnp Odéon ! Son patron prévoit de se débarasser aussi des terreaux... Je vous pose très sincérement la question : Le cinéma à Lyon ressemblerait à quoi sans le cnp? Vous allez me dire, il y a le comoedia et l'institut, non ce ne sera jamais la même proposition, et si l'on doit s'équiper individuellement pour être culturellement aujourd'hui je vais m'enfoncer en paraphrasant Godard (qui ?) (il faut quand même rappeler que les deux derniers films de ce grand réalisateur passaient à 17h au cnp ces dernières années pendant deux semaines et juste là, ça en dit long sur le cinéma à Lyon qu'on aime ou qu'on n'aime pas Godard). Avez-vous déjà vu un Van gogh en vrai et dans un livre. Vous ne verrez pas du tout la même chose je vous le garantis et vous en perdrez même l'essentiel. Avec le cinéma c'est pareil, c'est une oeuvre réalisée sur un certain support et fait pour être visionner dans certaines conditions et un format. Un gros plan ne fait pas le même effet sur une télé plate ou pas, grande ou pas et sur un écran. Je citais tout à l'heure le progrès, mais j'avoue aussi ne pas avoir apprécié la couverture nationale de l'événement, quasi nulle. Tout cela est minable de A à Z et bien du monde s'en fout, c'est triste et dramatique pour nous, comme pour les représentants de la culture (Lyon, 3ème ville de France...). Ne peut-on pas arriver à une société mixte ? Et n'est-ce pas la seule solution ? Il y a urgence quand on sait la durée de vie d'un film aujourd'hui... (parfois une semaine).Et puis peu importe, aujourd'hui tout le monde a son pathé... Ecoeurant !
00:56 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cnp odeon, cnp, journée de solidarité, lyon, manifestations, les inattendus, patron voyou, elus, socialisme
02.06.2009
Allo Eric !?
Allo Eric ?! ça va pas !? Ah je sais pas, joue de la trompette ou tu sais, tout est possible, va voir le dernier film de Ken Loach sur une idée originale D'Eric Cantona, tu sais le gars qui un jour a dit : "Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est parce qu'elles pensent que des sardines seront jetées à la mer." "Histoire de rappeler que l'optimisme ne calme pas la colère." (Samuel Douhaire / Tolerama)

01:24 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : looking for eric, ken loach, eric cantona, steeve evets, staphanie bishop, cinema, optimisme, colère, telerama
10.01.2008
Casablanca
A D.,
"C'est à force d'amour que je m'arrache du vôtre / Et je serais à vous si j'aimais comme une autre."
Peut-être l'idée d'un montage de souvenirs ? Ensuite des "ouvreuses" aux portes de l'évasion. Des noms : l'Action Christine, le Danton, le Champo... Autant d'images sans doute, de traces qui se réfugient dans des noms. Et Casablanca, un film et cette réflexion : "Tout film qui nous a plu un jour prend place dans notre mémoire au côté d'autres souvenirs." Nos souvenirs et ceux la même qui forment la conscience d'une histoire, de l'Histoire. D'ailleurs quelle est la
vraie nature de nos souvenirs, de notre mémoire ? Peut-on établir un lien avec le montage au cinéma et la place qu'il jouera ou non dans la réalisation finale d'un film ? Pour Marc Augé, il y a l'éxode et la mémoire d'un homme devenu le cadet de son père, la sienne. Quel fil relie les images disparates de notre mémoire ? Pourquoi certaines sont-elles plus vives ou plus éparses ? Pourquoi finissent-elles par former un récit fait d'une série d'événements importants et dérisoires parfois sans lien direct dans le temps ? Notre mémoire s'imprimerait-elle dans les moments d'attente, de suspense, de transition aux limites des temps présent, passé, futur ? Le cinéma ne travaille-t-il pas en effet qu'une seule chose le temps ? Quels miracles n'accomplit-il pas en effet sur la durée !? Pour Casablanca qu'est-ce qui nous acorde à son dénouement : "C'est parce que nous avons besoin de croire à l'amour, à l'héroisme que nous adhérons d'instinct à la version la plus romantique de l'histoire et, dans le secret de notre mémoire, laissons s'opérer le montage intime et personnel de notre film, ce film dont le titre, casablanca, chaque foisque nous le prononcerons, résonnera dorénavant en nous comme un souvenir venu de loin." C'est à un voyage intérieur fabuleux que Marc Augé nous invite à travers ce petit livre concentré sur un cinéma interne, un jeu de piste incertain avec soi-même avec le souvenir, le cinéma étant certainement l'art qui travaille une chose, qui nous préoccupe ou nous rattrape sans cesse: le temps, et comme art figure la solitude...
"Casablanca" de marc Augé au Seuil, librairie du XXIè siècle.
Extrait : "Une jeune fille est entrée. Chignon sage et tailleur strict, elle a fait de l'effet. Elle est restée immobile quelques secondes comme pour laisser au public masculin disséminé dans la salle le temps d'admirer sa silhouette. Puis elle a fait quelques pas, lentement inspecté du regard les différentes travées, avant de rebrousser chemin pour prendre place près de la porte d'entrée. Le jeune homme avachi dans un fauteuil proche du sien s'est redressé prestement et, comme si l'on attendait plus qu'elle, les lumières se sont éteintes. Nous allions tous revoir Casablanca."
09:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : casabanca, marc augé, seuil, librairie du xxI siècle, cinema, souvenir, memoire
18.01.2007
Parenthèse
00:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : les infiltres, martin scorsese, cinema, jack nicholson, leonardo dicaprio, matt damon, critique