20.05.2008

Mai 2008

"Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n'empêcheront pas la venue du printemps."

"Ne prenez plus l'ascenseur, prenez le pouvoir !"

A Jean-Bernard,

    D'abord un grand merci à Jean-Bernard Pouy, qui depuis que je lis, me fait rire tout court, jaune ou noir c'est selon, et ça heureusement très régulièrement. Oui aujourd'hui, on oublie un peu la tendance My Blog, My Face et Mes Couilles et on peut lire un livre 104496402.gifminuscule mais excellent de Jean-Bernard Pouy. Je sais "Mai 68, ça fait chier, on arrête pas d'en parler". Mais allez! on n'est pas là pour s'ennuyer  : "L'ennui est contre-révolutionnaire. L'insolence est la nouvelle arme révolutionnaire. Plutôt crever que céder." Ah oui, révolution ça vous amuse aussi, un truc de vieux schnock excentrique de 68 ça. La révolution ? une INITIATIVE. C'est pas moi qui l'ai dit, c'est Pouy qui l'écrit. Et puis vous en connaissez tous un, hein d'Ex Soixante-Huitard Attardé. Le triple anathème ! Le Ex qui fait mal, le -Hard qui fait chier et le attardé qui rend fou... Bref vous aussi, vous pensez que c'est "lafotasoixantuite", tout ce qui patine, tout ce qui fait peur... Et oui, c'est plus simple, en plus le grand Bozzo l'a dit ! Mais Pouy lui, il a vu comment cette vacherie de repas du dimanche est revenue, alors qu'il avait passé quarante ans à la foutre en l'air. Il suffit 104496402.gifd'avoir deux enfants, une fille, un garçon, de 26 et 30 ans. Ils font le joint. Et bien ils se sont démerdés pour remettre ça. Par le biais... Les potes, puis les gonzes et les gonzesses... Une génération Nicolas Hulot qui n'a jamais peur des approximations idéologiques, ni de balancer au milieu du repas au père excentrique le triple anathème, surs du sens majeur... On prend vite l'habitude de dire n'importe quoi pendant le gigot tiède haricots verts mous... Bref, lisez Jean-Bernard Pouy avant que les repas du dimanche ne vous pourrissent la vie, et répétez ceci quand vous en avez l'occasion : "On ne coopére pas avec une société en décomposition. Quand c'est insupportable, on ne supporte plus. Nous ne voulons pas d'un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de mourir d'ennui. Avoir le plaisir de vivre et non plus le mal de vivre..."

"Mes soixante huîtres" de Jean Bernard Pouy aux éditions Folies d'encre, encore un, à la vôtre ! 

16.02.2007

Le meilleur des mondes

    D'après Livres Hebdo n°676, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles dans le milieu de la librairie. On peut lire quelques lignes directrices d'une étude ambitieuse sur la librairie en Rhône Alpes. Le tout pour permettre aux pouvoirs publics d'agir en conséquence. Je ne reviendrais pas ici sur le taux de fréquentation en baisse des hommes et femmes politiques en librairie. Beaucoup de chiffres n'évoquent rien sans comparaison à d'autres professions et je ne reviendrais pas non plus ici sur la charge salariale dans la profession... Je ne reviendrais pas non plus sur le sens du sacrifice qui sans cesse nous honore et devient presque un argument managerial nous invitant à encore plus de sacrifices. Le maitre mot est un métier "commerçant et militant", pourquoi pas...
    Alors comme la période le permet, j'attire les pouvoirs publics sur une petite chose qui n'a l'air de rien. Je ne distingue pas ce métier des autres et pour moi, il s'inscrit dans un ensemble fragile ou bibliothécaires, libraires, critiques, éditeurs doivent bien jouer le rôle qu'il joue dans cet ensemble, et peser le poids qu'ils pèsent si tant est q'on les soupèse, agissant de concert et mettant en place bon an mal an une défense légitime de la lecture et de la littérature. De profondes mutations apparaissent, que je ne vois pas dans ce rapport. Comme par exemple le fait que de plus en plus en bibliothèque, on somme les bibliothécaires de justifier le temps qu'elles prennent à venir faire un choix en librairie, pretextant qu'elles pourraient très bien faire leurs achats comme tout le monde sur internet. Pourquoi pas ? Et comme le disait si bien Jean Delas, directeur de l'Ecole des loisirs (dans un autre livre hebdo), l'heure n'est plus à défendre un fonds, alors cette alternative justifie cette usage. Mais quelle perte professionnelle quand on sait que l'on ne trouve sur internet la plupart du temps que des notices quasi publicitaires, alors comment faire un choix ? Et puis, tout,  bêtement on peut se permettre encore en librairie de mettre une pile d'un ouvrage qui  le vaut parce qu'on sait que certaines bibliothécaires vont venir  l'acheter et qu'ainsi le public pourra aussi le voir, le consulter, lui donner une chance en l'achetant aussi. Mais là, on courcercuite ni plus ni moins cet acte. Et puis parler, échanger ce n'est peut-être pas quantifiable mais c'est important, beaucoup de livres aujourd'hui mettent au moins 6 mois pour commencer à exister par échange, discussion au sein de ce milieu.
    Je veux bien qu'on incite la profession à travailler avec Evene (c'est pourtant pas terrible et plus marchand que bibliographique), à faire des clics dans ses bureaux mais chaque métier s'enrichit et se construit par des échanges professionnels et un réseau de métiers et pas en claquemurant les gens dans des protocoles les réduisant à agir machinalement. Je veux bien que chacun ait ses coups de coeur et crache sur le voisin mais essayons d'avoir une vue un peu plus large et interrogeons nous dans chaque réforme sur l'incidence qu'elle peut avoir sur les professions d'un même mileu. Je note ici que la venue en libraire de bibliothécaires peut aussi être très "profitable" au libraire par le conseil qui agit dans les deux sens.
    Vous me direz bien sûr qu'il y a la critique pour ça, les journaux professionnels mais alors que celle ci fasse son bilan et un bilan réel qui lui permettra peut-être de comprendre pourquoi elle n'a plus aucune incidence sur les ventes, qu'elle arrête de se fourvoyer à vendre n'importe quoi sans plus rien critiquer (la valeur donnée aujoud'hui au conseil le montre)...
    Qu'on arrête ces portraits de grands médaillés du sacrifice sur le champs d'honneur (les libraires), qu'on fasse attention à ce que les bibliothèques ne deviennent pas que des prestataires de biens de consommation et qu'on permette un vrai dialogue entre ces professions. L'évolution d'une profession ne va pas sans l'analyse d'un ensemble qu'on appelle souvent le monde du livre et un tas de petite chose sont en train de sapper une manière de travailler, des métiers qui demandent du temps et de l'ouverture d'esprit pour faire les choses. Le fait d'acheter pour des bibliothèques n'est pas un acte vulgaire, c'est un acte qui doit être réfléchi et muri avec les différents acteurs de la profession.

28.12.2006

Livre hebdo

    Il se pourrait bien que le livre hebdo n°670 devienne pour moi comme le poulet numéroté de Philippe katerine sauf qu'il est indigeste celui là. (Avertissement : je suis un lecteur assidu de ce magazine professionnel hebdomadaire et j'apprécie vraiment même certaine de leurs critiques). Mais là non, qu'est ce que n'importe quel bibliothécaire ou libraire normalement constitué va pouvoir  faire ou tirer du dossier : 542 romans pour l'hiver ? Et je profite de ce blog pour le dire un peu plus fort et parce que la chose est confondante.

    Pour ceux qui ne l'aurait pas vu. Sur chaque pages deux filets très etroits de fond vert, où l'on trouve : photo, mini biographie et première phrase du roman de quatres auteurs par page. Audacieux comme mise en page mais c'est nul, vide, creux. Les mini petites bios laissent un peu songeur et la plupart des premières phrases n'ont aucun intérêt et ceci sur des pages et des pages, d'une banalité déconcertante.

    Et pour dire vraiment ce que j'en pense, pourquoi pas (quitte à poursuivre dans l'absurde) mon avis en vieux parlé lyonnais... Parce que le truc me fait délirer (perdre la boule).. Un truc qui peut vous amener toutes les embiernes possibles et inimaginables avec la clientèle. Bien sûr nombreuses fenottes mais c'est à vous rendre très cagne-mou, voire cuane. Ce truc cafi de petits ego, ce cuchon vous ruine la cabèche même si vous y allez a cha peu. Avenglé, on apinche mais rien. On marche à borgnon et on est parti pour bajacer et barsaquer sans fin. De la gnognote, même pas une gothon ou une boson pour un peu se distraire dans le vide, que ce qui qui vous rend niquedouille de la librairie. Et je n'ai pas cané. Mais c'est comme marcher à borgon ! 

    (j'ai tiré ce vocabulaire d'un cd-rom : "Le vieux Lyon" réalisé par Paul Henry chez Cinq Majeur)

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19.12.2006

Le legume

    Je l'ai trouvé. On m'en parle depuis longtemps. Ce légume est une légende. Une légende de guerre. L'aliment principal du français pendant la seconde guerre mondiale. En 43 les rangs de la resistance doublent voir triplent, il n' y a plus rien à manger et on envoie loin les hommes.... Pour la première fois aujourd'hui je le vois, ce légume qu'on ne mange plus en souvenir de son goût.
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29.11.2006

bonjour

Chers amis et chers lecteurs,

Ce blog prend peut-être fin aujourd'hui et peut-être aussi 8 ans de librairie. Je fais partie d'une génération à qui les parents ont enseigné que le travail était une valeur. Je suis aussi un type qui n'a rien contre le commerce ni contre le bénéfice. Je tiens mon rayon depuis maintenant quelques années et affiche dans un climat morose pour la profession des résultats supérieurs à la moyenne et positifs, mais des formes nouvelles de management sont nées. Pour maltraiter les gens. Mais qui sont ces gens et sont-ils capables, eux, de prendre les choses en main et de faire mieux économiquement, si c'est bien cela que l'on attend d'eux ? Alors je ne joue plus parce qu'en rien je ne veux renier dans ma vie certains principes d'humanité que j'ai choisi de défendre dans le commerce des livres, et puis ce climat s'installe dans bien des lieux et avec bien des gens... Alors chers amis et chers lecteurs, merci d'avoir suivi cette petite entreprise passionnée mais inutile... Entretenir ce genre de distraction ne ferait chez moi qu'entretenir un idéalisme qui n'est pas de mise. "Vivre et penser comme des porcs", voila le dernier livre que je vous invite à lire.

"C'est un extrême malheur d'être sujet d'un maître, duquel on ne peut jamais être assuré qu'il soit bon, puisqu'il est en sa puissance d'être mauvais quand il voudra."

19.11.2006

Mots à mots

Non les filles, ne nous fâchons pas, un mot est un mot. Appelons un chat un chat. Fashion n'est pas dandy. Et viril n'est pas macho. Et inversement. Voilà, restons en là. C'est dit. Et bon dimanche...

23.10.2006

Le fric

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    Non mais vraiment, qui s'intéresse au salaire du libraire ! Personne ! Oui personne ! Votre patron, qu'il soit gros ou petit, noie tout sous pretexte que c'est la passion qui vous meut. La presse réserve ses pages aux problèmes de l'édition ou à celui des bibliothèques. Vous, vous n'avez pas de problème, on vous assimile même souvent au marchand du temple, boutiquier venu vendre sa marchandise... Du mépris, voire de l'indifférence généralisée. Et pourtant, tous les jours, vous lisez, défendez, faites circuler, et tout ça, dans la bonne humeur et avec passion. Ne défendons-nous pas pourtant la plus grande richesse de l'homme ! Pris dans le truc, vous en oubliez presque les fins de mois difficiles, tous les mois, l'avenir 0; pour les voyages, on s'arrange dans les livres, pour les restos pareil...

    Et pourtant ce matin dans Libération, au détour d'un article sur un livre, la vérité éclate au grand jour ! Sur la parution du livre "La france invisible", Judith Rueff - qui chapeaute son article "Dans les failles du monde social" - relève le cas  d'Hélène qui "ne reconnait plus son métier depuis le rachat de la librairie par un grand groupe. Contrôles infantilisants, culture du chiffre... Son emploi n'est plus qu'un gagne-pain". Je relève le mot "gagne-pain" car pour être franc et parler chiffres comme tout le monde (sans pudeur), nous ne gagnons guère plus....

    Quelques pages plus loin, un autre article parle des promesses politiques faites sur le smic ces derniers temps, et de leur authenticité. Quand on lit "smic", on peut aussi se sentir concerné par cet article si il faut parler franchement. Ce qui m'amène à vous parler d'un petit livre pas très cher et fort utile pour vivre cette fin d'année qui va sans doute atteindre des sommets dans l'art du baratinage. Il serait à joindre dans sa bibliothèque à ces petits livres que les éditions Mille et une nuit éditait régulièrement à une époque. Petits essais comme "La désobéissance civile" de Thoreau qui sont de pure petite merveille de l'esprit, fruits de la pensée...

      Je veux parler de "L'art de dire des conneries" de Harry G. Frankfurt édité chez 10/18 pour cette rentrée. Ou comment l'art des baratineurs est mis à jour... Partant de l'omniprésence de cette pratique dans notre société, l'auteur s'attache à trouver le caractère fondamental du baratin ? Le baratineur ne serait-il pas plus grand ennemi de la vérité que le menteur ? Je vous laisse découvrir à quelle conclusion nous amène son auteur : une véritable leçon qui vaut pour bien des choses et devrait nous amener à corriger bien des égarements....

    Je dedie cette page à un éditeur qui un jour proposa quelque chose pour contribuer au salaire du libraire sans que personne ne lui ait rien demandé auparavant... Une proposition commerciale et généreuse, une idée que les autres éditeurs présents ce jour là n'ont pas diffusé bien sûr, n'y trouvant sans doute guère d'intérêt... C'est aussi un des derniers éditeurs "jeunesse" indépendant, pour ne rien gâcher. C'est aussi une maison sérieuse. Il se reconnaîtra si un jour il passe par là.... 

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