10.03.2007

La femme

    Hier, c'était la journée de la femme. Perdu dans mes pensées je n'ai pas fêté cette journée sur mon blog. Quelques titres et auteures auraient pu me venir à l'esprit comme "Le rivage des murmures", "Le bordel des mers" ou "Le pays des marées". Je pense souvent à Genevieve Brisac et à ses livres : "Petite", "Les jardins de Babylone". Je vends souvent "Le coeur est un chasseur solitaire" de Carson McCullers. J'ai découvert cette année Taos Amrouche. Je pense souvent à Grazia Dellada. Je me souviens d'une cliente de cette année qui m'expliquait alors que je remplissais sa fiche client qu'on doit toujours employer Madame et pas Mademoiselle, étant donné que c'est une atteinte à la vie privée. Mondamoiseau a été supprimé, signe d'une disponibilité... Je regrette très souvent que seules les femmes se chargent le plus souvent de venir acheter des livres pour leurs enfants. Je remercie toutes les femmes qui en majorité font vivre la librairie parce qu'elle lise plus que les hommes. J'aime Christine Angot et ses livres. Y-a-t-il une journée de l'homme au fait ? Lisez les polars d'Anne Laure Cayre ou de Donna Leon, elle vient de sortir recemment un recueil d'essais chez Calmann-Levy. Je n'ai rien contre une Présidente de la République et je sais à quel point les garçons peuvent vraiment vous embêter parfois. Même si Simone Weil m'a surpris hier et que je ne trouve pas dans ses arguments des choses très pertinentes, sans parler des choses qu'elle ne dit pas. Même si hier hier un commentaire qui n'avait rien avoir avec la choucroute signalait ce jour sur mon blog, je pense à vous et vous laisse toute la place dont vous avez besoin. Je vous recommande en jeunesse "je t'appelerai Baina", "Seraphine", Anne Laure Bondoux, CSU, Sarah, Kuperman, tant d'auteurs et d'illustratrices qui quotidiennement me ravissent me surprennent et me font rire et vous pouvez depuis hier visiter en lien "Culturelles", un blog qui vous est dédié à droite de cette page....
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29.01.2007

Dans les rapides

    "En 2008 les couleurs étaient incroyables / d'ailleurs elles étaient inommables / On en parlait comme des dieux / En 2008 se regardait au fond des yeux / c'était comme faire l'amour à deux...". En 1978, Philippe Katherine était un petit garçon... Moi medium_maylis.gifj'avais 8 ans tout rond et les vinyles et la mobylette, c'était pour ma grande soeur. Moi j'étais encore au bord du ruisseau pendant que Maylis de Kerangal ou l'une de ses trois héroines était dans les rapides. Tout commençait au Havre, à un arrêt de bus, trois filles en 1978. 15 ans et l'envie de vivre. Dans le béton Perret, sous Giscard, pas loin de l'Amoco Cadiz et de Londres. Dans les rapides prenant naissance dans une R16, un velours côtelé framboise et des clarks à lacets violets, dans un dimanche provincial, "placidité des artères, bruissement, la vie qui toujours se cache ce jour-là". 1978, trois filles sortent de la voiture avec dans les oreilles Blondie, Parallel lines, idéal pour se lancer. Le rock n'est jamais mort. "Etre rock. Etre ce qu'on veut."(c'est pas vraiment de la musique rock, mais bon c'est un rock pour trois filles du Havre en 1978, bon...) Et puis :"On lui doit ça à la musique : partir de chez soi et se mettre en route". "Nous avons plongé dans les rapides". "Empiriques comme des marins, accrocheuses comme du lière, polymorphes comme des éponges". 1978, agir seul et à trois. Le ska prend du poids, les premiers adeptes de Joy division, les effectifs baba-cools qui s'amenuisent et Kate Bush a 18 ans, encore une fille, une vraie, mais dans le trio d'alors elle en laisse encore une perplexe.
    Et puis "le rock passe par les garçons parce que ce qui est marrant et libre siège encore de leur côté." (l'expertise du rock medium_blondie.2.jpgne détecte-t-elle pas aussi un fantastique outil de drague ?). Comment une fille donne sa fantaisie, la construit ? Des filles libres prises dans le courant, "la profusion torrentielle et le multiple qui etourdit" dans cet emetteur-recepteur d'outre-manche. Boire des cafés, goûter à la bière et aux baisers, regarder une couverture d'album manifeste, juger du portrait, sortir un vinyle de son papier cristal, s'allonger en travers du lit. Trois filles et "un temps qui contient tous les autres, apte à faire respirer le passé autrement que comme le temps toujours un peu crapuleux du souvenir, capable de lui donner du volume, c'est-à-dire de l'espace et du son, exactement ce qu'il faut pour raconter ce qui advint de trois adolescentes fermement amarrées les unes aux autres et soumises ensemble à deux forces à priori contraires à deux voix". Dans les rapides de Maylis Kerangal chez Naïve... Un album, Parallel lines de Blondie.
    La bande son est un peu cheap mais c'est bien écrit, vraiment très bien écrit et puis c'est un peu plus compliqué que ça le souvenir et la musique, pour chacun, toujours mieux que la posture un peu ironique mais amusé et séduite d'un libraire qui dans son coin fait son blog en 2007... Et il l'a lu et a ainsi un peu vécu d'une manière identique cette année là pour ces trois filles, et sans ironie ! C'est intime et toujours beau et amusant ces histoires-là, un peu plus que la musique qui passe par là. Elle a quand même pas opté complètement pour Kate Bush. J'ai hâte de lire l'article des inrocks moi... Et puis il nous faut autre chose après Blondie sans quoi l'amitié (l'essentiel) ça s'éffiloche avec ou sans (mais pas Kate Bush)...

17.11.2006

O.L.N.I

    Il y a parfois sur nos tables de libraire des O.L.N.I (objet livre non identifié) et il ne faut surtout pas mener une enquête sur leur provenance ou les classer. Ils sont inclassables, éléctrons libres.... Hybrides, fous, fins, beaux, bons.... Il arrive parfois qu'un scientifique des sciences humaines écrive un roman, profession anthropologue. Homme, il est aussi jouet de ses sentiments, ouvert à la vie, à ses rencontres inattendues, sensible. Elle, celle dont il parle, il a eu loisir de l'observer après avoir croisé son regard. Tout son être a répondu à cette rencontre, comme le chercheur en lui. Mais ici bas et aujourd'hui, il y a des gens qu'on ne regarde pas comme les autres, l'altérité est réglementée, l'étrangeté endiguée. Comment voit-on au travers du regard des autres ? le jeu des postures... Ne sommes nous  pas tous victime et victimes conscientes d'un abus que nous faisons de plus en plus et de plus en plus souvent de sociologie spontanée ? Qué ? Et si la littérature, la vraie, ouvrait des pistes de réfléxion : Bataille, Breton, K.dick, Borges ? Provoquer une conversation à son sujet, la faire exister par le langage...

    Elle : le 2 juillet 2003 "Elle se rend de voiture en voiture pour collecter un peu d'argent." .... 

Rendez-vous au carrefour aux Quatre-Vents... 

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Eric Chauvier
"Anthropologie"
Allia