01.06.2009
Allo Juliette !
Il faut un début à tout... D'ordinaire je n'emprunte jamais d'audiophone dans les musées. Je préfère apprécier la peinture sans discours pseudo-savants et ces visages sérieux accrochés aux appareils me rappellent trop notre usage compulsif et indivualiste du portable. Mais pour
une fois pourquoi pas j'essaie. Il faut toujours contredire ses principes. J'ai donc pu apprécier la lecture d'un texte de Chateaubriand sur un portrait de Juliette Recamier dans sa bibliothèque, le seul considérant la fenêtre ouverte sur l'extérieur comme un élément important, alors que la notice se contentait de relever les attributs ostentatoires de la culture et de la mode. Et mieux, je vous conseille de visiter les deux dernières salles du premier niveau en tapant 19 sur l'appareil, ce qui vous donne une explication sur le salon de la reine Hortense de Rome mais surtout cela vous permettant d'acceder à une option en appuyant sur la touche jaune et de
visiter ces deux salles avec à l'oreille une musique d'époque. Belle expo au demeurant avec ou sans audiophone où excusez-moi Juliette cette familiarité, on peut voir représenter de bien jolies filles. L'époque a déjà hélas quelques Carla dans leur décor mais vous Juliette, Fortunée Hamelin, Germaine de Stael et Laure de Berneuil offraient aux peintres et aux scultpeurs de bien jolis sujets... Et vous Juliette maintenant que j'ai autour du cou ce cordon très v.i.p. et à l'oreille "l'histoire de vos mystères" je suis sous le charme. Bien qu'étrangement et comme le dit un psychologue vous êtes un sphinge, avant d'arriver en effet au portrait fait sur votre lit de mort, on a de vous bien des portraits différents pourtant peints à des dates très rapprochées.. Est-ce la même personne ? Qui le mieux a saisi votre visage et votre personnalité ? Blanche colombe et
sensuelle dans le marbre de Joseph Chinard, vous avez beaucoup d'attraits cette joliesse, une sensualité angélique... Peut-être Firmin Massot vous a trouvé devant Germaine à la lyre plus authentique ? relevant vos charmes, vos affections, Magritte clot la ronde des appels à des appels à tout le monde, à vos affections et confirme que vous étiez peut-être bien resté un joli fantôme qui traverse le temps. C'est la mode qui l'a voulu. Et sur ce que l'art fit de vous, on dirait que vos paupières vont s'ouvrir et votre sourire s'accentuer sur votre buste, que vos joues vont rougir dans la nature ou de désir. Et je traverse vos restes armé d'un audiophone à l'oreille tout aussi sérieux que mes congénères, Allo Juliette !

00:29 Publié dans Exposition | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : juliette recamier, exposition, audiophone, portrait, jolie fille, sphinge, gerard, chinard, massot
23.05.2008
Ungerer à Lyon
mais riche. On commence cette expo par justement la manière, dont il revisita les contes classiques. Il y a là un dessin pour Aladin, généré par une étrange machine à laquelle est greffée une bombone contenant une grenouille et une pipe générant la nuée d'où jaillit le génie. On peut aussi y voir deux versions d'une des planches de "la grosse bête de Mr Racine", une à l'encre, l'autre au lavis d'encre de couleurs. Quelques affiches aussi... Nous connaissions déjà en affiche de l'école des loisirs, "un livre c'est un meilleur ami" représentant un chien étrange avec une truffe en forme de livre. Mais il y en a d'autres, participation fantaisiste à l'économie : comme cette pub pour Sigwerk Fabrik où l'on voit des ouvriers récupérés l'arc-en-ciel comme un gros ruban mou pour l'enfourner dans une machine.. En 77, il réalise pour
Ideal Standard (marque de machine à laver sans doute) une image très amusante où l'on voit le derrière d'un hippopotame brossé dans une baignoire par une jolie dame nue. On en trouve même une pour Bonduelle, qui vaut bien des délires télévisuels. On peut y voir aussi des collages très sobres complétant un dessin, comme ce squelette dont la cage thoracique est occupée par un oiseau. Des dessins, il y en a pas mal, comme cette série de couples aristo ou cette dame qui nourrit une bouche dans son ventre. J'y découvre des dessins d'une toute autre nature que je ne connaissais pas de Tomi Ungerer, de la satire politique dont il semblait apprécier l'exercice : "black power white power" ou ce viet kong perché sur un char us qui tient au bout d'une canne à pêche devant le canon du tank, une focille et un marteau. La visite se poursuit sur une série : "slow agony", une mort lente, l'illustration de la lente agonie d'une civilisation. Sur l'une d'elle, cette étrange totem : une roue, le reste d'une calendre dans un payasge au bord de la mer, crayon gras, encre de chine, lavis d'encre de couleur, gouache... Troublant. On y voit aussi une très amusante série réalisée pour la publicité de produit laitier et puis au bout de la salle, chose plus rare et plus éloignée des plus jeunes regards, quelques fleurs et fruits érotiques, et quelques inventions surprenantes, des fornicon... Ne ratez pas cette petite exposition, elle n'est là que jusqu'au 7 juin...08:22 Publié dans Exposition | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tomy ungerer, exposition, lyon, bibliothèque de la part-dieu, affiche, pub, dessin