30.01.2007
Episode 1
à E.
Attention ceci n'est pas une nouveauté
"Rue des pistoles, onze après". L'histoire avec onze ans de plus pourrait toujours commencer ainsi, rue des pistoles,
sur le haut du quartier du panier à Marseille. "Il n'avait que son adresse. Rue des pistoles, dans le Vieux Quartier. Cela faisait des années qu'il n'était pas venu à Marseille. Maintenant il n'avait plus le choix". On peut toujours monter, descendre le quartier. Il n'y a pas de voitures, quelques chats et le linge qui sèche un peu partout d'une fenêtre à une autre même en hiver. Ce n'est pas Fabio Montale qui monte au pannier ce jour là mais l'un de ses vieux amis Pierre Ugolini revenu à Marseille chez Lole pour venger son ami Manu. "Il le déposa devant la montée-des-Accoules. Plus d'une centaine de marches à gravir et un dédale de rues jusqu'à la rue des pistoles. Le sol était jonché de sacs d'ordure éventrés et ils s'élevaient des rue une odeur âcre, mélange de pisse, d'humidité et de moisi. Seul grand changement, la rénovation avait gagné le quartier. Des maisons avaient été démolies. Les façades des autres étaient repeintes en ocre et rose, avec des persiennes vertes ou bleues, à l'italienne".
La rénovation du quartier est presque terminée. C'est un beau quartier pas trop bobo, agréable certainement hors de prix et moins populaire mais avec plein de charme. Quelques saignées "maladroites"(assassines) mais le temps de Pierre Ugolini est bien révolu."De la rue des pistoles, peut-être l'une des plus étroites, il n'en restait plus que la moitié, le côté pair. L'autre avait été rasée, ainsi que les maison de rue Rodillat. A leur place, un parking. C'est ce qu'il vit en premier, en débouchant à l'angle de la rue du refuge. Ici, les promoteurs semblaient avoir fait une pause. Les maisons étaient noirâtres, lépreuses, rongées par une végétation d'égout." La misère, la crasse et ses odeurs a migré sur un autre versant de Marseille, dévalant de la rue du bon pasteur vers les rues attenantes à l'Hôtel des régions jusqu'au Vieux Port. "Vivre au Panier, c'était la honte. Depuis le siècle dernier. Le quartier des marins, des putes. Le chancre de
la ville. Le grand lupanar... Ils le savaient, Manu et lui, leurs corps, leurs fringues sentaient le moisi. L'odeur du quartier. La première fille qu'ils avaient embrassée, cette odeur, elle l'avait au fond de la gorge. Mais ils s'en foutaient. Ils aimaient la vie. Ils étaient beaux. Et ils savaient se battre"...
à suivre bientôt. Les pas d'un libraire dans ceux de Fabio montale, héros de Jean-Claude Izzo dans Total khéops, édité en folio policier...
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00:05 Publié dans Feuilleton | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jean-claude izzo, marseille, fabio montale, folio policier, panier, rue des pistoles