03.09.2008
Mahmoud Darwich
Pas un rappel, mais un conseil... Si comme moi vous ne connaissiez ni l'écriture, ni la personnalité de Mahmoud Darwich, mort au mois d'août, je vous invite à acheter ou à emprunter : "Une mémoire pour l'oubli" en Babel Poche, chez Actes sud.
"L'une des pires choses de la langue arabe, c'est peut-être que l'avion -tâïra- soit le féminin de l'oiseau -tâïr. Les oiseaux poursuivent leur chant,
affirment leur présence au milieu du fracas des bombardements maritimes. (...) Mais les oiseaux se taisent brusquement. Ils cessent leurs babillages et leurs allées et venues routinière dans le ciel de cette aube, après cette volée de fer. Est-ce le grondement d'acier qui les a fait taire ou l'inquiétude de se voir si ressemblants et si inégaux ? Deux ailes de métal et d'argent en guise de plumes frissonantes, un ventre de fer et de fils électriques au lieu du bec qui pépie, une cargaison de bombes à la place d'un grain de blé ou d'une brindille... Les oiseaux ont cessé leur chant ; ils ont pris garde à la guerre car leur pan de ciel n'est plus à l'abri."
La voûte du ciel s'abaisse, comme un toit de béton qui s'éffondre. La mer devient terre ferme et se fait proche. Le ciel et la mer ne forment plus qu'une même pâte, la mer et le ciel s'étreignent à m'étouffer. J'ai ouvert la radio pour prendre des nouvelles du ciel. Je n'ai rien entendu. Le temps s'est solidifié, s'est installé sur moi pour m'étouffer. Les avions ont fui entre mes doigts, ont déchiré mes poumons..."

17:07 Publié dans La mémoire courte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : une memoire pour l'oubli, babel poche, actes sud, littérature arabe, poésie, mémoire, guerre
18.08.2008
Francis Lacassin
Encore un mort aujourd'hui à qui l'on doit beaucoup. Un maître des genres qui nous rappelle que "les classements sont faits pour les
bibliothécaires", et non pour les lecteurs. Celui qui à sa tâche chez Bouquins, dit aussi : "Il faut tout donner et laisser le tri au lecteur". "Sur les chemins qui marchent" au Rocher, peut-être une manière de remonter son parcours... On restera là dessus, propos ramené par le monde des livres du 3 novembre 2006 : "Une image m'a marqué. Tous les jours, après quatre heures, surgissait dans le village une horde de mineurs tout noirs à bicyclette. Cette vision d'hommes noirs m'a poussé vers le fantastique."

10:36 Publié dans La mémoire courte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francis lacassin, mort, sur les chemins qui marchent, le rocher, bd, science fiction, fantastique
02.07.2008
Le vagabond parisien
Un homme chétif et courtois aux allures de gentleman d'un autre âge a quitté lundi dernier un hotel bon marché parisien...

"En sortant du commissariat de police, Noure El Dine pensa que Gohar était sans doute l'assassin. Mais que lui importait maintenant ? Il avait décidé de donner sa démission et de vivre désormais en mendiant. Mendiant, c'était facile ; mais orgueilleux ? Où trouverait-il de l'orgueil ? Il n'y a plus en lui qu'une infinie lassitude, un immense besoin de paix - simplement de paix."
"Mendiant et orgueilleux" d'Albert Cossery ed. Joelle Losfeld
06:51 Publié dans La mémoire courte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : albert cossery, mendiant et orgeueilleux, joelle losfeld, photo
31.12.2007
Fin de partie !
Ils nous ont quitté cette fin d'année, un auteur et un éditeur, Julien Gracq et Christian Bourgois, après eux quoi ? Il nous avaient offert des lectures puissantes !
"Les grand écrivains sont une menace pour leur peuple. C'est seulement une fois mort qu'ils cessent d'être un problème".
Cette note pour une libraire qui s'est vue reprocher par un client de ne plus avoir un exemplaire d' "Un balcon en forêt" alors qu'elle en a maintenu cinq en stock toute l'année sans qu'on lui en demande un seul...
De bonnes fêtes de fin d'année...


00:05 Publié dans La mémoire courte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Julien Gracque, chrsitian bougois, mort, auteur, editeur, litterature
28.10.2006
Paulhan
20:45 Publié dans La mémoire courte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean paulhan, gallimard, livre, libraire, anniversaire, virgin, litterature