14.09.2007

La rentrée 2

    La rentrée 2 oui comme il y a la boum 2. La vente de workbook est sur son rythme de croisère, une palette à l'heure. Les pieds du libraire le soir ressemblent aux pieds de Hulk en pas vert. On imagine pas comme la gêne c'est bête. C'est vrai tous ces jeunes instits très polis avec le libraire qui savent plus ou le ranger le livre alors ils le foutent n'importe où discretos en faisant un petit au revoir sympa. Les parents qui laissent le petit foutre le rayon en l'air parce qu'ils s'occupent des achats pour les grands et c'est prise de tête comme d'hab.(On ramasse le petit au passage et on y va parce que on a pas trouvé où se garer et puis il faut encore...) Et puis, et puis, il y a les djeunes. Alors bien sur, il y a les gentils très sympas, mignons, assez intelligents. Des parents égarés au milieu d'eux qui rappellent au libraire comme la littérature est inconnue à cette adresse en milieu familial de zone tempérée et comme aujourd'hui il est au paradis. Les collègiens, les lycéens viennent acheter le livre que la ou le prof à demander (me reviennent des noms de profs). Bientôt ces filles auront trente ans et mettent un soin tout particulier à la tenue de leurs agendas. On est tenté de reconnaître un bout de sa jeunesse ou presque. Le curiste a été détronné par le burtonien. Pas de keupons. Plus beaucoup de bourges cools soit il est trop fashion mèche power soit il va chercher gentillement les chemins de la foi au rayon religion, poli, sérieux. Plus beaucoup de babs -snif !-, on garde le grunge alternatif pour la fac. Le look pétasse a beaucoup de succès et de variantes et touche énormément les garçons, métrosexuel, je crois on-dit. L'odeur mélange gele et sueur froide. Est-ce qu'on peut acheter avec la carte MRA : brulée vive, défigurée, déshonnorée... Vraiment, "c'est super", quel drôle de bain de jouvence. Vraiment, le libraire est aux avants postes, il a toutes ses chances de rester djeunes ! Et puis j'emprunte à une de mes libraires préférées cette retranscription d'une discussion dans l'air du temps :

"- T'es sur que c'est de Balzac, la peste...

- Ouai chuis sur !

- Chais pas ! Chtrouve que ça sonne pas super La peste de Balzac ?! "

04.09.2007

La rentrée !!!!

A D.,

    Pas de livre aujourd'hui, le libraire a mal aux pieds. Je partage aujourd'hui l'étage avec la littérature (la belle) et, et, la pédagogie (l'horrible pédagogie !). Oui, la pédagogie et autant vous le dire tout de suite, je suis un très mauvais libraire en pédagogie. Parce que je n'y arrive pas parce que tout le monde y va à reculons et qu' à ce rythme la l'école est très mal barrée. Les profs m'épatent quand même, ils lisent vraiment de choses indigestes aux titres rebarbatifs ! Je les admire secretement en pensant à mes pieds douloureuseument. Un enjoy, un wings, un new step in, un ausfwind, non vraiment je ne peux pas, workbook raisonne encore dans ma tête. Mes baskets neuves pétent. Y en a vraiment que pour les joggeurs, à quand des baskets pas trop moches (on est pas non plus de grand sportifs...) pour nous les libraires ou le surplace est amorti en surface micro aérée, l'élan optimisé, le derrapage controlé. Heureusement une lectrice en littérature m'a remonté le moral en me parlant du goulag de Solejitsine, les confitures de ma soeur et une discussion en jeunesse avec une grand-mère sur l'expérience de la mort alors que j'allais remettre le prix du titre jeunesse de l'année à "Apres ski". ça ne s'invente pa, que voulez vous. Et puis quelque chose me tracasse vraiment, vous êtes tous bronzés mais quelque chose me dit que vous êtes nombreux a ne pas avoir choisis la bonne formule, abandonnez peut-être vos enfants sur l'autoroute pour peut-être avoir le plaisir de les revoir à la rentrée ou changez de formule !

   "L'Automne déjà ! _ mais pourquoi regretter un éternel soleil si nous sommes engagés à la découverte de clarté divine. _ loin des gens qui meurent sur les saisons." Rimbaud 

24.05.2007

Au secours

    Ce soir, je n'ai aucune force alors j'appelle à mon secours un autre libraire qui, lui, écrit. Il n'est plus vraiment libraire. Les exemples donnés dans la définition du Grand Larousse XIXème donne le ton : La LIBRAIRIE va mal en ce moment. Il s'est 482608f0bd5d7343905484dfc2128368.gifruiné dans la LIBRAIRIE. Patrick Cloux n'a pas fait faillite mais il a arrêté de donner des conseils dans la librairie "Les volcans" à Clermont Ferrand. On le croise encore heureusement dans la distribution, toujours la même sympathie. Il écrivait déjà sur les livres chez le même éditeur comme "Dans l'amitié du merveilleux". Il vient de sortir "Mon libraire sa vie son oeuvre.", un lexique. Il commence ainsi comme ce soir j'emprunte ses écrits :" "Le (ou la) libraire est un commerçant comme les autres. Seulement un peu plus susceptible... Contraint de parler beaucoup pour convaincre, il n'espère pas gagner grand chose à tant d'efforts. Subtilement condamné à l'éllipse, voire au silence s'il veut continuer à vendre, ce perturbateur du repos public dort mal. Que penser simultanément et en moins de trois minutes de Houellebecq, de Laurens, de Brialy, d'Adorno, de Stephen King, de Deleuze, de George Sand et du dernier Mankell ? Ce don d'ubiquité, le pape lui-même ne l'a pas."

28.04.2007

Jordi !

Aujourd'hui, c'est la Saint Jordi. On ne rigole pas ! C'est le patron des libraires...
 
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pas lui, l'autre 
 
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03.03.2007

Rentrée littéraire 2007

Statistiques et probabilités prospectives :

Combien y-at-il de chance que je ne lise pas le dernier livre de ? Aucune. Pourquoi ? Je ne sais pas ...

(On me demande de lire ou d'élire?)

(est-ce une rentrée littéraire au suffrage censitaire ou universel ?)

Combien y-a-t-il de chance que je lise le premier livre  de ? Aucune. Pourquoi ? Je sais...

(Quand les tables bougent)

(quand les livres s'empilent à nouveau)

C'est une nouvelle poussée tellurique

Combien y-a-t-il de chance que je mette celui-là ici ou là ? 

Allez je vais me coucher. Il n'est pourtant pas tard.

C'était une bonne journée. 

(A vous aussi de vous débrouiller un peu comme nous c'est à dire comme on peut...)

Attention la pile ! 

("Qu'est-il plus fortuit que la réputation ?")

02.03.2007

La promenade

    Cette nouvelle rentrée littéraire prend tout son poids ces derniers temps. On empile et on fait des murs avec les soit-disants favoris du moment. Une chose est sûre, il y a quelque chose d'écoeurant dans tout ça. Avec bien peu de chose, on fait des montagnes et vous tomberez forcément dans le panneau. Mais si l'on n'en faisait pas des montagnes, je ne suis pas sûr qu'on verrait certains auteurs. Et il est même probable q'on ne les lirait pas. J'ai vraiment l'impression que l'édition et la librairie de plus en plus partagent le même cynisme que la télé dans les années 80, tant elles prennent la plus grande partie des lecteurs pour des cons, se cachant derrière la simple idée qu'on leur donne ce qu'ils demandent.

    Alors j'ai touné la tête en réaction, je me suis baissé et j'ai regardé quelques étagères où très peu de gens vont jeter un oeil comme la collection l'imaginaire chez Gallimard et un titre a arrêté mon attention telle une suite à ma page d'hier : "La medium_walser.gifpromenade" de Robert Walser. Je ne connaissais cet auteur que par ragots indignes et une fausse lettre de motivation pour un emploi de libraire qu'on m'avait lu de lui, géniale. Me voila donc reparti en ballade et sa réputation d'être un peu fêlé ne se dément pas... Mais là le voila plutôt en forme par une belle matinée, s'engageant dans une belle et longue promenade. Il n'est pas sauvage comme Thoreau ; la ville (avec tout de même une très grande proximité avec la campagne) l'enchante, le stimule. "Toutes sortes de pensées m'agitaient fortement, parce qu'en promenade bien des idées soudaines, éclairs de lumière et illuminations éclairantes, se produisent et s'introduisent spontanément, afin qu'on les exploite et les avec soin."

    Tout s'enchaîne la banque, les passants, la boulange, une usine, des enfants, un automobiliste, une boucherie, une boutique, des rencontres, la poste, un repas en ville, tout passe et surtout tout y passe, dans une sorte de fantaisie ou une humeur aventureuse et romantique se déchaine. Ce qu'il aime dénoncer : l'esbrouffe. "La vantardise et l'épate ont commencé quelque part". Quand soudain, il flaire une librairie et son libraire. Et voilà ce qu'il lui demande :

    "De fait, parmi tous les produits de la plume qui se trouvent ici empilés et exposés, je brûle d'apprendre de vous quel est ce livre favori, dont la vue fera très vraisemblablement de moi un acheteur immédiat, joyeux, enthousiaste. Le désir de voir devant moi l'écrivain chéri par la société cultivée, de voir ce chef-d'oeuvre qu'on admire de toutes parts et qu'on assaille de jacasseries, et, je le répète, le désir de pouvoir sans doute aussi l'acheter, ce désir me ruisselle dans tous les membres.

    Puis-je, courtoisement et aussi instamment que possible, vous prier de me montrer ce livre qui remporte tous les succès, afin que le violent désir qui s'est emparé de moi soit satisfait et cesse de m'agiter ?

    - Très volontiers, dit le libraire."

    Je vous laisse lire la suite... Un petit vent de folie a parfois du bon dans toute cette comédie...

22.01.2007

Libraires

Le 20 janvier sur ce blog, on parle de nous...

Où sont les libraires ?

Et j'en profite moi pour saluer ici tous ceux qui sous des enseignes bien lisses, font tout le travail, indépendants et libres , malgré un salaire de misère comme carotte et parfois des insultes comme merci... 

"Le jour où il a approché nos têtes,

Le destin était plein d'imagination,

Ma tête si occupée du temps qu'il fait dehors,

La tienne du temps qu'il fait dedans."

(A Craig Stephenson d'après Robert Frost) 

26.12.2006

Une bourse

    Parfois ce métier me fait penser que je travaille dans une bourse. Oui, une bourse. Comme la Bourse. On suit le cours de valeurs cotées ou non cotées, on est attentif à des tendances, les gens surveillent de près leurs régimes littéraires, entretiennent leurs guerres du goût. Mais ils sont multiples, s'entrecroisent, se superposent, vont, viennent, meurent. Généalogie des valeurs littéraires et commerce à l'activité rapide, devise sur certaines périodes courtes. Des courbes, des pics, des chutes, des tables comme des tableaux de chiffres, des noms. On observe, on guette, on fait signe, on conforte certaines tendances, on soulignent certains mauvais choix stratégiques ou tendanciels. On accuse les coûts, prévoyons certaines échéances à court ou long terme. La librairie, une bourse des valeurs en cours.
    Et si on indexait aujourd'hui les idées chez Bloomberg pour jauger, évaluer l'état de nos pensées azimutées. La librairie.... Et on fait toujours avec le portefeuille des gens....
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