05.07.2007
C'est la fin...
Fromages, Piquant, Menus. Il commence là ou j'ai grandi, entre Lyon et la Bresse, dans la béchamel, dans "cette pâture blanche". et ce retour en arrière me renvoie à mes propres origines gustatives, riches et pauvres à la fois. "Rabacher la nourriture", psalmodier, radoter le nom des plats, être économe et passer un temps fou à cuisiner pour conjurer un temps plus difficile. Ces idées étaient encore véhiculées dans les gestes et les paroles de ma mère. Rentrer dans un cycle, faire la liste des plats : "Les listes ! Langage du début du langage, tradition orale du pauvre à la fois comptines et prières païennes". Et puis le voyage commence, les manières, comme pour moi encore ; il y a une idée à laquelle je souscris entièrement ayant desepérement cherché un capuccino en France : "comme si, pour tenir ses promesses, une gourmandise avait besoin de ses racines, ses parfums, son décor, même d'une croyance enthousiaste en sa suprématie. Comme si l'évidence du mythe aiguisait les papilles." Cette collection est vraiment magnifique et le prix cette fois ne pourra être un frein à votre envie. Les curieux plus de récits autobiographiques plus que de cuisine devraient aussi y trouver leur compte ! Et puis de cette multitude de petits récits savoureux, j'en extrait un petit peu pour L.Myster : "Ils vivent deux mois sur un banc de sable posé sur la mer. Vu des airs, leur territoire ressemble à un oeuf au plat. Le jaune de l'oeuf est vert : la forêt de cocotiers. Le blanc : le sable clair, presque de la farine......ils se disent que leurs amis et parents restés en Europe ont plus que tout et manquent de beaucoup."00:10 Publié dans Livres et bouffe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chantal pelletier, voyages en gourmandise, exquis d'écrivains, nil editions, bechamel, bresse, cuisine lyonnaise
04.07.2007
C'est extra !
"Le foie, disait mon médecin de père, c'est le juif de l'organisme. Il a toujours tort."
"Quand je suis angoissée, je bouffe".
Je continue l'exploration commencée hier de la collection exquis d'écrivains. Et j'avoue me régaler encore. J'ai lu cette nuit : "A ma bouche" de Martin Winckler. Le format est toujours le même, court et son prix toujours aussi petit. Lui au moins, Martin Winckler, médecin de profession ne me culpabilisera pas, gourmandise pour les livres, oui et alors (ça ne fait même pas mal à la tête). Les mots du jour : Tomate, Pâtisseries, Barbecue, Enfance, Légumes, Ailleurs, Religion, Rituels, Omelette, Télévision, Foie, Péchés, Café, Casse-croûte, Feuilletés, Spécialités, Chair. Et à sa bouche, il y a d'abord la
tomate : "A ma bouche - et j'insiste, parce que c'est ici l'essentiel, ce qui sûrement a conditionné mes goûts et lmes dégoûts ultérieurs - elle est croquante puis acidulée et juteuse; dans cet ordre.""Tout commence avec la tomate". Après vous savez ce que peuvent charrier ces histoires de goût : famille, plaisir, amis. Avec la plus grande simplicité, celui qui n'est "pas un homme de gâteaux" mais un gourmand nous décrit quels rapports la nourriture entretient avec sa bouche. Gourmand, très gourmand, des souvenirs "remontent à sa bouche", ce qui nous importe, ce n'est pas tant les recettes qu'il met un malin plaisir à insérer mais leurs réalisations , les gestes, les gens. Certaines pourraient conduire à l'hérésie mais son calme préfère organiser les choses à grande échelle; suite à ce livre, la boîte à biscuit pourrait remplacer le container comme moyens d'échange pour rassasier monsieur Winckler en petites galettes. Des barbecues jalonnent aussi sa vie : "Dans le barbecue, le charbon de bois se teinte de rouge et de gris." Comment la culture et la vie quotidienne s'entremêlent intimement ? Pourquoi les mères se décarcassent tant en cuisinant ? Dit-on au programme ou au menue quand on aime les séries comme lui ? Quel goût a vraiment l'Amérique ? Est-ce la nourriture ou la vie qui a du goût ? De quoi se compose les recettes familiales ? "des aliments, des casseroles, des erreurs, du temps qui passe, des souvenirs, des transmissions, des inconnues, des omissions. Mélangez, secouez, servez." Ah ! au fait j'oubliais encore : êtes-vous bien surs de savoir ce qu'est le cholestérol ? Et, qu'est-ce que Star Trek pourrait encore bien vous apprendre ?
00:10 Publié dans Livres et bouffe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : martin winckler, a ma bouche, exquis d'écrivain, nil editions, chantal pelletier, tomate, cholesterol
03.07.2007
C'est exquis !
"Prenez un ou plusieurs pieds de jeunes éléphants, enlevez la peau et les os après les avoir fait dégorger pendant quatre heures à l'eau tiède". Alexandre Dumas
J'essaie cette semaine une nouvelle collection : exquis d'écrivains. Une petite collection très peu honéreuse chez Nil editions dirigée par Chantal Pelletier que vous connaissez sans doute pour bien d'autres choses. "Cette bibliothèque gourmande contemporaine invite des écrivains à dévoiler, autour d'un jeu de mots-clée, les secrets de leurs plaisirs gourmands." Je commence par le livre de Claude Pujade-Renaud : "Sous les mets les mots". Un véritable petit festin... Les mots-clés : Métissages, Gibier, mère, Recettes, Douceur, Langage, Cuisine, Aphrodisiaque, Oeuf, Couleurs, Epices,
Friandises, Terroir, Arômes, Futur, Courses, Farce, Alcool. Je ne sais plus en le lisant, si j'ai pris plaisir aux mets ou aux mots. Vous en connaissez déjà inconsciement son propos. Vous mettez la table, vous invitez, vous sortez, vous préparez, devant vous un plat, des mets, dessous, dessus, dedans des mots. Vous reconnaissez des herbes : barbe-de-capucin, l'ébouriffée, la mal-peignée... Vous voyagez, vous vous souvenez. "Emerveillée par la succulence de l'odeur, les ocelles blonds du bouillon, cette peau grasse, d'un jaune épais, qui se détache de la chair. Ma mère insiste pour que je mange surtout de ces bons légumes. La tante la contredit : il me faut de la viande pour grandir, forcir - maigriotte et maniérée, cette gosse de la ville, a-t-elle dû penser". Et si les interdits maternels avaient rendu inoubliables certaines saveurs moins subtiles? Evoquer l'harmonie du "baveux de l'omlette et le gluant des champignons". Son gratin, sa recette, : "sans doute toute recette maternelle est-elle impossible à transmettre. Non parce qu'elle recèle un secret de fabrication, plutôt une saveur d'enfance résistant à toute explication." Il y a des langages familiaux propre à chaque plat et non pas seulement régionaux. C'est la loi du ventre et avec naissent quelques paradoxes. Nous sommes nous nourris allant dans l'âge, des plats ou des mots ? Des termes techniques aux charmes étranges qui rentrent dans la langue... Pour qui pour quoi cuisine-ton ? "Nous nous alimentons peut-être moins de mets que de parfums, d'images, de mots et de reminiscences." Cherchons variations et correspondances... Un mélange de lumière et d'ombre, d'autres échos....: "les mets comme les mots vagabondent, se sédentarisent, empruntent et essaiment, nomades poreux aux métamorphoses".
Je ne dirais qu'une chose : A table ! Et faites le sans tarder, se serait dommage de passer à côté, le petit festin promet, fabuleux...
00:05 Publié dans Livres et bouffe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sous les mets les mots, claude pujade-renaud, exquis d'écrivains, nil editions, chantal pelletire