07.11.2006

Le Goncourt nouveau est arrivé !

    Le Goncourt nouveau est arrivé ! Seuls les habitants de la région lyonnaise pourront apprécier combien il y a d'ironie dans une phrase comme celle-ci parce que franchement... Je ne pense pas que "Les bienveillantes" en avait besoin, si un prix  doit servir à quelque chose, bien entendu... En quoi un prix qui soutient un livre déjà vendu à plus de 200.000 exemplaires soutient, met en avant un art, ses acteurs (je parle du monde du livre). Le Seuil, après les soucis causés par Volumen l'année passée, avec un titre comme celui de Fleischer et une collection telle que  Fiction et Cie, pouvait avoir quelques égards. Un tel prix ne doit-il considérer que quelques critères esthétiques ? (quand on voit toutes les conséquences qu'a une telle décision sur ce marché). Il est excellent, là dessus pas de problème, pour une fois qu'un Goncourt va être un bon bouquin, ça faisait un moment que ça ne s'était pas produit... Mais Fleischer aurait pu avoir là une récompense pour un travail énorme et protéiforme qu'il fait depuis des années. Il avait en plus cette année un livre plus accessible au grand public qui aurait pu intéresser les gens sur un auteur qui a une oeuvre, une vraie. Boulin, je n'en parle même pas parce que je ne comprends même pas qu'il fasse parti de la dernière sélection. C'est bien entendu un livre qui pointe quelque chose parfois avec du style et une langue inédite mais je ne peux m'empêcher de penser qu'avec ce livre le jury se donne sans doute bonne conscience sur une problématique que ces gens ne doivent toucher que du bout des doigts. C'est un livre râté somme toute... Audeguy commence une oeuvre ambitieuse et magnifique et j'espère qu'il aura bientôt, si il continue comme ça, les honneurs et l'argent qui va avec.... Lisez "la théorie des nuages" si vous ne l'avez pas encore fait, son premier livre et le suivant sans hésiter. Enfin voilà, en librairie, le Goncourt, c'est toujours comme ça, on attend, et puis au final rien ne se passe. Vous savez, pour les non locaux, quand le beaujolais nouveau arrive, c'est un événement prétexte et creux, une orgie sans flammes, une biture au simili-picrate, l'occasion de faire la fête qu'on ne fait jamais, un truc qu'on traîne comme tant d'autre et l'occasion d'être fier, de quoi, j'ai jamais trop compris. Comme le Goncourt. Pour en parler le lendemain, on cherche toujours un gout de fruit exotique qu'on pourrait rapprocher de la chose. Par contre dans les chaumières, c'est sûr, cette année, on va parler d'autre chose : "la seconde guerre mondiale", les nazis étaient pas tous des demeurés, ouais, mais ça, on le savait, déjà qu'ils s'inspiraient de Dante pour humilier et massacrer en masse. On attendra encore quelque chose du Goncourt des lycéens... comme d'hab' et puis cette fois, au moins mémé, elle aura un bon bouquin dans ses souliers, mais ça va quand même la remuer un peu... Celui là sera un millesimé mais pas quelque chose qui sert le livre et l'auteur une fois de plus... Non vraiment pas de surprise, pas d'audace...