26.05.2008
La naissance
A Del.,
La mère de mimi cracra publie en 1973, "la naissance", réédité aujourd'hui chez Autrement. Deux écoliers, un garçon, une fille discutent sur le chemin de l'école : "tu sens bon". Une discussion s'engage. La mère de l'un, va avoir un bébé. L'autre, sait comment on le fait : "Ah oui !
L'amour." La promenade continue, et comme vous l'aurez compris deux choses soustendent cette conversation, la connaissance d'une chose et les sentiments qui vont avec. Pas d'explication sans amour, pas d'amour sans explications. Le récit doit donc débuter par le début de l'histoire d'une naissance. Les parents aiment d'abord s'embrasser. Et comme ces deux enfants prolongent une conversation pleine d'à propos et d'intelligence, ils en savent un peu plus et même beaucoup, et savent même couper court à certains préjugés : "Pas besoin d'être mariés pour s'aimer quoi !". Même si l'éditeur refuse toute contextualisation de cette parution, quand même... Et tant mieux, des idées comme celles-ci ne sont toujours pas innocentes et peuvent encore à mon avis, servir aux enfants comme aux parents. Quelques points techniques, quelques renseignements sur l'homme, la femme, comment les choses se font, s'imbriquent, toujours avec amour. Alors que tout est dit finement et de
manière très habile, on découvre ce terme original l'échange de "cellule de vie"... Au fur et à mesure s'entrecroisent les dialogues des parents par évocation, des enfants, continuant leur route. Ils aiment bien parler entre eux et avec les grands. C'est intriguant de se souvenir ces choses là, l'avant maintenant, premier passé... On ferme l'album : "toi aussi, tu sens bon...". En paraphrasant un autre propos... Quoi de plus quotidien que nos conversations, et quoi de plus ordinaire et pourtant... par elles, on apprend tellement, on grandit sans cesse... Instructif et beau, en noir et blanc, un dessin souple fait de belles boucles et de contours souples. "La naissance" d'Agnes Rosenstiehl chez Autrement jeunesse, à partir de 5 ans...
07:00 Publié dans Réédition | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : la naissance, agnes rosenstiehl, autrement, album jeunesse, mimi cracra, amour, sexualité
17.03.2008
Resister
A Del.,
Objets, objets symboliques, détournés, diffusés, mobilisés, guerriers, réalisés en détention ou de commémoration. Objets de la résistance, celle de 40-45. Bien peu de chose en fait, une petite expo, une autre époque mais quel courage avec si peu d'avoir affronté "une machine de guerre" telle que l'Allemagne de l'époque et terme qu'emploient aujourd'hui avec délectation les entreprises pour leurs plans sur la comète. Et dans cette guerre rude et totale, il n'y eut pas que la magnifique mitraillette Sten et son chargeur 32 cartouches, très "impactantes" pour resister à l'ennemi, l'écrit semble
avoir été un objet central, crucial. J'ai été fasciné par le "faux" Nouvelliste du 31 decembre 43, à quand 25000 faux Figaro distribués un matin dans les kiosques !? L'ingéniosité habite ses objets, ses tracts, un torchon de cuisine qui contient un message secret, une sonnette de bicyclette qui contient un message qui vient du guidon d'une autre; un lance-tracts artisanal réalisé à partir d'une souricière "Lucifer", les tracts à double lecture... Bien sur la première édition du "silence de la mer" de Vercors mais aussi un bout de l'arbre de "Goethe" comme matière première à une sculpture commémorative et enfin l'original d'un livre illustré, réédité cette année par Gallimard et autrefois paru en 45 : "La bête est morte" d'Edmond-François Calvo. "...écrit par Victor Dancette et Jacques Zimmermann, cet album reste à jamais identifié à la libération de la France du joug nazi. Il raconte la Seconde Guerre mondiale sur le mode animalier : les allemands sont représentés par des loups, les français par des lapins, les belges se dévoilent sous les traits de lionceaux ; les anglais sont des dogues, les américains des bisons et les russes, enfin, des ours. Outre la virtuosité de son dessinateur et la pertinence du propos, ce document, paru dans sa version originale en deux volumes, est historiquement la première bande dessinée à évoquer le sort des juifs en Europe." "Virtuose", je dirais plus vulgairement "incroyable", ce graphisme que l'édition plus grande de Gallimard en novembre a rendu avec force, une curiosité. Ces temps sont bien anciens comme en attestent ces objets mais je le répète, faites passer : "celui qui combat peut perdre, celui qui ne combat pas a déjà perdu..."

01:03 Publié dans Réédition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : resistance, musée de la resistance, objet, la bête est morte, edmond-françois calvo, bande dessinée, gallimard
21.11.2006
Lady Diana
Lady Diana Wynham s'il vous plaît, pas l'autre merci ! Ils auront beau tenter encore et encore de me boucher la vue avec l'autre Lady Diana, j'ai maintenant une arme lourde pour contrer l'intox. J'ai fait mon choix. C'est mon choix ! Je suis dekobriste et je leur renvoie Lady Diana Wynham. Voilà une dame de fiction fort réjouissante et de grand standing. Elle aussi aime les bains chauds dans un "bain de siège en faïence céruléenne monté sur roulements à bille avec jets obliques,
ascendants, centrifuges et entrecroisés." Elle aussi fut philanthrope, ayant une vue très originale des charités bien partagées. Non vraiment assez de cette icône qu'on voudrait nous voir adorer. Elle aussi avait du pedigree. Elle avait un emploi du temps bien chargé et une raison sociale gravée dans le marbre , 730 invitations à dîner par an et un hôtel particulier... Elle aussi totalisa des milliers de miles sur les voies férrées d'Europe, d'où le surnom de madone des sleepings, avec plus de grâce et de légereté qu'Agatha Christie à la même époque. Ne croyez pas les libraires étrangers à ces choses, non enclins à s'intéresser aux récréations des gens du monde, si la littérature a sa place réservée bien entendu. Je suis comme Gerard qui dit d'elle : "Je l'aimais avec l'indulgence qu'il faut avoir pour une créature de luxe, pour une femme différente des autres, échappée au gabarit de la norme." Il est très classe ce Gérard, un français, homme de confiance de Lady Diana Wynham, un vrai gentleman, pas un de ces james bond de pacotille à la sauce machiste patinée... "né Gerard Dextrier, promu prince seliman pour l'amour d'une belle yankee, je suis à présent le secrétaire d'une princesse britannique, non point par interêt, mais par désoeuvrement", cosmopolite, fin d'esprit, et bourré de bon sens en humanité comme en amour. Si elle doit être ruinée, c'est notre affaire et elle n'a pas peur de négocier directement avec un Caligula bolchevik, étonnant aussi, du nom de Varichkine. Vraiment ne soyons pas trop naif dans les grandes affaires de ce monde, en tractations secrètes les enfants terribles de la couronne rencontrent la crème du contre espionnage bolchévique. Du frisson, de l'amour, de l'aventure, de l'esprit, de Londres à l'Allemagne, du Caucase à la gare de l'est.... Mais attention, on ne badine pas avec l'amour entre la Dniepr et l'Oural, comme en real politique....
"Maurice Dekobra (alias Maurice Tessier) sentait le soufre dans les années 1920-1930 ; mis à l'index, il était interdit de lecture pour la jeunesse des familles bourgeoises. Or, il a poussé le diabolisme jusqu'à se faire passer aujourd'hui pour un romancier à
l'eau de rose. Le plus célèbre des écrivains français et même mondiaux, de l'entre-deux-guerres, la coqueluche des dames et la providence des libraires, traduit en 77 langues, fêté dans le monde entier, est devenu un total inconnu." (source France culture) Pour ma part, j'hésite à comparer (comparaison n'est pas raison) mais il y a sans doute chez Dekobra un peu de la bizarrerie de Gustave Le Rouge, un peu de dépaysement avec moins d'enjeux comme on peut en trouver dans "L'Europe Galante" de Morand et surtout pas mal d'humour, de fantaisie, de maîtrise stylée et réjouissante. Rares sont les distractions en littérature, en voilà une.... "La madone des sleepings" de Maurice Dekobra vient d'être réédité aux éditions Zulma....
J'oubliais : Laure Leroy, qui dirige les éditions Zulma, m'a fait parvenir un lien pour les curieux et passionés de livre, un entretien réalisé par un site sur David Pearson, le graphiste qui réalise les couvertures des éditions Zulma, passionnant et instructif...
00:05 Publié dans Réédition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maurice dekobra, la madone des sleepings, zulma, dekobrism