17.12.2010
Le môme noir
A Insa Sane pour son sourire, le sien, le vrai…
A la F.I.A.C. 2010, un jeune artiste, Guillaume Bresson, sous une forme en apparence très classique relate une scène d’émeute urbaine. J’ai pu lire des
comparaisons à Caravage pour les techniques et surtout la manière noire qui réserve dans « ce ballet épique en survêt-casquette » des parties sombres d’où jaillissent les corps en mouvement pris dans la baston. Etrange vision après la lecture de « Daddy est mort » d’Insa Sane dont je crois avoir lu toute la production depuis qu’il a commencé lui aussi une œuvre prolixe et protéiforme qui tourne autour de Sarcelles. Avant Guillaume Bresson, d’autres peintres plus anciens cherchaient à travailler une forme de dramaturgie comme Géricault qui pour son radeau agrégea à ses zones sombres du bitume pour garder une brillance dans le noir. Ce bitume ronge depuis petit à petit cette œuvre, matière instable, du bitume… Pour vous parlez, du dernier livre d’Insa Sané après
cette introduction pas si innocente culturellement et politiquement parlant, une envie me prend comme lui de vous tutoyer, toi lecteur de cette note. Non pour être impoli mais peut-être pour te rapprocher, te sonder un peu tout en te racontant une bonne histoire et un peu voir au-dedans de toi, peau de blanc, peau de noir, de quelle manière tu partages l’humaine condition, selon que tu sois brave, barge ou couard, blanc ou noir... Du bitume, il y en pas mal dans l’œuvre d’Insa Sane, on en avale, c’est même la matière principale de bien des vies, surface opaque qui toujours grignote un peu les rêves, replonge les gens dans la déveine ou leur rappelle d’où ils viennent. Il y a aussi du
noir comme le bitume, une très belle non-couleur mais aussi une marque, une atmosphère qui cache parfois une enfance qu’on ne voit plus. Le dernier livre qu’Insa Sane te propose serait la suite du premier. Oui. Moi, j’y verrais un autre tableau, une autre cène sans apôtres, sans Jésus qu'Insa Sane retravaille sans cesse que je mettrais peut-être au centre d’un polyptique composé de ses différents livres en attendant le prochain. Je ne le mettrais pas là parce qu’on me dit d’en apprécier le style pour l’aimer. Je le mettrais là pour le moment, au centre, pour le regarder avec les autres et voir comment avec le reste, sujets et protagonistes évoluent ainsi que le style, cette comédie humaine. Il atteint certainement avec celui là un sommet, certes. La forme est inédite et ramasse, condense l’expérience exprim’(la collection à
laquelle il appartient), on parle d’épisodes et plus de chapitres et, la musique, le titre d’un morceau coiffe chaque épisode comme intégrant le texte. Impossible de passer au travers, tout est sur mesure. Les différents genres qu’il mêle aussi ici avec brillo font toute la force de ce livre. Il y a pourtant dans toutes ces formes, une nouveauté de taille qui n’était pourtant pas absente des autres : un sourire. Une chose merveilleuse, tout le monde en conviendra, même toi. Alors que partout tout autour, le bitume et la noirceur... Pourtant un sourire irradie. Ce n’est d’ailleurs pas qu’un des motifs du livre mais un événement comme tout sourire que l’auteur suit, surveille, protège,
magnifie. Sinon, il y a dans ce livre des mômes, des piafs, des mômes noirs, de vilains petits canards, des moutons noirs qui ont vingt ans comme toi un jour, comme les enfants des blacks, blancs,beurres. Il y a aussi des adultes, pas loin non plus des trottoirs, des ruelles, de la déveine aussi camés que la môme. Ce ne sont pas des piafs de Paris comme dans la chanson mais de la grande ceinture et de la petite ceinture, la misère s’est un peu éloignée et préfère le bitume au pavé, se dispute quelques allers-retours. L’oseille, l’amour et encore, toujours pour eux comme pour toi, une nourriture terrestre. Et dans ce foutoir : Daddy est mort. Oui ça mérite un point final, un moment suspendu, un rappel, un écrivain. Il tenait pourtant bien le bitume, un peu plus âgé, amoureux et chanceux, papa... Comment !? Pardon !? Ça ne t’intéresse
pas !? C’est vrai, j’avais oublié de te demander directement si tu étais braves, barges ou couards. Ne t’inquiètes pas comme ça, ce livre, ce n’est que du bonheur, que du malheur. Il n’y a pas que le sourire de cette fille dans le métro, il y a aussi dans le livre celui d’Insa Sané qui aime bien te balader en bon piaf de Paname, te faire sourire et même en rajouter. C’est son côté Tarentino made in black, made in France de la grande ceinture. Les aventures de Tonton Black Jacket, ses débuts sont aussi là pour te faire rire et pleurer, pour que tu comprennes en riant, en pleurant que le ver est bien dans le fruit. Insa Sane est capable de tout, de porter le masque de la douleur et du
bonheur comme toi. Déveine ou galère, à toi de choisir ton vocabulaire, il te laisse le choix parce que on est jamais tout à fait brave, barge ou couard. Jamais plus on ne pourra dire après encore une fois que 20 ans est le plus bel âge pour personne, qu'on soit noir ou blanc de peau, riche ou pauvre, heureux ou malchanceux. Insa Sane est un passeur et l’appréciation du présent vaut pour tout le monde, c’est pourquoi c’est aussi un auteur. Pas une autre culture ou une « contre-culture » mais la même et dans le fond ce sourire ravageur et unique qui au malheur donne des mots et sa couleur. Insa Sane abolit les distances et te fait vivre ce qu'on a honnetement que l'impression de vivre et de comprendre à distance. Jamais, il n'a sans doute donné autant de lui-même et re-fabriqué tout ou partie ce qu'il vécut ou vut.
« Daddy est mort…/retour à Sarcelles » de Insa Sane chez Sarbacane collection Exprim’
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11.02.2008
La fête
à D.,
Hier, avant-hier, avant avant-hier, c'était la fête. Les libraires de Lyon enfermés depuis des mois dans leurs murs faisaient leur fête aux livres à Bron. E. éditrice, est aussi sympa et vraie que son mari F.. A. qui s'occupe des libraires chez S. est une fille super. C. revit chez son nouvel employé, c'était magnifique à voir à son âge. F. est aujourd'hui à la tête d'une sacrée bande. F. prend de plus en plus de poids avec sa librairie, et se défend pas mal. E. m'a fait un accueil sympathique. P.-J. outre le fait d'être un éditeur pertinent, est un type vraiment sympa et d'une bonhommie rare. C. m'a
dit comment P. l'a viré de son salon. P. c'est la honte sur Lyon dans la manière de prendre les libraires pour des cons et des moins que rien, un frustré. On a mangé, tous un peu bu, rigolé et pas seulement parlé de la recette. Moi je n'ai pas travaillé, je me suis balladé, le temps de revoir Insa Sane pour son deuxième livre, de saluer Fabrice Vigne que je n'avais pas vu dans le programme, de discuter un petit peu avec Isabelle Rossignol, et d'interviewer Magyd Cherfi qui a fait un rapide passage sur le salon. Au moment de la signature, une dame lui a raconté que quand elle était à Damas en 98, pour la victoire de la France, le patron du bar a mis Zebda... Beaucoup de gens différents ont voulu sa signature, un point commun sur leur visage, quelque chose de sensible et d'intelligent. Ils rendaient tous un merci heureux à sa signature, un merci important. Moi j'étais impressionné d'entraîner le bonhomme sur les gradins de l'hippodrome pour parler avec lui de ses deux bouquins, "livret de famille" et "la trempe". Impressionné parce qu'il y a dans ses bouquins des choses importantes il me semble, qui me parlent ou qui nous regardent tous, et puis D. me l'a fait connaître. Il faisait froid, le soleil se couchait et son accent (toulouse) me rechauffait. Comme le thème du salon était l'identité, il en était l'invité idéal. Depuis l'âge de 12 ans et c'est l'un de ses textes qui me fait inscrire cet âge là, il erre, interroge, provoque sur cette question. On a donc commencé par parler d'un texte du premier livre qui me paraissait une bonne amorce pour lancer le truc : Vercingetorix. Le texte où il est sans doute le plus libre provoquant son pote Memede, lui n'étant plus berbere, ou beur, affranchi quand le resultat des élections tombent comme un couperet et lui refoutent la tête dedans. L'identite est un sujet sans fin et complexe avec Magyd Cherfi. C'est un questionnement qui colle à tous les âges de son parcours. Dans son deuxième livre, "La trempe", l'écriture devient encore plus précise, plus profonde, plus importante, la taille du livre a doublé de volume. Ca s'étoffe, ça grossit, "les années, le temps, son dépôt fait miroir aux identités qu'on s'invente." C'était déjà dans les chansons. Il y a sa mère mais aussi les frères, les soeurs, les copains et j'avais encore en tête en lui parlant "le conte des noms d'oiseaux". Parce qu'il y a un truc épatant avec Magyd Cherfi, c'est l'écriture, celle d'une chose qu'il
chantait déjà dans "le bâtard qui se prend pour un pedigree". Une manière crue, sans joliesse, de torcher la misère, de balancer la "sale face", de continuer à déplaire tout en réussissant un tour de force étonnant : faire mentir une vérité qui veut que "les histoires de pauvre ça gonfle tout le monde". Impossible avec lui et à travers deux textes de ne pas évoquer "pas en vivant avec son chien" et "bleu de travail". J'ai réussi à lui faire lire un passage de la dette à vie qu'on a avec sa mère quand elle est pauvre. Après des identités, il en a eu tellement avant sur la brèche et on a continué sur une phrase: "le "soi" aime se cacher dans le trop", on a pu parler du héros, de la fierté du banni, du "tyran", relevant encore une phrase qui lui vient après un jour de débacle avec Zebda :"on est ensemble sans s'être choisi et c'est bien la pire et la meilleure raison d'être ensemble". Comme on approchait des municipales, j'ai pas pu m'empêcher de lui demander de parler d'un chapitre intitulé "de l'identité nationale et de quelques beurs de droite". Il me semblait qu'il y avait un peu urgence pour arrêter l'hémorragie, que les gens arrêtent de se venger de la gauche et croient malgrè tout encore un peu à la "lune prolétariste de gauche", dernier rempart à la bêtise absolue. Son analyse est fine, son écriture de plus en plus travaillée et précise quand elle se fait manifeste, idéale pour parler d'"un dogme libéral qui cache une impuissance républicaine". Texte qu'il conclut par une phrase géniale : "le poids souvent rassure la peur d'avoir faim". Bref j'avais de la chance de l'écouter seul avec mon micro et mon md parce que c'est peut-être encore un des derniers types auquel il me semble pouvoir avoir un peu confiance en politique et de ne pas y voir comme d'habitude, quelque chose auquel je ne trouve aucun sens, aucun interêt. Bientôt sur radio pluriel, sans doute, avec l'interview d'Insa Sane, faite le jour d'avant avec le même plaisir, la même envie de ne pas baisser les bras, de partager, de reflechir. "Celui qui combat peut perdre, celui qui ne combat pas a déjà perdu.." Et puis sur l'identité une remarque de Magyd Cherfi m'a paru résumer le tout : "qu'est-ce que c'est que ce truc qui pose problème et qui donne sens aussi ?".
"Quand on est trop aimé dans la misère, on est ramolli, on croit que le monde est un garde-manger et qu'on a plus qu'à tendre les deux bras pour se servir ; mais on est pauvre, et c'est l'incompréhension qui nous tombe dessus quand on se retrouve devant une table où les cahaises sont occupées. On ne se dit pas qu'il faut gagner sa place, on pense que c'est perdu, et qu'il va falloir égorger les égorger pour s'en faire une. Les enfants pauvres, il faudrait les habituer à moins d'amour, et à ne pas manger tous les jours, il faudrait les préparer à s'entendre dire : "T'es pauvre, t'es sale, et puis t'es même pas d'ici." Cruelle conclusion pour une mère que d'avoir à préparer son fils à tout ça en l'aimant moins. Etre aimé en étant trop pauvre, ça vous sépare la tête du coeur, et les deux se chamaillent dans une lutte à mort, dans un combat qui n'a pas de repos. etre trop aimé en étant trop pauvre, on en vient à se prendre soi-même par le col et à se virer à grand coup de pompe dans le derrière parce qu'on est pas à la hauteur, le mur est trop haut, ls bras trop petits. On se dit que les belles choses, c'est pas pour nous, qu'on est né pour ne rien avoir. On regrette d'être né tout court, on déteste tout ce qui nous ressemble, tout ce qui maigre et noir. On veut du gras mauvais comme celui qui se niche sous les hanches..."
et merci à D. encore pour tout ça...
21:25 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : fete du livre de bron, libraire, librairie, insa sane, sarbacane, magyd cherfi, livret de famille
07.02.2008
BANG ! BANG !
"T'es petit, alors tu fermes ta gueule !"
"Le futur, mystérieuse étendue, inquiétante nébuleuse, impose son dikata aux générations et aux âges."
"Ce que Prince devait également découvrir, c'est que cette femme était insatiable."
"La vengeance s'est assise à la place du mort".
24h chrono, enfin pas tout à fait, car en effet pas toujours facile de se lever le matin (il y a des putains de jours ou on ferait mieux de ne pas se lever) et puis, les imprévus, le flingue, les aléas, les scooters, l'alchimiste, le pasteur, Tonton Black Jacket et Lait de vache, les distances de Sarcelles à Paris, de Paris à Villiers-le-bel, les jeunes, les bras cassés aussi, les intestins et Prince et Sonny... Et comme il n'est pas facile de se lever, les nuits sont parfois aussi très longues (il y a des putains de nuit, où on ferait mieux de rester au lit), alors en 24h, un petit peu plus, il peut s'en passer des choses ! L'histoire des gens peut remonter, les noyer à nouveau et tout peut imploser. Insa Sane nous
reprend là où il nous avait laissés, à Sarcelles, banlieue parisienne, du mauvais côté du périph', retour à la case départ. "Sarcelles-Dakar" s'achevait après un aller-retour en Afrique comme un roman noir, urbain et violent. Ce nouveau roman surprendra certainement ses lecteurs car cette fois la fable est désespérée et l'humour, noir mais ne cicatrise en rien le malheur. En écrivant "l'homme est une vague", il nous confrontait déjà à un destin sombre, une issue fatale. Et "l'océan" compris entre Sarcelles, Villiers-le-bel et Paris est encore moins large que la mer caspienne, marche et crève. "Vivre. Vivre encore. Encore et encore. Et tant pis si ça fait mal." Pour travailler cette "sous-France", Insa Sane ne se prive d'aucun des clichés inhérents au genre du polar, une nympho, une tox, un psycho, des bras cassés et un entubage à la chaîne façon Affranchis et avec ce livre s'offre une place originale dans le polar français. De tout façon Dieu est mort, et l'Enfer et le Paradis sont sur terre ! Reste une graduation de la folie douce à la folie pure... Parce qu'en plus de tout ce qui fait rire et campe assez de folie et de dérisoire pour mettre en place un bon roman noir, Insa Sané n'a jamais trop peur d'en remettre une couche et donne encore une fois à la jeunesse, toute sa raison d'être lui laissant au moins une fois l'occasion d'agir sans tenir compte des conséquences. Car comment étouffer sa conscience, vivre libre étant né et ayant grandi tout en bas? Un étrange miroir relie le destin d'un enfant et celui de sa mère, l'incendie d'un stade, la rage qui va faire grandir un gamin plein de révolte. Avec Insa Sane même si l'on rit d'un caïd Prince, dingue de Georges Michael, rien n'est anodin, dans la galère, des cdi, des cdd, des intérimaires abonnés au deuxième sous-sol. La souffrance reste une des grandes causes de casse et de mortalité en France. "Du plomb dans le crâne", deuxième livre chez Sarbacane dans la collection Exprim' qui cette fois touchera plus les 18 / 25 ans, avec en prime dedans en partie les paroles d'un album sorti en même temps chez Desh musique...
P.S. : Insa Sané est ce week-end au Salon de Bron ne le ratez pas une deuxième fois...
12:30 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : du plomb dans le crane, insa sane, sarbacanes, exprim', sarcelle, prince, emeute
22.06.2007
Insa Sané


08:23 Publié dans mots d'ado | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : insa sane, sarbacane, exprim', tibo berard
08.11.2006
Sarcelles Dakar
Pour parler du livre d'Insa Sane, je peux bien sûr engager tout de suite ma page sur une problématique "du jeune de banlieue". J'aurais ainsi fait à peu de frais mon boulot journalier. Les prescripteurs et pédagogues en tout genre seraient heureux. Ils auraient là une thématique clé en main et moi je me casserais pas la nénette mais ce livre mérite mieux. Insa Sane n'est pas une bête de foire et sa jeunesse c'est la nôtre, à une couleur près. "Tu vois dans ce pays, on est que du noir. Noir comme tout ce qui est pas blanc. Noir comme tout ce qui ne brille pas. Noir comme le bonheur est pas noir. Noir comme le Blanc voit. Le Noir de ses yeux de Blanc. Noir, tout noir..."
Son héros Djiraël s'exerce à une jeunesse faite de drague et d'amitié. Il pense bien sûr à tout, sauf trouver à temps une bonne excuse quand ses parents demandent ce qu'il a bien pu faire la veille. Dans son parcours oisif et précaire, toujours les mêmes questions des oncles ou tantes : "Qu'est-ce que tu as grandi depuis la dernière fois ? Oui autant que la dernière fois. Quel âge as-tu maintenant ?". Ca vous rappelle quelque chose ? Le tout c'est de placer la réponse là où il faut avec le ton idéal... avec ceux qui n'ont pas le même âge et qui ne peuvent pas comprendre à quel point la vie peut être préoccupante et pleine de rendez-vous de jour comme de nuit. Quand votre mère s'approche de votre regard, difficile de feindre aussi celui qui est insensible... Mais pour ce qui est de la vie à Sarcelles, les copains, les filles, les p'tites embrouilles, tout va être éloigné, mis entre parenthèse, il faut partir, direction Dakar. "Elle t'attend alors reviens, elle t'attendra alors pars". Un voyage pour faire le deuil de son père dont il se serait bien passé mais là bas le deuil n'est pas une chose qu'on doit vivre seul et tout n'a pas été encore dit ou pensé alors... "Nous ici, vous là-bas..."
Et si là bas la vie allait rejoindre la fable, amener quelques réponses à un songe commencé ici, et s'il fallait aussi se défendre d'être francenabé cette fois. Mais il y a le cousin Bilal, la griotte et les habitants de Sindian... L'Afrique vous rattrape toujours... Comme le dit son cousin Bilal :"L'homme est une vague. Une vague enfant de l'eau et de la terre. Une vague née des profondeurs de l'océan par d'obscure et d'inpénétrables voies. De l'abîme, la vague surgit à la surface du monde. Elle est indécise, fragile, presque intimidée par cet univers si différent du gouffre. Elle monte et elle descend. Elle n'est qu'une idée confuse, abstraite, flottant parmi une multitude d'incertitudes. C'est alors qu'elle voit poindre à l'horizon la question : "Quel est ton but ? Pour rassurer la petite vague, le jour lui offre des robes d'argent et la nuit lui dédie les plus belles parures d'or. Nourrie d'abondance, la vague ondule, fluide, diffuse et presque insouciante...". Insa Sane et les éditions Sarbacane avec cette nouvelle collection et ce titre nous offrent un véritable roman d'apprentissage, d'une profondeur rare. Allez vous aussi méditer un peu sous le fromager. Faites comme Djirael, il y a toujours un début et une fin pour tout... Et peut être que le conte relie parfois dans nos histoires modernes ce qu'il reste de l'enfance et ce que petit à petit l'on devient...
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"Sarcelles Dakar"
de Insa Sané
collection eXprim'
edition Sarbacane
à partir de 14 ans
17:30 Publié dans mots d'ado | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarcelles, dakar, lecture, ado, sarbacane, insa sane, banlieue