Que penser du livre : Le Messie de Dune, de Frank Herbert ?
L'histoire du Messie de Dune
Douze ans après les événements relatés dans le premier tome Dune (1965), Paul Atréides, aussi dénommé Muad’dib en langue Fremen, a triomphé de tous ses ennemis. Il est devenu l’empereur de tout l’univers connu grâce aux nombreuses conquêtes de ses armées de Fremen. Mais son pouvoir est tellement immense qu’il est plus qu’un Empereur, un Dieu au pouvoir quasi infini. Quasi, car il est devenu incapable de stopper son Empire dans son expansion sanglante. De par son don de prescience Paul peut anticiper toute attaque de ses ennemis qui tentent de lui reprendre le contrôle de l’épice. De par ce don il peut même se retrouver en plusieurs endroits à la fois sans jamais être détectés par quiconque. Et il sait aussi que l’univers est condamné. Tous les futurs possibles mènent au désastre, et celui que lui propose n’est pas le pire même s’il a déjà coûté la vie à plus de soixante milliards de personnes à travers l’univers. Son œuvre ne peut plus être stoppée, même sa mort n’y changera plus rien.
Mais autour de Paul les complots s’organisent de plus en plus. Les Bene Gesserit tentent reprendre le contrôle du Kwisatz Haderach, fruit ultime de leur travaux à travers les âges. La Guilde des Navigateurs est devenue totalement dépendante de Paul et tente par tous moyens de s’en débarrasser. Y compris les Bene Tleilax qui sont très avides de pouvoir. De plus la dynastie des Atréides est fragilisée par la fait que Paul n’a pas pu avoir encore d’héritiers. Paul sait que sa compagne Chani ne peut avoir d’enfants, car sa femme la Princesse Irulan, héritière du trône, lui administre en secret des contraceptifs. Mais en même temps il ne veut intervenir car il sait que Chani mourra le jour où elle accouchera de sa descendance. Une partie d’un complot majeur mis sur pied par Irulan, la révérende-mère Gaius Helen Mohiam, le Navigateur Edric et le Tleilaxu Scytale est d’offrir à Paul un cadeau qu’il ne pourra pas refuser, notamment un ghola (en quelque sorte une copie vivante) de Duncan Idaho, appelé le Hayt, son ancien ami et enseignant lors de sa jeunesse mais décédé depuis. Le but en est de pousser Paul à se questionner lui-même et aussi à perdre l’appui des Fremen qui voient en cette créature comme quelque chose de malsain.
Mais pour Paul seuls deux choix s’imposent pour l’avenir : sa mort ou la destruction de ce qu’il a construit, sinon les deux.
Critique du Messie de Dune
Le Messie de Dune est le second volet du désormais très célèbre et incontournable Cycle de Dune lancé par Frank Herbert en 1965. Ce roman a d’abord été publié sous forme de feuilleton dans le magazine Galaxy entre juillet et novembre 1969.
Cette suite très réussie amène le lecteur où il s’attend finalement le loin après avoir lu le premier tome. D’ailleurs il ne s’agît pas vraiment d’une suite dans le sens où Frank Herbert laisse s’écouler douze années entre les événements de ces deux tomes, pour nous relater une histoire dans laquelle tout le contexte a finalement changé. Ce qui en fait finalement une œuvre à part entière dans le Cycle de Dune, comme d’ailleurs chacun des six tomes constituant ce Cycle. Il reste toute fois bien préférable évidemment d’entamer la série par le premier tome. Alors que le premier tome Dune (1965) nous parlait d’anthropologie, d’écologie planétaire, de politiques, ici Frank Herbert nous conte avant tout une histoire sur le pouvoir absolu politique et/ou religieux et ses conséquences. Une différence de taille est aussi le fait qu’ici le combat que mène Paul Atréides est surtout psychologique, que ce soit face à ses ennemis ou alors face à son futur. De plus le tout est parfaitement mis en scène et étoffé de philosophies occultes et mystérieuses, de complots en tout genre à l’intérieur d’autres complots, un symbolisme permanent dans un contexte fortement psychologique. L’œuvre est terriblement complexe et vaut amplement la peine d’être relue afin de l’apprécier dans toute sa profondeur.
L'état des arts de l'écrivain de science-fiction britannique Iain M. Banks est un recueil de nouvelles écrites entre 1987 et 1989 et dont la plupart s'inscrivent dans le cycle de la Culture. En cela principalement la longue nouvelle, ou novella, au même titre que le recueil, qui décrit les aventures d'un agent de la Culture, Diziet Sma, envoyé sur la Terre de l'année 1977 pour déterminer si elle mérite d'être sauvée et si la Culture peut enfin prendre contact avec elle, ou alors ne mérite-t-elle que d'être laissée à labandon, voire d'être détruite. Il s'agît en quelque sorte d'une introduction au roman L'usage des armes (The Use of Weapons, 1990), dans lequel le personnage de Diziet Sma tient un rôle principal. Ce récit prend la forme d'un long rapport qui, comme on l'apprend à la fin, a été traduit par un drône traducteur, un drône à l'humour semble-t-il quelque peu décalé. Cette nouvelle présente par certains éléments un texte clef de tout le cycle de la Culture.