Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

journal du libraire

  • Avis sur In Vivo, de Serge Joncour

    vivo.JPG"In Vivo" : dans l'organisme vivant, signifiant en traduction latine précise 'dans le vivant'. Et quel titre pouvait mieux correspondre à cet ouvrage pour le définir ? "In Vivo", c'est l'histoire de deux frères perturbés par le fonctionnement d'une famille monoparentale, avec un père flic souvent absent. Pour calmer leurs angoisses, ils se rassurent l'un l'autre, carburent au somnifère, jouent avec le flingue de leur aïeul, et font les pires conneries sans vraiment se rendre compte de la gravité de leurs actes : voler la caisse d'une boulangerie, s'évader du groupe en sortie de classe, faire une fugue...

    Car un jour, pour réaliser leur idéal de "famille Ricoré", ils s'en vont, et finissent par rencontrer un couple "grunge", drogué, pas vraiment à l'image de ce qu'ils avaient imaginé pour parents, mais ils restent avec eux, dans une nouvelle atmosphère, prêts à s'occuper pour les changer à leur manière. Dans le même termps, un ancien médecin observe sa piscine, rongée par les bactéries et les algues par manque d'entretien. Une vie s'y développe ; des organismes y prolifèrent. Ce bassin devient son obssession, jusqu'au moment où les gamins, ayant trouvé un boulot de nettoyage d'une piscine, arrivent justement chez lui.

    Commence un apprentissage d'apprivoisement l'un de l'autre, un entremêlement de sentiments, un second soufle pour le couple du médecin qui stagnait sur des incertitudes. Une chronique de la vie, grossi au microscope x1000, avec tact et style.

    In Vivo, Serge Joncour, Flammarion, 298pages

  • Avis sur Kuessipan

    kuissipan.JPGHier, nous vous parlions du lancement de la nouvelle édition de AMERICA à Vincennes, le festival de toutes les littératures du continent américain (qui fête cette année ses 10 ans) et donnions à lire un extrait de Home de Toni Morrison. Aujourd’hui, nouveau coup de projecteur sur une autre invitée du festival, Naomi Fontaine, jeune auteur Innue Montagnaise (réserve de Uashat sur la Côte-Nord du Québec) et qui vit aujourd’hui à Montréal.

    Son premier roman, Kuessipen (devenu ensuite Kuessipan) a d’abord été proposé en numérique chez publie.net avant d’être repris et publié en papier aux éditions Mémoire d’encrier. Dans cet ensemble où s’alternent regards distanciés, mélancoliques et plus violents parfois, il y est question d’un trajet de vie, notamment de son enfance dans une réserve amérindienne du nord du Canada. Par de courts fragments précis, poétiques, concrets (selon la force du souvenir ou le portrait), Naomi Fontaine aborde avec une langue étonnante les conditions de vie souvent difficiles de cette communauté et leur existence au quotidien à travers les rituels (les enterrements par exemple), la sexualité, la bestialité aussi (viols, avortements) et ses conséquences (mères célibataires, abandons), l’expérience de la route, de la nuit mais elle montre aussi (sans justification, juste avec le texte, dans son rapport direct avec l’écriture) les rapports entretenus avec l’autre, la frontière, la drogue, l’alcool, les blancs… Pour vous donner un aperçu de son travail, nous proposons infra un extrait issu de la version numérique (je précise que celle que proposent les éditions Mémoire d’encrier a été retravaillée depuis).

    En général nous suivons Naomi Fontaine sur son blog Innushkuess mais ces deux jours, nous aurons la chance (c’est la première fois qu’elle vient en France) de la croiser à Vincennes et surtout de l’entendre lire ses textes et de parler de son écriture  N’hésitez pas !

  • L’art du contresens de Vincent Eggericx

     

    art-du-contresens.JPGDepuis le premier jour du Salon du Livre de Paris , chaque matin le blog ePagine vous a offert un extrait à lire en ligne d’un titre issu du catalogue numérique. Après Ikebukuro, West Gate Park de ISHIDA Ira (éditions Philippe Picquier), Ce n’est pas un hasard de Ryoko Sekiguchi (éditions P.O.L) et Fuji San de Jacques Roubaud, aujourd’hui, pour le dernier jour, place à L’art du contresens de Vincent Eggericx (éditions Verdier), un récit magnifique où il est question de la ville de Kyôto et de ses paradoxes, de l’apprentissage du tir à l’arc et de la culture nipponne, de souffle, de « rédemption » et d’amour. Plutôt que de gloser comme j’ai trop l’habitude de le faire, je vous propose de lire l’extrait infra et d’écouter l’auteur parler de son récit (de voyage) doublé d’une réflexion sur le monde et sur soi.

    L’art du contresens de Vincent Eggericx fait partie du catalogue numérique de ePagine et des libraires partenaires. Proposée avec DRM Adobe, la version électronique (format ePub) est vendue au même prix chez tous les revendeurs de livres numériques (10.65 €) et peut être lue sur tous supports (ordinateur, liseuse, tablette, smartphone…). Pour rappel, Verdier c’est aujourd’hui 7 titres en numérique (format ePub). Enfin, deux autres titres de Vincent Eggericx chez sont disponibles en numérique chez publie.net, La Position de l’observateur et Paradis violent.

  • Présentation du livre Hotel de Dream , Edmund WHITE

    Le roman lui-même se lit vite, car White est un merveilleux conteur. En parfait technicien du récit dans le récit, il ménage continuellement un double intérêt du lecteur pour l’évolution du double mélodrame : d’un côté le jeune écrivain célèbre en train de mourir de la tuberculose au terme d’un périlleux voyage en Allemagne ; de l’autre le drame d’un “garçon maquillé” draguant le bourgeois dans les rues de New York et dont le destin s’accomplira dans une espèce de version négative du portrait de Dorian Gray.

    C’est bien construit, Mais on ne ressent pas beaucoup d’émotion, les deux récits entrelacés sont par trop documentés et documentaires, artificiels. L’un est prétexte à une peinture des bas fonds du New York de la fin de l’avant dernier siècle et de la préhistoire de la communauté gay ; l’autre une tentative de biographie imaginaire, ou au moins de portrait romantique de l’écrivain Stephen Crane, mort de la tuberculose à vingt-huit ans et qui eut son heure de gloire dans la génération des Wells, des Conrad et des James, figurant tous dans le roman, campés sous des jours plus pittoresques que dans leurs historiographies officielles.

    Hélas, la traduction d’André Zavriew est problématique : elle hésite sans cesse entre le scrupule d’un rigoureux mot à mot et la recherche d’une symétrie stylistique hors d’atteinte. Dans les deux cas, c’est pénible pour le lecteur et la juxtaposition de ces deux options aggrave encore les choses.

    Le titre, déjà, Hotel de Dream est une catastrophe : non traduit en fait, comme le prouve l’absence de circonflexe sur “hotel” et la majuscule de “Dream”, il donne, en français, une impression de barbarisme incompréhensible : c’est le nom, justement francisé, du bordel où officiait Cora, la compagne de Crane avant de le rencontrer. On ne comprend pas très bien d’ailleurs pourquoi c’est le nom de cet établissement dont on parle à peine qui donne son titre au roman…

    Mais Blabla aime ergoter alors qu’il n’a aucune envie, aucune, vraiment, de dire du mal de l’auteur de la Symphonie des adieux, de L’homme marié ou de La tendresse sur la peau Il a seulement la nostalgie d’une promesse de bonheur de lecture qui ne s’est pas accomplie à cent pour cent…

    Edmund WHITE, Hotel de Dream (traduit de l’américain par André Zavriew) PLON, 2007.

     

  • L'arbre des possibles, Bernard Werber

    arbre-des-possibles-weber.JPGJe n’ai lu dans ce recueil que la nouvelle qui donne son nom à l’ouvrage, et même si je compte lire la suite plus tard, je vais malgré tout écrire une courte chronique, mais qui ne concernera donc que cette nouvelle.

    J’avais envie de découvrir la plume de Bernard Werber depuis bien longtemps, et je m’étais procurée ce recueil un peu par hasard.

    J’ai trouvé cette nouvelle très immersive. J’ai immédiatement adhéré au parti pris de l’auteur et j’ai beaucoup aimé l’univers dans lequel il nous plonge.

    L’univers n’est pas un repère connu du lecteur, on imagine aisément un environnement futuriste et idéaliste ; ce qui détache de suite le lecteur de ce qu’il connaît.
    Dans cette nouvelle, le narrateur nous fait découvrir un arbre imaginaire qui permettrait à celui qui le regarde de connaître les conséquences de chaque chose.

    Il est assez difficile de décrire cette nouvelle, le mieux est de la lire par vous-même, mais le fait est qu’elle m’a énormément plu, et si le reste du recueil est dans le même ton que cette nouvelle, l’ouvrage vous emmènera à coup sûr dans un univers à la fois étrange et fascinant.

    Je me suis régalée en liant cette nouvelle, et même si je n’ai pas encore lu les autres, je voulais partager malgré tout mon opinion. En effet il est rare de lire des nouvelles aussi bien écrites et intrigantes que celles que nous proposent Bernard Werber.


    Bernard Werber, L’Arbre des possibles, Le Livre de Poche, 2002, 275 pages.