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journal du libraire

  • Avis sur La nuit des béguines, d’Aline Kiner

    j'ai terminé La nuit des béguines d’Aline Kiner,,  qui se déroule à Paris au XIVe siècle, lors de la tuerie des Templiers.

    Étrès descriptif des coutumes des béguines, des frères franciscains, et des activités liées au béguinage (travail des tissus et guérison).

    Les protagonistes différents sont :

    Ysabel est une vieille béguine qui s'occupe, avec amour et dévouement, de l'hôpital de béguinage et aussi du jardin où elle se procure des herbes médicinales.

    Ade, une jeune bégnine cultivée, séduisante, assez solitaire, qui aimerait entrer au couvent (chez les Bénédictins) mais qui se heurte à l'opposition de sa famille. Une figure complexe, un peu froide, mais en réalité capable d'aimer avec dévouement.

    Humbert, le frère franciscain qui fait une promesse à son prieur, celle de sauver un livre que l'Eglise considère comme hérétique.

    Meheut la Rossa, une très jeune femme noble qui s'enfuit de chez elle à la recherche d'une vie meilleure et se réfugie dans le béguinage parisien.

     

  • Stephen King - Misery - fin

    misery.JPGLe huis clos le plus infernal, le plus terrible jamais inventé. 400pages de suspense insoutenable, à essayer de comprendre qui prend le pied sur qui, qui a le pouvoir sur l'autre. Car Paul a bien de l'influence sur l'infirmière folle : il vit encore car il écrit ce livre qu'elle attend, et elle vit également pour ça. C'est Misery qui les maintient en vie tous les deux. Mais pour combien de temps ?

    Paul fait les frais de ses humeurs délirantes : des images à la Hostel nous viennent en tête. On est en plein dans un remake de la colline a des yeux, avec Annie Wilkes dans le rôle de la tribu toute entière des créatures difformes. Car Annie a des excès terribles, et inflige à son hôte forcé des souffrances qui dépassent la conception même du mal.  

    On est dans l'angoisse avec Paul quand on entend le son de ses pas approcher de la chambre dans laquelle elle le maintient prisonnier. On attend avec lui le sort qu'elle lui réserve. Amènera-t-elle cette fois de la soupe au dîner ou une hache pour le torturer ? On découvre avec lui jusqu'où la pousse sa propre folie. Mais peu à peu, le lecteur se rend compte que c'est Paul qui devient fou, et l'identification est malaisée, à moins de se reporter sur... Annie ! Le lecteur se ferait-il victime et bourreau à la fois, par la voie de l'identification ?

    L'intrigue est rudement bien menée, du début à la fin. Point besoin d'attendre cent pages pour entrer dans l'action. Dans Misery, on y est du début à la fin, jusqu'à la toute dernière page. Stephen King réussit le pari de construire un roman terrifiant avec comme seule trame de fond deux personnages et un seul lieu, et la seule question qui hante le lecteur est de savoir si oui ou non, Paul va s'en sortir. Des rebondissements à n'en plus finir, un suspense à en perdre haleine. Et une question terrifiante : et vous, jusqu'où iriez-vous si votre écrivain préféré décidait de tuer votre héros adoré ?

    Stephen King - Misery, 1987, le livre de poche n°15137, 391 pages

     

  • Stephen King - Misery

    Paul Sheldon est un écrivain comblé : sa série Misery remporte un franc succès auprès de centaines de milliers de ménagères, lui assurant un train de vie plutôt enviable. Cependant, il en a plus qu'assez d'écrire des romans à l'eau de rose, et son héroïne commence à le gonfler sérieusement. C'est pourquoi, dans le dernier tome de ses aventures, il la fait mourir. Après tout, un auteur a tous les pouvoirs, celui de faire vivre, mais aussi de faire mourir ses personnages, à sa guise.

    Annie Wilkes est une infirmière ratée, à moitié folle, sur laquelle pèsent des soupçons de meurtres. Le tribunal de Denver a bien failli la faire condamner pour tous ces nouveaux nés assassinés à l'hôpital, alors qu'elle était infirmière-chef, mais les preuves manquaient. Elle vit dans une ferme isolée de Sidewinder, dans le Colorado, recluse. Elle est l'admiratrice numéro un de Paul Sheldon.

    Ces deux individus auraient pu se rencontrer lors d'une séance de dédicaces, mais c'est dans un tout autre cadre que naissent leurs relations. Paul Sheldon est en effet victime d'un terrible accident : soûl, il avait pris la route lors d'une tempête de neige. C'est Annie Wilkes qui découvre sa voiture, au fond d'un ravin, et le ramène chez elle sérieusement amoché, les jambes cassées.

    Ce qui aurait pu être un acte d'assistance à personne en danger, devient vite une mise en danger d'une personne nécessitant de l'assistance. Si Annie Wilkes n'a pas emmené l'auteur à l'hôpital, c'est qu'elle le connaît bien. Elle est son admiratrice numéro un, après tout. Qui mieux qu'elle peut s'en occuper ?

    Fast cars. C'est le titre du livre que Paul a toujours voulu écrire, celui qu'il a dans son sac, celui qu'Annie découvre. Fast cars, c'est le début du calvaire. Parce qu'Annie l'a lu, et n'accepte pas que Paul puisse écrire autre chose que des Misery. Pire encore, elle n'accepte pas que cette dernière soit morte. Elle n'a plus qu'un seul désir : que Misery revienne. Et pour se faire, Paul doit écrire le retour de Misery. Rien que pour elle. Il le doit. Il en va de sa survie.

  • Mary Higgins Clark - cette chanson que je n'oublierai jamais

    mary higgins.JPGEn effet, Peter aurait-il été le seul bénéficiaire des deux décès ? Qui aurait eu aussi intérêt à les faire disparaître ? Son frère par alliance, Richard Walker, n'est-il pas couvert de dettes ? Sa belle-mère, Elaine, ne court-elle pas après la fortune ? Et les Barr, le couple qui s'occupe de la résidence, sont-ils d'une façon ou d'une autre mêlés à une sombre histoire ? Il y a aussi Vincent Slater, le bras droit de Peter. Ne cache-t-il pas son jeu ?

    Mary Higgins Clark est encore incontestablement la reine du suspens. Kay, son héroïne, va tout faire pour prouver l'innocence de son mari. Le dénouement n'intervient que dans les dernières pages, le roman se lit d'une traite, comme dans les premiers Higgins Clark, qu'on commençait à regretter ! Et finalement, l'auteur nous entraîne là où elle veut, et c'est avec surprise qu'on découvre, en même temps que l'héroïne, la vérité : sur fond de corruption, une grosse arnaque s'est transformée en assassinats.

    L'auteur s'attarde sur de simples détails : une page de magazine, un sac. Elle distille les éléments de réponse au fur et à mesure. Il y a de quoi la détester : avec elle, pour sur, on manquerait un rendez-vous pour finir ce satané roman ! C'est rudement bien mené, jubilatoire. On avait presque oublié qu'un Mary Higgins Clark pouvait être si bon !

     

    -          Mary Higgins Clark cette chanson que je n'oublierai jamais

    -          Albin michel, mai 2007

     

  • Mary Higgins Clark - cette chanson que je n'oublierai jamais

    « mort et menace planent sur le nouveau suspense d'une Mary Higgins Clark à son sommet » : le lecteur est averti, mais plus surpris par les phrases concises qui présentent, chaque année, avec des mots différents, mais toujours dans la même veine, le nouvel opus de l'auteur de la nuit du renard, grand prix de littérature policière en 1980.

    mary.JPGLe problème, c'est qu'à force de dire que MHC est à son sommet, on pourrait croire que tous ses livres sont des chefs d'œuvre ! Or, il faut rester lucide, certains sont moins bons que d'autres. Il y avait de quoi partir refroidi après rien ne vaut la douceur du foyer [voir notre critique] , une de ses histoires dont on se serait finalement bien passé ! Alors, il est vrai, on partait d'avance avec une mauvaise opinion : ce serait la même structure, des personnages toujours construits sur le même plan, la même trame...

    Mais  cette chanson que je n'oublierai jamais a de quoi surprendre. Il traite notamment du somnambulisme et des actes qu'il entraîne. Quelqu'un qui tue dans son sommeil peut-il être considéré comme un meurtrier ? A partir de cette problématique, MHC tisse une histoire à faire pâlir tous les écrivains de roman à suspens. Beaucoup de personnages, trois meurtres, un déguisé en suicide, des mobiles différents... La résidence Carrington est plongée dans un cauchemar long de deux décennies à la suite du rebondissement de la procédure entamée après la disparition de Susan Althorp, quelques années auparavant : son corps vient d'être retrouvé, enterré près d'une conduite de gaz. Peter, fils de l'illustre Carrington est vite accusé d'y être pour quelque chose. N'est-il pas le dernier à l'avoir vu ?

    Et l'un entraînant l'autre, on relance aussi le procès sur la mort de son ex-femme, retrouvée noyée dans la piscine plusieurs années avant. Enceinte, elle était alcoolique. Aurait-il risqué, avec sa réputation, d'avoir un enfant handicapé ? Peter a toujours été considéré comme un personnage clé dans ces disparitions, mais le procureur n'a jamais réussi à prouver sa culpabilité. L'intervention d'un détective privé, M.Greco, va changer la donne...et les suspects !

     

  • Avis sur In Vivo, de Serge Joncour

    vivo.JPG"In Vivo" : dans l'organisme vivant, signifiant en traduction latine précise 'dans le vivant'. Et quel titre pouvait mieux correspondre à cet ouvrage pour le définir ? "In Vivo", c'est l'histoire de deux frères perturbés par le fonctionnement d'une famille monoparentale, avec un père flic souvent absent. Pour calmer leurs angoisses, ils se rassurent l'un l'autre, carburent au somnifère, jouent avec le flingue de leur aïeul, et font les pires conneries sans vraiment se rendre compte de la gravité de leurs actes : voler la caisse d'une boulangerie, s'évader du groupe en sortie de classe, faire une fugue...

    Car un jour, pour réaliser leur idéal de "famille Ricoré", ils s'en vont, et finissent par rencontrer un couple "grunge", drogué, pas vraiment à l'image de ce qu'ils avaient imaginé pour parents, mais ils restent avec eux, dans une nouvelle atmosphère, prêts à s'occuper pour les changer à leur manière. Dans le même termps, un ancien médecin observe sa piscine, rongée par les bactéries et les algues par manque d'entretien. Une vie s'y développe ; des organismes y prolifèrent. Ce bassin devient son obssession, jusqu'au moment où les gamins, ayant trouvé un boulot de nettoyage d'une piscine, arrivent justement chez lui.

    Commence un apprentissage d'apprivoisement l'un de l'autre, un entremêlement de sentiments, un second soufle pour le couple du médecin qui stagnait sur des incertitudes. Une chronique de la vie, grossi au microscope x1000, avec tact et style.

    In Vivo, Serge Joncour, Flammarion, 298pages