Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

journal du libraire

  • Bien être : Loin de moi, de Clément ROSSET

    loin-de-moi-rosset.JPG En 93 pages Clément ROSSET, réduira à néant l'entier rayon de «Développement personnel» de toutes les librairies du monde.

    Au panier les stages des gourous du «moi», aux orties l'analyse transactionnelle et la Programmation neuro linguistique, idem ces livres de bien-être qui parlent d'intelligence relationnelle ou d'intelligence du coeur... On nage dans la simplicité, on rend enfin aux moines les monastères ou les cadres stressés se ressourcent, on rend à Raymond Murphy et à Jacques Salomé... les milliers d'arbres qui n'avaient rien demandé.

    Heureux étudiants niçois, Clément Rosset enseigne la philosophie à l'Université de Nice. On l'aura compris, livre sur l'Art de Penser.

    Au fait, le postulat de base est celui-ci : «La connaissance de soi est à la fois inutile et inappétissante. Qui souvent s'examine n'avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte». Et toc.

    Un postulat que Messieurs Bernard Henry-Levy, Michel Onfray (pour ne citer qu'eux) feraient bien de faire leur, puisque toujours, et comme tout bons penseurs fin de millénaire, ces auteurs (pour ne citer qu'eux) nous assénent «leur» vérité, sans réel droit de réponse sinon de se dire ébahis, extasiés par l'exercice de style : «comme il ont raison, comme c'est bien dit, comme c'est brillant».

    Clément ROSSET / «Loin de moi» / Minuit / 9,91 /

     

     

  • Bernard PLESSY, Baudelaire et Lyon - fin

    baudelaire2.JPGOpposées à l’inoubliable définition de la poésie : “ …cet immortel instinct du beau… ”, les hérésies majeures qui menacent la littérature sont dénoncées dans les Notes nouvelles sur Edgar Poe (1857). Aussitôt Baudelaire en fait l’application polémique à “ l’école de poésie lyonnaise ” illustrée par Laprade où s’exaspèrent tous les aspects de l’enseignement moral et de l’engagement politique, ce qui ne l’empêche pas de solliciter le poète lyonnais, pour l’Académie, dans une étonnante lettre. Les poètes lyonnais et le Parisien qui ouvrait l’avenir ne sauraient-ils jamais se rejoindre ? “ J’ai connu Lyon. Peintres, poètes, philosophes, ils se ressemblent tous. ” Radical. Et cependant rien jamais n’est simple.

    Dans l’histoire d’une obsession de Lyon enténébrée, avec ses cerveaux “ enchifrenés ”, la chronologie réserve pour la dernière partie de l’essai la lumière d’une double amitié littéraire avec le poète Joséphin Soulary dont Baudelaire goûte les Sonnets humoristiques,  et avec le critique Armand Fraisse dont les articles du Salut public surent rendre hommage à un vrai poète. Le commentaire des lettres retrouvées le montre : avec une déférente admiration et une intelligence critique, ces deux amis - quoique Lyonnais - offrent à Baudelaire une reconnaissance et une forme d’apaisement. Mais l’essentiel de l’échange réside dans les pages inestimables où Baudelaire sans masque s’explique sur ce qu’il sacrifie à l’art et ce qu’il en attend, sur “ le travail par lequel une rêverie devient objet d’art ”. Bien au-delà des relations particulières d’un poète et d’une ville, on est au cœur d’une profession de foi poétique.

    Quand, au cours de l’ultime exil à Bruxelles, les rares “ jouissances ” esthétiques éprouvées devant les églises de style jésuite rappellent le souvenir de la chapelle du Collège de Lyon, B. Plessy  choisit ces “ marbres de diverses couleurs ” comme “ symbole des splendeurs situées derrière le tombeau ” révélées à l’âme par et à travers la poésie.

     

    Bernard PLESSY, Baudelaire et Lyon, de Fallois, 164 p.+ 8 p. ill. coul, 19 €.      

  • Bernard PLESSY, Baudelaire et Lyon

    baudelaire.JPGDans un article de janvier 1991 : “ Baudelaire et l’école de peinture de Lyon ”, Bernard Plessy avait déjà tenté de comprendre la mauvaise humeur acharnée contre “  l’école de Lyon (…) bagne de la peinture ” et la vision fantasmée de la ville “ au ciel charbonné ”. De l’article à l’essai, la méditation s’est attachée à l’obsession lyonnaise de Baudelaire, parfois pour en appeler de jugements injustes et souligner, dans les images obsédantes et les échanges critiques, ce qui éclaire la formation de la poétique et de l’esthétique baudelairiennes, selon le rôle de réactif et de révélateur de la ville.

    Baudelaire a séjourné à Lyon de janvier 1832 à février 1836. “ Quelle part immense l’adolescence tient dans le génie définitif de l’homme ” : l’imprégnation visible ou voilée de Lyon, premiers éléments dans l’œuvre en vers et en prose d’une poétique urbaine et d’une thématique personnelle, l’essai en dégage les traces dans les textes, jusqu’au “ beau rêve romanesque et cohérent ” d’une idylle lyonnaise, évoquée dans La Fanfarlo et sublimée dans l’incantation nostalgique de Moesta et errabunda.

    La ville, oubliée, brutalement resurgit à l’occasion des Salons de 1845 et 1846, désormais stigmatisée de traits vindicatifs. Cette malédiction intellectuelle, qui dans l’œuvre critique poursuit peintres et hommes de lettres lyonnais mais n’exclut pas des nuances d’admiration, nourrit la réflexion de l’étude. De quels griefs personnels, de quels choix artistiques, vient l’imagerie tenace d’une fatalité climatique et morale qui pèse sur Lyon ?

    Le regard de Baudelaire sur les peintres : l’incapacité de profonde “ naïveté ” de Saint-Jean comme l’intention morale de “ la bigoterie lyonnaise ” sont odieux à Baudelaire qui refuse l’idéalisme d’un art soumis à des fins qui ne sont pas les siennes, et condamne la “ confusion hérétique du bien avec le beau ”. D’où la charge encore contre “ l’école de peinture philosophique lyonnaise ” incarnée par Chenavard, que Baudelaire pourtant apprécie, mais chez qui il considère que ce n’est pas l’art, mais la pensée qui tient la première place.

    Dans L’Art philosophique resté inachevé, Baudelaire eût-il rendu justice à des aspects de la peinture lyonnaise ? Il a admiré l’harmonie et la mysticité préraphaélique de Fleur des champs, ainsi que le cycle mystique du Poème de l’âme de Janmot.

  • Albert Camus adaptateur de théâtre - Karima Ouadia

    camus.JPGCet ouvrage s'intéresse aux adaptations théâtrales d'Albert Camus. Il s’agit d’analyser dans quelle mesure le travail d’adaptation d’Albert Camus est un travail de création littéraire et théâtrale. Ses différentes adaptations vont du "Temps du mépris", qu’il adapte du roman de Malraux en 1936, aux "Possédés" qu’il tire du roman de Dostoïevski en 1959, en passant par "Les Esprits" de Larivey et "La Dévotion à la Croix" de Calderon (1953), "Un cas intéressant" de Dino Buzzati (1955), "Requiem pour une nonne" (1956) et "Le Chevalier d’Olmédo" (1957).

    Adaptateur et metteur en scène, Camus renoue dès 1953 avec sa passion de jeunesse pour le théâtre. Ce travail de recherche analyse la place qu’occupe cet engagement dans l'oeuvre de Camus. "Le travail d’adaptation tel que le conçoit Albert Camus apparaît avant tout comme une mission théâtrale qui doit mettre le texte au service de la scène. Ce texte devient alors mouvant, protéiforme et insaisissable, si ce n’est dans l’instant de la représentation qui est par définition exclusive et figée dans le temps.

    L’idée que se fait Albert Camus de l’adaptation théâtrale est complexe et difficile à cerner, dans la mesure où il ne se contente pas de produire un texte littéraire et dramaturgique, il se préoccupe également des éléments de mise en scène tels qu’il pouvait les apprécier."

  • Chronique du livre de Mario Vargas Llosa, Le Paradis – un peu plus loin

    vargas.JPGUne femme, un homme. Ils ne se sont pas connus, mais sont unis par les liens du sang. Elle, c’est Flora Tristan ; lui, c’est son petit-fils Paul Gauguin. Qu’est-ce qui a pu intéresser Mario Vargas Llosa à ces personnages historiques ? Sans aucun doute leurs origines amérindiennes. Car Flora Tristan était la fille d’un officier péruvien mort quand elle avait quatre ans. Quelle est, dans ce “ roman ”, la part de la fiction ? Quelle est celle de l’Histoire ? Peu importe. Une vaste double fresque fait alterner les chapitres consacrés à la militante féministe et ouvriériste, et ceux qui évoquent le peintre rebelle. Le parallélisme qu’établit le roman entre les deux destins met en relief ce qui les unit : la révolutionnaire comme l’artiste, chacun marche à sa manière vers l’idéal qu’il poursuit : la militante se dépense pour les autres ; le peintre, lui, quitte peu à peu tous les rivages peuplés et finit par s’ensevelir dans la solitude d’Atuona, aux îles Marquises. Tous deux finissent en parias.

    Chaque chapitre est l’occasion, par rapprochements plus ou moins artificiels, de revenir sur le passé des deux protagonistes. Mais le plus passionnant, c’est l’évocation de la France ouvrière sous Louis-Philippe, et la floraison de courants socialisants, saint-simoniens, proudhoniens, fouriéristes et autres icariens… De même, la genèse et l’élaboration des grands toiles de Gauguin, dans la vie luxuriante (et luxurieuse !) de Papeete et des Marquises, où le peintre construit cette “ Maison du Jouir ” que Vincent et lui avaient projeté de bâtir, à l’époque des Alyscamps…

    Mais s’il y a bien un domaine où se différencient radicalement la grand-mère et le petit-fils, c’est celui de la sexualité. Autant l’une, traumatisée par une cruelle expérience conjugale (commune à de nombreuses femmes de son temps) et par le dramatique spectacle de la prostitution londonienne, se refuse à tout homme, autant l’autre, délaissant à trente ans une froide épouse légitime (une Danoise dont il eut cinq enfants), découvre avec jubilation les plaisirs de la chair : cette énergie constitue, pourrait-on dire, le moteur de sa peinture !

    Le Paradis, tous deux l’ont cherché sur terre : l’une a voulu le réaliser grâce à l’entraide, l’autre a pensé le retrouver aux antipodes. Mais, comme le dit le titre (allusion au jeu dont se souviennent Flora, au premier chapitre, et son petit-fils, au dernier), le Paradis est toujours “ un peu plus loin ”…

  • Penser l’entre-deux Entre hispanité et américanité - actes de Colloque

    Le colloque international et pluridisciplinaire « Penser l’entre-deux : entre hispanité et américanit. Les représentations du Même de l’Autre et de l’Autre du Même. » a réuni une trentaine de chercheurs autour d’une réflexion sur la validité des conceptions de l’identité qui fondent la civilisation occidentale.

     


    « Penser l’entre-deux » c’est, en effet, accepter de revisiter les taxinomies identitaires établies selon des frontières rigides à partir d’un positionnement qui privilégie la ligne continue, la perméabilité c’est-à-dire la réversibilité du Même et de l’Autre.

     


    Des chercheurs de toutes disciplines (littéraires, historiens, sémiologues, spécialistes de la communication), de tous horizons (Europe, Caraïbe, Amérique) se sont donc penchés avec passion sur les diverses manières de « penser l’entre-deux » du Moyen Ậge à nos jours, à partir souvent de leurs propres expériences d’entre-deux.