Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

journal du libraire - Page 3

  • La positive attitude et les livres du bien-être

    Le sort s'acharne sur moi! On ne me comprend pas! Pourquoi cela n'arrive qu'à moi ? Ma vie n'est qu'une succession d'échecs ! Les gens ne comprennent rien! Le monde va mal ! Pourquoi les gens sont si hypocrites ? Vous n'êtes pas du genre à voir la vie du bon côté et pour vous, être positif est le meilleur chemin vers la déception ? 

    Comment devenir positif ?

    Vous le savez bien, s'avouer perdu avant d'avoir commencer le combat, ne vous aidera pas à le gagner, mais vous n'arrivez pas à penser autrement. 

    Nous vous proposons quelques conseils pour vous initier à ce qui sera désormais, votre nouveau mode de pensée:

    1- Tout d'abord, acceptez le fait qu'il va falloir changer, qu'il va falloir faire des efforts et que c'est un exercice à adopter au quotidien.

    2- Apprenez à lister tous les aspects positifs d'une situation négative.

    2- Votre chat vient de faire ses besoins sur votre ordinateur: Restez calme et réfléchissez à la véritable problématique. Comment allez vous obtenir un nouvel ordinateur? Utilisez votre énergie pour trouver des solutions (assurances,etc) au lieu de vous en servir à courir après votre animal de compagnie.

    2- Votre talon à malheureusement dérapé et vous venez de rentrer dans la voiture qui se trouve devant vous. Le chauffeur est plutôt énervé et se met à crier. Certe, il n'est jamais agréable de se faire agresser, pourtant il ne sert à rien d'envenimer la situation. Lâchez prise, stopper la conversation. L'orgueil, dans cette situation n'est pas votre meilleur allié.

    3- Les éléments négatifs, sont comme les personnes négatives, il faut s'en écarter! Ne mettez pas d'enjeux sur ces éléments, ce serait leur donner trop d'importance.

    4- Servez-vous des personnes positives qui vous entourent, observez leur façon de prendre du recul sur certaines situations, et inspirez-vous en.

    Le rayonnement personnel ou l'art d'agir sur sa vie et de porter un regard positif sur celle-ci !

    Découvrez les conseils de plusieurs auteurs et  coach et spécialiste du comportement, qui nous expliquent ce qu'est le rayonnement personnel et comment le développer.

    Et plus généralement, pour vous aider à adopter certains changements de comportements, nous vous conseillons d'en apprendre un peu plus sur votre personnalité, grâce à leurs ouvrages  disponibles sur https://www.editions-saphira.com/categorie-produit/bien-etre/ 

    -  La vérité sur ce qui nous motive, de Daniel Pink

    - L’homme qui voulait être heureux, Laurent Gounelle

    - Happiness : Le grand livre du bonheur, Leo Bormans

    - Imparfaits, Libres et Heureux, Christophe André

  • La colère des Hérissons - Jacques Cassabois

    Loin de tout idée moralisatrice ou culpabilisante, La colère des hérissons fait partie de ces fictions qui parient sur la volonté des jeunes à changer le monde d’aujourd’hui qui sera le leur …demain !

    Ils ont 16 ans et sont ensembles depuis toujours, depuis ce premier jour de maternelle où les doigts de Clémence ont trouvé ceux de ce petit garçon en sanglots à qui elle a donné du courage. Clémence et Louis, Louis et Clémence. Jamais loin l’un de l’autre et partageant la même vision de la vie et du monde. Et amoureux, passionnément.

    Dans le petit village d’Ile de France où ils vivent, les esprits s’échauffent depuis quelques temps : un projet d’exploration des sous-sols pour rechercher des gaz de schistes divise la population et même si beaucoup sont convaincus du caractère potentiellement nocif et dangereux de ce projet, tout porte à croire que les élus vont finalement se laisser séduire. Pour Clémence et Louis, pas question de baisser les bras : le monde qu’on est en train de construire en prenant des décisions aujourd’hui est le monde dans lequel ils vivront toute leur vie, le présent est leur avenir, et ils comptent bien le prendre en main…Mais comment se faire entendre et surtout être pris au sérieux quand on a 16 ans ? Impossible, diraient certains. Ceux là ne connaissent pas le pouvoir d’une colère saine, construite sur des arguments nés d’une vraie connaissance du dossier, d’une révolte citoyenne qui ne va pas tarder à essaimer et dépasser le cadre local, quitte à déranger et à se faire des ennemis. Et quand à la force des convictions s’associe celle de l’amour partagé, on ne voit pas ce qui pourrait mettre à frein à l’irrésistible montée en puissance de leurs actions militantes…Sauf que…

    La colère des hérissons est un roman salutaire :  parce qu’il parle d’écologie avec conviction mais aussi parce qu’il donne à ses jeunes héros une place singulière et finalement assez rare pour être signalée. Ces lycéens sont concernés par le monde dans lequel ils vivent, sont responsables, engagés et acteurs de leur vie, loin de ces images devenues autant de clichés où les jeunes se moquent de tout et ne s’intéressent à rien. Animés par la force de leurs convictions, ils se heurtent au monde des adultes qu’ils jugent parfois trop résignés, trop fatigués et lassés pour avoir envie de lutter contre ce qui leur semble décidé d’avance. Quant aux scènes d’amour entre Clémence et Louis, elles sont de véritables parenthèses enchantées comme si la force qu’ils puisaient en eux, dans leurs sentiments, devait les rendre invincibles. Poétiques, tendres et sensuels, souvent nimbés d’une atmosphère onirique, ces moments d’intimité plein de douceur et d’émerveillement sont d’une rare intensité et résonnent en contrepoint avec leurs convictions citoyennes en butte avec une toute autre réalité.

    Jacques Cassabois signe un véritable manifeste écologiste très bien documenté contre les gaz de schistes  et signe aussi un roman chargé d’une émotion qui va vous prendre par surprise et vous fera, j’en suis sûre, verser bien des larmes dans la toute dernière partie du roman. Jacques Cassabois ose un épilogue loin de tout idée de consensus et de réconciliation, loin de tout happy end , absolument bouleversant.  Puissent Clémence et Louis aiguiser les consciences, loin de toute idée de culpabilité mais avec un maître mot : agir plutôt que subir et vivre sa vie, en pleine conscience.

  • Avis sur : Le goût de la revanche , Cat Clarke

    A lui seul, le titre de Revanche annonce la couleur. Revanche, vengeance vont en effet être les moteurs d’un roman qui s’adresse aux ados et devraient être lus par leurs parents. Cette plongée au cœur de l’univers d’un groupe d’adolescents anglais est aussi addictive que dérangeante, troublante autant que bouleversante.

    Jem a 7 ans quand elle voit Kai, son nouveau petit voisin, pas plus grand qu’elle, pour la première fois. Tout commence comme pourrait commencer une histoire sentimentale avec des histoires attendues : je l’aime, il m’aime…Et ils s’aiment en effet mais pas tout à fait comme Jem aimerait être aimée parce que l’un de leurs points communs est qu’ils aiment tous les deux les garçons. L’homosexualité de Kay n’est pas un spoiler* comme disent les anglais, pas plus que sa mort n’est une révélation, pas plus que son suicide suite à un harcèlement qui va le détruire jusqu’à commettre l’irréparable. Parce que dès le début , tout est dit, tout est là déjà et c’est bien la vengeance qui est au cœur du roman;

    Comment Jem pourrait-elle penser survivre à celui qui était comme un frère siamois pour elle ? Seule l’idée d’une vengeance contre ceux qui ont poussé Kai à sauter du haut d’un pont va pouvoir la maintenir en vie pour un an, le temps pour elle aussi de découvrir les douze lettres laissées par Kai  à n’ouvrir que mois après mois, pendant un an, en suivant les indications sur les enveloppes cachetées. Après, sa décision est ferme, elle en finira avec le monde, avec la vie…

    « Une bonne histoire finit par un happy end » dit Cat Clarke dans le prologue. Son histoire est pourtant excellente et plonge son lecteur dans le quotidien d’une bande de grands ados populaires, frivoles et égocentriques qui vont peu à peu dévoiler la fragilité cachée derrière les masques qui tombent au fur et à mesure que Jem s’intègre à leur groupe pour mieux les piéger un à un. L’univers de ces ados est impitoyable, mélange de rumeurs, de faux-semblants, de secrets et de cruauté. Mais si tout était bien plus compliqué que Jem n’avait bien voulu le croire et si les coupables désignés étaient plus innocents qu’elle ne le pense ? Et si derrière la haine qu’elle leur porte se dessinait une place pour d’autres sentiments ?

    Accompagner Jem dans son projet va vous faire rager, trembler, frémir de colère. Vous allez avoir envie de la consoler, de lui tenir la main, de l’aider puis de lui ouvrir les yeux sur ce qui est à portée de sa main, sur ce qui s’offre à elle malgré son immense chagrin et son immense désir de revanche contre ceux qui ont fait souffrir Kai. Et à la fin, à la toute fin, croyez-moi, tous ceux qui l’ont lu vous le dirons, vos yeux vont se remplir de larmes et Jem et Kai vont vous hanter longtemps !

  • Avis sur le livre - Kagaku-akademî to 'yûyô na kagaku' - 2

    C’est en fait dans les années 1780 que l’on constate des tendances qui touchent directement la définition du rôle de l’institution, composé de plusieurs éléments d’origine différente. Ce sont, l’initiative pour la réforme de l’Académie par le biais de Breteuil, ministre tuteur de l’Académie ; la volonté d’élargissement de la sphère du travail académique vers les sciences sociales, notamment chez Condorcet, secrétaire perpétuel à l’époque ; l’engagement successif des savants, surtout des mathématiciens, dans plusieurs cas des travaux public, en principe dans la zone parisienne, sous la forme de commission d’expert.

    Tous ces éléments, étudiés de façon dans leur conjonction, nous donnent un panorama structuré de l’évolution que l’Académie était en train de tracer jusqu’à sa chute pendant la Révolution. L’Académie essayait de se transformer en un appareil d’Etat, qui avait la capacité de rationaliser l’action gouvernementale par ses activités de commissions, basées sur ses propres recherches scientifiques. De ce point de vue, la poursuite de la recherche théorique était bien justifiée voire recommandée, par son « utilité » infiniment étendue aussi à l’échelle de temps qu’à celle des domaines.

    La chute de l’Académie a marqué la fin de l’ « époque des académies », mais les formes de son expérience antérieure ont marqué la création des nouvelles institutions scientifiques sous la Ier République et à l’époque Napoléonienne.

    * Le livre est issu de la thèse soutenue par Sayaka Oki à l'Université de Tokyo, sous la direction de Takehiko Hashimoto, et conduite en France sous le tutorat d'Eric Brian.

     

    Kagaku-akademî to 'yûyô na kagaku'  de Sayaka Oki The University of Nagoya Press, mars 2011.

  • Avis sur le livre - Kagaku-akademî to 'yûyô na kagaku'

    Ce livre* a pour objectif de reconstituer l’histoire de l’Académie royale des sciences, par l’analyse des discours sur l’ « utilité » à propos des sciences, et l’examen de ses tentatives diverses de les mettre en application. Par ces approches, l’auteur essaie de montrer le rôle que jouait l’Académie des sciences de Paris dans la cristallisation de l’idéal des travaux savants, d’une part fidèle à l’esprit des Lumières, d’autre part en fournissant un modèle de coopération entre les savants et l’Etat, qui devait influencer le processus de l’institutionnalisation des sciences après la Révolution.


    Au début de son histoire, l’Académie des sciences ne possédait pas d’autonomie ni de statut officiel que l’on peut espérer pour une institution savante. Il s’agissait d’un cercle protégé par le monarque, sous la logique du mécène dont profitaient aussi les artistes et les peintures sous l’Ancien Régime. C’est dans la première moitié du XVIII siècle que l’on observe une première forme de maturité, notamment avec la Régence, en formant une sorte de république des savants, détachée des discussions politiques ou religieuses, mais engageant en même temps des membres liés à la politique technique de l’Etat, comme les ingénieurs des corps royaux. Ainsi l’Académie conciliait sa préoccupation de montrer l’« utilité » des sciences par leur application technique, avec sa volonté de sauvegarder une espace pour les recherches théoriques ou « curieuses ».

    Les dernières deux décennies de l’Académie sont, selon l’auteur, un moment du changement majeur. L’impact de la réforme de Turgot dans les années 1770 était une de ses étapes, non pas décisive toutefois en ce qu’elle respectait la logique du non-engagement politique de l’Académie : les savants mobilisés par Turgot en tant qu’experts travaillaient hors le cadre institutionnel de l’Académie.

     

    Kagaku-akademî to 'yûyô na kagaku'  de Sayaka Oki The University of Nagoya Press, mars 2011.

     

  • Chronqiue de : Mai 68 Raconté à ceux qui ne l’ont pas vécu, de Patrick Rotman

     

    "Témoins engagé", "historien amateur" et forcément subjectif, Patrick Rotman entend resituer Mai 68 dans son véritable contexte : dix ans de mutations, dix ans d’efforts et de lutte pour que change le monde. L’ambition - opportune -, est noble, d’autant plus que le monsieur est une figure ce mois charnière, qui cristallise les espoirs d’une jeunesse autant que les récriminations contemporaines. L’auteur du mythique ‘Génération’ offre un tour d’horizon plutôt concis, voire un peu réducteur. Pourtant il a le mérite de ne pas jeter un pavé (ha ha) de plus dans la masse grouillante des outils commémoratifs. Et comme son nom l’indique, son récapitulatif est une excellente entrée en matière, pour toute cette génération qui, à en croire les sondages, se fout royalement de ces revendications de libertés qu’elle prend pour acquises depuis la nuit des temps. Une petite anthologie chronologique et thématique, qui répond à la question : "Que s’est-il passé en mai ?" et aborde l’héritage. Résultat, Mai 68, plus qu’un déclencheur, fut un véritable accélérateur, une détonation nécessaire pour secouer les consciences engourdies. L’utopie a peut-être fait long feu, certains crient aux dérives individualistes, laxistes, aux idéaux trahis, Rotman, lui, reste convaincu que le monde s’est modernisé.

    Sans doute un peu léger, trop optimiste et pas assez "contradictoire", ce ‘Mai 68 raconté à ceux qui ne l’ont pas vécu’ survole les faits, se nourrissant çà et là d’anecdotes et de répliques entrées dans l’histoire, et de théories personnelles. Une bonne entrée, donc, à compléter, à souhait, par des lectures approfondies et modérées.

     

     

    Mai 68 Raconté à ceux qui ne l’ont pas vécu,  de Patrick Rotman,  Editeur : Seuil, Publication :7/2/2008